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Quand Milan en flanquait huit à la Juve

Lors de la saison 1911-12, à l'époque où la Serie A s'appelait encore Prima Divisione, l'AC Milan inflige une sévère rouste à la Juventus.

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Au début du XXe siècle, les équipes du Nord dominent le football italien. Six des sept premiers Scudetti sont d'ailleurs attribués au Genoa, le premier vrai grand club italien. À l'époque, le championnat se nomme Campionato italiano di Football, puis prend la dénomination de Prima Categoria en 1904. À côté d'un Genoa omnipotent, la Juventus et le Milan se disputent alors les miettes laissées par le club génois. Milan remporte son premier Scudetto en 1901, puis est à nouveau titré en 1906 et 1907. La Juve, elle, est sacrée pour la première fois en 1905. D'autres équipes comme l'US Milanese, l'Andrea Dória ou la Pro Vercelli tentent aussi de tirer leur épingle du jeu, mais rapidement, la Juventus et le Milan vont réellement s'imposer comme les deux vrais rivaux du Genoa.

Dix contre onze au coup d'envoi


Les clés de Milan-Juve

La première confrontation entre les deux équipes a lieu en 1900, et est remportée par l'AC Milan, 2-0. Jusqu'à 1912, l'opposition est plutôt équilibrée, avec un léger avantage pour les Rossoneri : quatorze victoires de l'AC Milan, huit victoires de la Juventus et quatre nuls. Mais le 14 janvier 1912, la Juve va recevoir une baffe monumentale, qui reste aujourd'hui sa plus lourde défaite face aux Milanais. Il faut resituer le contexte. On joue la 13e journée de Prima Categoria, qui compte alors dix équipes. La Juventus est franchement mal en point, avec ses sept petits points au classement. Milan ne joue pas dans la même cour : avec ses dix-neuf points, l'équipe rossonera se dispute le titre avec le Genoa et la Pro Vercelli, leader avec vingt unités.


À l'aller, déjà, l'AC Milan n'avait pas fait dans le détail, avec une victoire 4-0 à Turin. Mais le retour va être encore pire pour les Bianconeri. Le cauchemar commence avant même que le match ne débute.
« Nous n'avons pas d'autres joueurs à disposition, nous ne sommes que dix. »
Les joueurs font leur entrée sur la pelouse du Campo Milan di Porta Monforte (San Siro n'existe pas encore). L'arbitre, monsieur Gama (un Brésilien), doit s'y reprendre à deux fois pour compter les joueurs. Barbieri, Sala, De Vecchi, Bovati, Rizzi, Colombo, Carrer, Schiantarelli, Cevenini I, Van Hege, Bavastro II, cela fait bien onze Milanais. Pennano, Hess, Ajmone I, Nevi, Mazzonis, Turin, Besozzi, Reynert, Zuffi, Weber. Dix Turinois. « Où est le onzième joueur ? » demande alors l'arbitre. Les joueurs de la Juve se regardent et répondent, un peu pantois : « Nous n'avons pas d'autres joueurs à disposition, nous ne sommes que dix.  » Les officiels étant visiblement moins regardants qu'aujourd'hui, M. Gama décide tout de même de faire débuter la partie.

Le quadruplé pour Van Hege


Forcément, en supériorité numérique, Milan ne met pas bien longtemps à dérouler. Cevenini I ouvre le score dès la 12e, avant que Van Hege ne double la mise à la 20e. Puis 3-0 par Rizzi juste avant la demi-heure. Mais quand Besozzi réduit l'écart juste avant la mi-temps, on se dit que la Juventus va peut-être réussir à revenir dans le match en seconde période. Tu parles. En deuxième mi-temps, le Belge Van Hege, ancien de l'Union saint-gilloise, est déchaîné. Il inscrit quatre autres buts (59e, 65e, 74e, 75e), s'offrant ainsi un historique quintuplé. Ce sera en revanche un doublé pour Rizzi, à nouveau buteur à la 85e minute. 8-1. Un succès qui conforte les Rossoneri dans leur quête de titre, même s'ils finiront finalement deuxièmes, à un point seulement de la Pro Vercelli.


La Juve, elle, terminera la saison dans l'anonymat le plus total, avec une huitième place au classement (sur dix). Cette défaite reste, cent quatre ans plus tard, comme l'une des plus lourdes défaites de l'histoire de la Juventus. Les Bianconeri vengeront ce score quelques années plus tard, en s'imposant 8-2 lors d'un match du championnat 1926-27. Et pour l'occasion, ils avaient eu la bonne idée d'aligner onze joueurs, ce qui est plus facile pour gagner un match.



Par Éric Maggiori
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