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Quand Scolari régnait sur Palmeiras

Mais, au fait, qui est Felipe Scolari et quelles sont ses méthodes ? Échanger avec une mémoire vivante de Palmeiras, club dont il est une idole, permet d'en savoir davantage sur oncle Phil. Un type en polo, qui a les épaules assez larges pour supporter la pression folle qui pèse sur le Brésil pour sa Coupe du monde. Mais Scolari est-il aussi un entraîneur assez ingénieux pour parvenir à gagner ce Mondial sans Neymar ?

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« Scolari vient de perdre Neymar, mais je suis certain qu'il va faire de ce drame un outil pour transcender son groupe, je ne sais pas si on va gagner, mais je peux vous assurer que Felipão va tirer le maximum et même plus de son groupe. » Alors que le Brésil attend, anxieux, la demi-finale face à l'épouvantail allemand, José Roberto Christianini, dit Jota, se montre plutôt tranquille. Historien officiel de Palmeiras, il tire cette assurance de ses années passées à côtoyer Felipe Scolari lors de ses deux mandats à la tête de l'équipe paulista : de 1997 à 2000, et plus récemment, entre 2010 et 2012. Pour les fans de Palmeiras, Felipão est une idole, l'homme qui leur a donné leur première et unique Copa Libertadores (1999). Pour Scolari, Palmeiras n'a rien d'un club comme un autre : il est celui qui lui a permis de prendre pour la première fois les rênes de la Seleção, en 2001. Ses excellents résultats recueillis avec le Verdão l'ont envoyé diriger Ronaldinho, Rivaldo et Ronaldo.

«  La victoire comme but ultime  »


Avec Palmeiras, Scolari a gagné trois trophées inédits dans l'histoire de l'un des trois grands de São Paulo (avec Corinthians et São Paulo FC) : la Copa Mercosul (équivalent de l'UEFA, à l'époque), la Libertadores donc, mais aussi la Coupe du Brésil, par deux fois (1998 et 2012). Adulé, Felipão n'a pourtant jamais cherché à plaire. « Il était rare que l'on gagne sur score fleuve, se rappelle Jota, quand les fans de Palmeiras voient le Brésil gagner à l'arrachée, cela rappelle d'ailleurs des souvenirs. Cela ne nous surprend pas. C'est le style Scolari. La victoire contre le Chili, c'était "felipesque", comme on dit. » La Libertadores, le Palmeiras de Scolari l'a ainsi gagnée aux tirs au but face au Deportivo Cali. La Copa Mercosul ? Grâce à un but à la 85e minute. « Scolari a changé notre conception du football, n'hésite pas à avancer Jota. À Palmeiras, comme un peu partout au Brésil, il fallait gagner et bien jouer. Avec Scolari, le supporter palmeirense a commencé à valoriser la garra, la lutte, et la victoire comme but ultime. » Où il est permis de penser que ce Brésil 2014 ne se repose pas avant tout sur ses muscles et sa vitesse à cause d'un réservoir limité de joueurs de talents ...

Palmeiras a été fondé il y a cent ans par la nombreuse communauté italienne de São Paulo. Jusqu'en 1942, le club se nommait d'ailleurs Palestra Italia, avant que l'entrée en guerre du Brésil face aux forces de l'Axe ne conduise l'État à pourchasser les signes ostentatoires d'attachement à la Botte. Si, aujourd'hui, la majorité des torcedores du verdao n'ont plus d'origines italiennes, le club n'en a pas moins conservé un attachement à « un certain style » , dixit Jota. Quand Scolari, dont l'arrière grand-mère avait quitté la province de Vérone pour migrer au Brésil en 1890, a été embauché par Palmeiras, les torcedores ont applaudi la décision, unanimes. « On l'avait découvert quand il dirigeait le Grêmio (ndlr : club avec lequel Scolari a remporté la Libertadores en 1995), se rappelle Jota. Felipão parlait beaucoup avec les mains, avec les arbitres, il gesticulait, ça nous parlait. Pour nous, il était l'un des nôtres. » Le premier mandat de Scolari à la tête du Verdão correspond aussi au début de l'ère Parmalat, la grande entreprise italienne dont l'investissement avait transformé le modeste Parme en cador européen, au cœur des années 90.

L'ancien prof d'EPS


Avec la Seleção, en 2002, comme aujourd'hui, Scolari applique des recettes connues des fans de Palmeiras. « Ce qu'aime Felipão, c'est créer une famille, explique Jota. Il échange avec le jardinier, l'agent de sécurité, le personnel administratif. À ses joueurs, il leur demande s'ils ont bien placé leur argent, leur demande de ne pas trop dépenser, d'acheter une maison à leurs parents... » En bon patriarche, le sosie de Gene Hackman aimait également envoyer de la déclaration outrancière pour attirer l'attention sur lui et ainsi mieux faire respirer son groupe. Un principe qu'il applique lors de ce Mondial, notamment quand il a soutenu que la Seleção serait victime d'un « complot de la FIFA » , alors que le Brésil venait de frôler l'élimination face au Chili. Réputé meilleur meneur d'homme que tacticien, l'ex-prof de sport, métier dont il a conservé le look, a, en tout cas, sa méthode pour motiver ses joueurs, où il en appelle encore à la famille. « Il rappelle aux joueurs d'où ils viennent, les sacrifices consentis par leurs parents et grands-parents, confie Jota. Il leur rappelle aussi la chance qu'il ont de gagner aussi bien leur vie, qu'ils doivent rendre fiers leurs proches en se montrant à la hauteur de leurs attentes. » Les leçons d'oncle Phil…

Si Scolari a beaucoup gagné avec Palmeiras, tout ne fut pas rose pour autant. Lors de son retour en 2010, en véritable messie, Big Phil contribue ainsi à la descente en D2 du club. Quand il est viré en septembre 2012, le club se trouve en position de relégué. « Quand Felipão est revenu, la situation était difficile, l'absout Jota, le club n'avait plus d'argent, plus de stade, de lieu de référence, alors que pour lui, la maison, la famille, c'est fondamental. » Lors de ce deuxième mandat, Scolari enrichit tout de même le palmarès de Palmeiras d'une Coupe du Brésil (2012). Le dernier trophée remporté par le Verdão remontait à la première ère Scolari… Jota en appelle d'ailleurs à se remémorer les circonstances de la dernière conquête du champion du monde 2002 pour croire en la capacité du Brésil à faire sans Neymar. « Lors du match retour de Coupe du Brésil, on était privés de Valdivia, notre meilleur joueur, et le but de la libération a finalement été marqué par un joueur qui joue actuellement en troisième division. » Pas si loin du niveau de Jô, finalement.

Thomas Goubin, à São Paulo
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Je ne savais pas que Scolarie était une huile de Palmeiras.
Pardon.
el peruano loco Niveau : Ligue 2
Note : 2
Mouais en ce qui me concerne ce sera quelque part toujours plus Sao Paulo FC que Palmeiras, plus Telê Santana que Felipao...
Note : 2
Oui enfin bon Felipão avec Palmeiras c'est aussi une relégation en 2012.

Ici il se dit surtout qu'il était bon mais aujourd'hui un peu dépassé par les événements.
Message posté par el peruano loco
Mouais en ce qui me concerne ce sera quelque part toujours plus Sao Paulo FC que Palmeiras, plus Telê Santana que Felipao...


Tiens, ça fait plaisir de voir qqun avec de bonnes références!
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