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Que reste-t-il du projet de Manchester City ?

Le projet des Citizens, c'était d'être la parfaite fusion de Manchester United et Barcelone. Après s'être fait humilier par les Catalans en LDC, que va-t-il leur arriver lors du derby ?

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À la trêve, les dirigeants de Manchester City pouvaient encore se friser les moustaches. Même si Chelsea était déjà loin devant pour le titre en Premier League, le projet des Citizens sur le moyen et long terme était sur de sacrés rails. Le temps où le club n'était qu'une pompe à fric des Émirats, où l'on faisait signer Robinho contre son gré, semblait appartenir au siècle dernier. Manchester City et son Etihad Stadium, c'était ni plus ni moins que la fusion de Manchester United et Barcelone. Rien que ça. Manchester United pour le côté résultat et souveraineté dans le Royaume. Sur les trois derniers exercices, City a toujours fini aux deux premières places avec deux titres et semblait bien parti pour être le dauphin de Chelsea cette saison.

Du coup, les dirigeants se sont dit qu'ils allaient continuer dans cette voie, avec le même schéma offensif qu'utilisait Alex Ferguson à sa grande époque, et avec la même bande de joueurs recrutés au début du cycle. Si le club de Manchester ne les a pas formés, il est allé chercher Agüero, Kompany, Silva pour leur faire vivre les meilleurs moments de leur carrière. Suffisant pour en faire les nouveaux Giggs, Scholes, Beckham... et avec un petit plus en ce qui concerne le maniement du cuir. Le fameux volet Barcelone. Avec son coach chilien Manuel Pellegrini, que les Blaugrana observaient avec gourmandise quand il dirigeait Villarreal, sa flopée de joueurs hispanophones, sa technique, sa possession de balle élevée et Txiki Berigistain en directeur sportif, City avait tout pour devenir le Barça de la Premier League. Du jeu d'un côté, et l'aspect tradition, culture de la gagne, de l'autre. Tout pour se faire une importante fanbase auprès des jeunes du monde entier.

L'humiliation au Nou Camp


Mais depuis janvier, le projet prend l'eau de toutes parts. En se qualifiant à la dernière journée en phase de poules sur la pelouse de l'AS Roma, avec un but splendide d'un des symboles, Samir Nasri, City pensait enfin avoir passé un cap pour marquer les esprits en Coupe d'Europe. Mais vu ce qui s'est passé derrière, c'est à se demander s'il n'aurait pas mieux fallu laisser Rudi Garcia et ses joueurs aller au casse-pipe. Pour la deuxième fois d'affilée, les Citizens ont pioché Barcelone en huitièmes. Le Barça, le vrai. Si l'élimination de l'an dernier peut être mise sur le dos de la lenteur de Martín Demichelis (faute du défenseur argentin contre Messi à l'aller en dernier défenseur, rouge, penalty et but encaissé à domicile, triple sanction), la sortie de cette saison fait mal. À l'aller, Suárez a planté un doublé pour assurer la qualif en Angleterre. Et au retour, les joueurs de Luis Enrique ont déroulé dans le jeu, presque pour rappeler qu'on ne les copiait pas comme ça. Messi a servi des petits ponts à tout le monde. Décidément bien symbolique, Nasri a même perdu ses nerfs en première période, allant jusqu'à balayer Neymar par derrière alors que le Brésilien venait de lui faire des misères. Pas joga bonito. Dans le même temps, le Manchester United de Van Gaal, qui change de système tout le temps et qui semble enfin, après 31 journées, avoir trouvé son équipe, lui est repassé devant en championnat. Presque juste avec sa culture de la gagne.

Trop de business ?


Au moment de recroiser les Red Devils, les Citizens font donc clairement la gueule et leurs détracteurs jubilent. En programmant un match amical aux Émirats en milieu de semaine dans un mois de janvier surchargé, en recrutant des joueurs à Porto peut-être plus parce qu'ils appartiennent à des fonds de pension de partenaires financiers que pour leurs qualités sportives, Manchester City est revenu quelque part à ses origines, celles de 2008, d'un club là plus pour le business que pour la gloire. Reste que la saison n'est pas finie, que le bateau n'a pas encore totalement coulé. Une victoire contre United dans le derby peut relancer la machine, permettre à Pellegrini de limiter les dégâts, et faire que cette saison soit considérée uniquement comme un léger coup de frein, pour mieux repartir l'an prochain avec la même bande. Kompany, Silva, Nasri, Agüero, Hart ont tous signé jusqu'en 2019, Džeko jusqu'en 2018. Mais en cas de totale dégringolade, cela ne voudra plus dire grand-chose. C'est aussi ça, le business...

Par Romain Canuti
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