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Quand Munich se teint de bleu

Ce soir, le Bayern Munich reçoit le Napoli. Les Bavarois, leaders du groupe, peuvent faire un grand pas vers la qualification en cas de victoire. Mais qu’ils soient prévenus : le Napoli est capable de tout. Du meilleur, comme du pire.

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Depuis samedi soir, Walter Mazzarri ne cesse de lire et relire les écrits de Freud. En s’arrêtant au chapitre « dédoublement de la personnalité » . Et il s’attarde longuement sur ce passage, consacré à une femme, en Australie, atteinte de 25 personnalités différentes. 25 vies, 25 voix, 25 esprits. Son Napoli n’en est pas encore là. Mais presque. « Totalement schizophrénique » , diraient ceux qui utilisent à tort et à travers ce terme. Car Naples, cette saison, sait offrir ce qu’il y a de mieux, comme ce qu’il y a de moins bon. Parfois d’un match à l’autre. D’autres fois, d’une mi-temps à l’autre. Ce fut le cas samedi, à Catane. Après un début de match totalement maitrisé, avec l’ouverture du score de Cavani, les Napolitains s’écroulent. Et perdent 2-1. Troisième défaite en championnat, après celles encaissées contre le Chievo, 16ème du classement, et Parme, 12ème. En revanche, lorsqu’il s’agit de flanquer une rouste au Milan AC (3-1) ou à l’Inter (3-0), là, pas de soucis. Et le même schéma se reproduit en Ligue des Champions. Quand des cadors comme Manchester City ou le Bayern Munich se profilent à l’horizon, Naples enclenche le mode « déjanté » et donne tout. Résultat : pas la moindre défaite, et une deuxième place dans ce groupe de Ligue des Champions où l’on ne donnait pourtant pas cher de sa peau.

8000 Napolitains en pèlerinage

Du côté de Naples, on explique cette irrégularité dans les résultats par un manque de profondeur du banc de touche. L’équipe-type, celle des Cavani, Hamsik, Lavezzi, Inler, ne flanche quasiment jamais. En revanche, lorsqu’il s’agit de faire cohabiter les Mascara, Santana et autres Pandev, là, l’affaire se corse. Non pas que ces derniers soient nés de la dernière pluie. Mais ils sont clairement moins affutés que les fous tatoués et crêtés. Et ont surtout moins l’habitude de jouer ensemble. Ainsi, Walter Mazzarri, le coach du Napoli, a beau se plaindre des décisions arbitrales à chaque fois que son équipe sort vaincue, lui-même sait que ses difficultés se trouvent ailleurs. Alors la Ligue des Champions, ce soir, est une parfaite issue en soi au problème.

Naples va en effet y aligner son onze de prédilection, histoire de défier le Bayern Munich en son antre. Seul absent : le capitaine, Paolo Cannavaro, qui sera du coup remplacé par l’Argentin Fernandez. De plus, la formation napolitaine aura l’impression d’être à la maison. Comme si le San Paolo avait été déplacé jusqu’en Allemagne. De fait, ils seront 8000 Napolitains à remplir les travées de l’Allianz Arena. 3000 sont arrivés en voiture ou en avion de Naples, 2000 du Nord de l’Italie, et 3000 du reste de l’Europe. Jamais, depuis la Coupe du Monde 2006, Munich n’avait autant eu l’accent italien. Une ferveur incroyable, que seul le Napoli, en Italie, parvient à transporter à pratiquement chacun de ses déplacements. Déjà, depuis hier après-midi, les rues de la ville se sont colorées de bleu, à la grande surprise de supporters bavarois qui ne s’attendaient pas à un tel engouement. La police allemande reste sur ses gardes, car personne, en Bavière, n’a oublié qu’il y a quinze jours, deux supporters du Bayern ont été attaqués à l’arme blanche dans les rues de Naples. Pas le meilleur exemple d’accueil chaleureux.

Le Mur de Munich

Toutefois, équipe-type ou non, 8000 tifosi ou non, la tâche des Napolitains ne sera pas facile. Car les stats des Bavarois à l’Allianz Arena ont de quoi décourager tout visiteur. C’est simple. Lors de leurs huit derniers matches à domicile toutes compétitions confondues, les Munichois ont collectionné huit victoires, inscrivant la bagatelle de 33 buts sans en encaisser un seul. Même pas un petit ? Non. Alors, impressionné, le Napoli ? Pas le moins du monde. Si Mazzarri reconnaît sans vergogne que « le Bayern est dans une forme stratosphérique » , il sait aussi que c’est son équipe qui a brisé l’invincibilité de Manuel Neuer, il y a deux semaines, après 1147 minutes sans prendre de but. Depuis cet exploit, le Bayern s’est incliné sur la pelouse de Hanovre, sa deuxième défaite de la saison, puis s’est rassuré en plantant coup sur un coup un 6-0 à Ingolstadt, club de D2, puis un 4-0 contre Nuremberg, en Bundesliga.

Le Bayern peut notamment compter sur la forme olympique de Franck Ribéry. Le Français a retrouvé l’intégralité de ses sensations, et, surfant sur l’euphorie, a déclaré vouloir « rester au Bayern jusqu’à 35 ans » . Très bien. Ribéry, oui, mais aussi Mario Gomez. Le buteur enfile les pions depuis le début de la saison : il en est déjà à 12 en 10 matches de Bundesliga. Une moyenne « messiesque » . En revanche, Jupp Heynckes, le coach bavarois, se faisait un peu de souci pour Bastian Schweinsteiger. Dans un premier temps annoncé forfait, le milieu de terrain devrait probablement tenir son rang ce soir. « Bastian a reçu un coup au mollet. C'est le genre de blessure délicate qui met du temps à guérir. Mais les choses se présentent beaucoup mieux aujourd'hui » a-t-il assuré hier, après l’entraînement. En effet, l’ancien technicien de Leverkusen a bien fait ses petits comptes : aligner sa meilleure équipe, pour gagner, et pour mettre une très grosse option sur la qualification. Oui. Le Bayern a un rang de favori de la compétition à défendre. Et ça, même les 8000 tifosi du Napoli ne pourront pas lui enlever.

Eric Maggiori
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