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Que s’est-il passé à l’ETG ?

Le club haut-savoyard a connu une ascension éclair avant de sombrer. S’il ne disparaît pas cet été, il redémarrera en DH. Retour sur un vaudeville aussi triste que ahurissant.

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Que restera-t-il aux supporters de l’Évian Thonon Gaillard dans quelques années ? Probablement une boîte à souvenirs. À l’intérieur, un but d’Aldo Angoula pour s’offrir une montée en Ligue 2, fin 2010. Le vertige d’un maintien acquis sur le fil, un soir de mai 2014, à Sochaux. L’ivresse d’une finale de coupe au Stade de France, où la tribune des Haut-Savoyards brillait de rose. Et une sacrée amertume. Car trois ans après cette finale, le club devrait repartir en Division d’Honneur. Ou disparaîtra, dans le pire des cas.


On pourra broder sur des malchances sportives ou une double descente (Ligue 2 - National) impossible à encaisser pour un club de foot. En vérité, la chute de l’ETG raconte quelque chose de vieux comme le monde. « Très franchement, j’ai l’impression que cela ressemble à plein d’autres histoires, où chacun essaye de tirer la couverture à soi » , résume Yannick Bouvard, supporter de l’ETG bien connu dans le coin grâce à son site ETGblog. Les rivalités entre les différents « clans » (Dupraz, Danone-Trotignon, Tumbach-Bakhtiar) ont été poussées à l’extrême et ont quasiment saboté l’ETG. « L’état de santé général d’un club a une influence sur les résultats de l’équipe » , abonde Patrick Trotignon, président de 2008 à 2013.

« Une terre de foot à laquelle il manquait un club »


Pour comprendre un peu mieux le cheminement de l’affaire, il faut revenir en 2005. Une éternité. Danone, grâce à son PDG Franck Riboud, devient le sponsor principal du Football Croix-de-Savoie, sacrément endetté à l’époque. « Danone voulait développer une action sociétale dans la région, créer un centre de formation avec des talents locaux, permettre aux jeunes de rêver » , détaille Trotignon, également ex-dirigeant de Châteauroux et proche de Riboud. Le club change rapidement de dimension : fusion avec Thonon, arrivées de Zidane, Denisot ou de Sébastien Bazin au capital (au total 34 personnalités proches de Riboud et Danone, à hauteur de 35%), hausse du budget, déménagement des matchs à Annecy, montée jusqu’en Ligue 1. En 2009, Danone obtient le changement de nom (Évian Thonon Gaillard FC) et de couleurs (rose) du club. Une mue acceptée progressivement par les supporters, après quelques accusations de flirt avec le diable - le « foot-business » . On oublie plus vite après deux montées successives.


Malgré une quasi « hype » et des joueurs clinquants en Ligue 1 (Govou, Kahlenberg, Poulsen…), l’ETG reste accessible. « D’un point de vue sportif, beaucoup de choses ont évolué. Mais l’état d’esprit me semblait conservé et ça donnait l’image d’un club assez familial » , se souvient Yannick Bouvard. Les entraînements à Annecy la veille des matchs ne se déroulent pas à huis clos et drainent un paquet de supporters. La Haute-Savoie, patrie des sports de gens aisés (ski, tennis), renverse les clichés. « Ici, on est des amateurs de ballon. C’est une terre de foot et il nous manquait un club. C’était magique qu’on ait l’ETG ! » , raconte Florian Faramaz, leader des ultras Red Fish. Tous les ingrédients d’une success-story sont réunis : région avec du fric, principal partenaire solide, fierté de l’identité locale qui transparaît dans l’ETG... Et ça a déraillé en incroyable vaudeville. « La folie des hommes » , commente un ex-dirigeant.

