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Quand Ronaldinho enflammait un PSG-OM au Parc

De Ronaldinho face à l'OM, on se souvient surtout de son match mémorable au Vélodrome un soir d’avril 2003. Dommage car, c’est passer sous silence le premier acte de la saison 2002-2003, celui du Parc des Princes. Ce soir-là, dans une ambiance assez savoureuse, le Brésilien avait planté un doublé dans les gencives de l'OM et donné l'occasion à son entraîneur, Luis Fernandez, de danser sur le bord de touche. C'était un Ronnie des grands soirs.

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En 2002, Ronaldinho est champion du monde. Il a vingt-deux ans et s’apprête à entamer sa deuxième saison dans la capitale. Les cheveux sont plus longs, il a troqué son numéro 21 pour le 10. En théorie, le Brésilien doit marcher sur la Ligue 1. Sauf qu’à son retour, le Gaucho se heurte à Luis Fernandez qui a sa propre idée de la gestion du Brésilien... D’ailleurs, avant la troisième journée de Ligue 1 contre Ajaccio, Luis fait le show en conférence de presse. Les mots sont choisis. Pour faire mal. « Sans Ronaldinho, on en est déjà à quatre points après deux matchs, alors que, la saison passée, après sa participation à la deuxième journée, on n’avait que deux points... » , lâche l’homme à la sucette. Durant le match, Ronnie n'entrera qu’à l’heure de jeu, après que Luis Fernandez lui a fait plusieurs fausses joies sur son entrée et a déjà effectué deux remplacements.

Ce soir-là, entre les deux hommes, le lien se brise, et le début de saison du Brésilien est quelconque avant la réception de l’OM, fin octobre : deux buts, dont un penalty, et une passe décisive. Ce match, Ronnie l’attend depuis un mois. Tout le monde l’attend, d’ailleurs. Le match se joue à 17 heures. Il fait jour et la température est bonne. Le Parc s’habille pour l’occasion et les Tigris Mystic sortent un tifo sur le thème de la « guerre » avec une banderole qui résume le match : « À match différent, esprit différent » . Ce match est anormal. Alors que Luis Fernandez travaille en 5-3-2 toute la semaine, il change tout la veille du PSG-OM et sort un 4-4-2 de sa manche. Sur la feuille de match, ce coup de bluff sera maintenu jusqu’au bout puisqu’Alain Perrin, alors coach de l’OM, voit Lionel Potillon laisser sa place à Batho Ogbeche sur la feuille de match au dernier moment. En face, Perrin envoie un bus avec huit joueurs à vocation défensive. Erreur. Pour la première fois depuis longtemps, le match sera plaisant, la première mi-temps en tout cas, pas de coups, pas de tacles assassins, des gestes techniques, du soleil, des chants et un génie, là, posé sur la pelouse du Parc.

Ronnie dans son jardin


Il a vingt-deux piges et un sourire rempli de dents blanches. Ronaldinho donne le la, s’envoie des coups francs bien sentis pour tâter le terrain de Runje, le gardien olympien. Le match se décantera sur phase arrêtée. Quinzième minute, coup franc excentré sur le côté gauche. Parfait pour un centre dans la boîte. Sauf que le Brésilien travaille sa tentative, personne ne touche le ballon... but. Ronnie a frappé. Débute alors le show Ronaldinho : dribbles, crochets, râteaux, accélérations, passes aveugles, feintes, et le tout avec son sourire à la fois innocent et coquin. Un môme qui s’amuse avec un ballon devant des caméras. Peu de temps avant la pause, Ogbeche provoque un penalty que Ronnie va transformer facilement. On joue depuis trente-huit minutes et le PSG mène deux à zéro, doublé de son champion du monde qui illumine le match de sa classe. Personne ne s’y trompe, pas même le parcage visiteur qui bombarde le numéro 10 lors d’un corner après la pause. Un pétard explose même près de sa ganache. Pas de quoi déstabiliser le PSG qui laisse venir l’OM. C’est finalement Martin Cardetti – 1,70m – qui plantera le troisième but en fin de match – son septième en douze journées mais aussi... son dernier – en trompant Runje d’une tête les pieds au sol (si si). Sur le bord du terrain, Luis Fernandez danse sa victoire. 3-0, c’est le plus gros succès du PSG sur l’OM depuis le 8 janvier 1978 (5-1), celle de la dernière rencontre de la présidence de Daniel Hechter.

« Mon meilleur match avec le PSG »


Au Parc, les Parisiens ont la banane. Et Perrin fait la gueule : « J’ai eu honte de mon équipe. » Ronnie, lui, savoure, conscient d’avoir envoyé un message : «  J’ai peut-être réalisé mon meilleur match avec le PSG ce soir, raconte-t-il après la rencontre. En tout cas, j’ai senti que c’était l’un des meilleurs. Pas seulement sur un plan personnel, mais également de la part de toute l’équipe. Et ça, ça me rend doublement heureux. Jouer au football et donner de la joie à 50 000 personnes, c’est extraordinaire. C’est le moteur de ma motivation. Alors je veux pouvoir partager mes émotions avec le public. Et puis, battre Marseille, c’est toujours spécial. On éprouve une sensation différente parce qu’on connaît toute la rivalité qui peut exister entre les deux clubs. Je vais rentrer chez moi le cœur léger, heureux d’entrer un peu plus dans les annales du PSG. » Le temps d’une victoire, même Luis Fernandez salue son artiste : « Ronaldinho a été ce soir un vrai génie, un artiste, il a beaucoup donné. Il a survolé tout le monde et a montré ce que c’est qu’un champion du monde. » Le PSG lancé vers le titre ? Un trompe-l’œil. Dans la foulée de cette folle soirée, Paris perd à Sedan, Lens et contre Nantes, avant de concéder le nul face à Sochaux. Un mois après ce probant succès, Paris est septième de Ligue 1 et le torchon brûle entre Ronaldinho et son coach. « On dirait que ça l’embête que je sois heureux... » , avait rapporté le joueur à ses proches en septembre. L’histoire d’une saison bordélique où le PSG terminera onzième de Ligue 1 avec un champion du monde, futur Ballon d’or, dans son escouade. C’est con. Mais c’est aussi ça, Paris.

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    Par Mathieu Faure
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