« Des coups de sabres »


En 2013, Danone n’est « qu’un » sponsor et a contribué à la construction du centre de formation. Quelques mois après la finale de Coupe perdue face à Bordeaux, Riboud souhaite faire entrer au capital de l’ETG un groupe d’investisseurs locaux. Refus de l’homme d’affaires Esfandiar Bakhtiar et de l’industriel Richard Tumbach, qui détiennent 52% des parts du club. Les deux hommes limitent ainsi l’influence du géant de l’agro-alimentaire et gardent la main. Franck Riboud se braque et lâche l’affaire. Trotignon se fait révoquer le 23 décembre et Danone se désengage courant 2014. Exit le million d’euros de soutien à l’équipe pro (sur un budget d’environ 30 millions). Le groupe continue toutefois à financer les sections de jeunes jusqu’en 2017, pour un montant d’environ 2,5 millions. « Mais le projet n’est plus le même, donc il n’y a plus raison de rester pour les personnalités comme Zidane, Lizarazu qui sont au capital (les parts des personnalités ont été récupérées ultérieurement par Tumbach et Bakhtiar, ndlr). Bakhtiar et Tumbach ont fait en sorte d’écœurer et d’écarter Danone. On appelle ça un putsch » , poursuit cet ancien dirigeant.


Dans l’affaire, Pascal Dupraz, historique de Croix-de-Savoie qui fut manager avant de prendre l’équipe en Ligue 1, a d’abord essayé de se rapprocher du duo Bakhtiar-Tumbach et tiré sévèrement sur Trotignon. Avant, lui aussi, de se faire écarter - il sera limogé pour faute grave, comme son fils Julian, directeur de la communication. Arrivé à Toulouse, Dupraz a allumé ses ex-dirigeants, les qualifiant « d’imposteurs » et traitant « d'illettré » Luis Fernandez, conseiller de Bakhtiar. Les histoires glauques, entre les emails insultants révélés à la presse ou joueurs potentiellement vendus sous le prix du marché, concernent tous les clans. Yannick Bouvard résume : « Tout le monde a eu des choses à se rapprocher. Tous ceux qui ont participé ont mis un coup de couteau. Et à la fin, c’était des coups de sabres » .

« Je ne vois pas Danone se réinvestir »


Sur le terrain, la descente en Ligue 2 fin 2015 n’est jamais digérée. Et c’est la spirale de la lose : descente sportive en nationale, rétrogradation en CFA par la DNCG, 8 millions de dettes, redressement judiciaire. Il y a quelques jours, Danone a reconfirmé son engagement à sauver les équipes de jeunes jusqu’en 2017. En Haute-Savoie, tout le monde n’a pas compris : quitte à sauver quelque chose, autant tout racheter. Les rumeurs d’un retour de Danone enflent. « Je vous le dis comme si je grattais un ticket de loto... Mais pour moi, c’est impossible. Je ne vois pas Danone se réinvestir dans un projet football. L’amertume doit être importante » , indique Patrick Trotignon. Les fantasmes sur le groupe agro-alimentaire racontent son empreinte sur le club. En dehors de la Haute-Savoie, l’ETG était « le club de Danone » . Au sein du club, le groupe a aligné des sous sans être directement actionnaire. Un entre-deux assez inédit, que Danone n’a pas pu ou su changer pour devenir le véritable patron, ce dont tout club dans le foot moderne a besoin.

Quelles solutions ? L’actionnariat populaire, lancé en dernier recours par les dirigeants, a été abandonné. L’équipe ne jouera pas en CFA. Il ne reste donc que la DH si une équipe première subsiste au bout de la procédure. Le club peut aussi disparaître et il est possible que des locaux se décident à racheter les droits sportifs pour monter un nouveau projet ailleurs, avec un nouveau nom. Les supporters n’auront plus qu’à arborer leur tunique rose en relique d’une époque dorée. Le destin de l’ETG rappelle surtout une leçon immuable : la réussite d’un club ne tient qu’à peu de choses. Parfois à une finale gagnée, d’autres fois à des hommes qui s’entendent. Ainsi va le foot. Que l’on soit à Grenoble, Le Mans, ou qu’on démarre en s’appelant Croix-de-Savoie.

Par Guillaume Vénétitay
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