Quand les Verts snobaient Pastore

L'homme qui vaut 50 millions d'euros a effectué un essai à Saint-Étienne il y a quatre ans. Sans pour autant retenir l'attention des dirigeants. Les coulisses de cet épisode méconnu.

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Novembre 2006, rude automne à Saint-Étienne. La région est gelée mais Osvaldo Piazza prépare un coup pour enflammer le Chaudron. La Locomotive s'est remuée les méninges pour dégoter une pépite, un peu plus à l'Ouest, dans son pays, l'Argentine. Le club, qui s'était appuyé sur la filière brésilienne pour son retour dans l'élite en 1999 -avec un certain succès dans un premier temps puis pas mal d'ennuis à la clé- a cette fois-ci décidé de miser sur le voisin sud-américain. Piazza, ancien Vert (1972-1979) revenu au club en tant que recruteur avec l'arrivée d'Elie Baup en 2004, est le fer de lance de cette nouvelle tendance. A cette époque, le club Talleres de Cordoba est au bord de la faillite. L'ancien Stéphanois, alors directeur technique de l'institution, propose à Saint-Étienne de racheter 51% des parts du club, afin de le sauver. En échange, il suggère aux dirigeants de monter un partenariat avec ce modeste club de seconde division. Après deux années où il se fait presque oublier, Piazza ressurgit. Il a repéré cinq jeunes talents dans les rangs des Albiazules. Parmi eux, Javier Pastore, alors âgé de dix-sept ans. « C'était notre cheval de bataille. Il possédait une grande marge de progression et déjà une technique brillante » , assure celui qui jouera alors le rôle de tuteur pour les cinq garçons en France. « Je voulais que Saint-Étienne puisse récolter les fruits de son investissement » , glisse l'ambassadeur stéphanois.

Piazza avait pourtant eu l'œil

Après quinze jours d'essai, les cinq Argentins sont convoqués pour passer un dernier test, devant les dirigeants du club. Piazza se souvient parfaitement de cette journée : « Il y avait Ivan Hasek, alors entraineur de l'équipe première, son adjoint Laurent Roussey, Omar Da Fonseca, responsable du recrutement, Luc Bruder, le directeur du centre de formation et divers entraineurs des équipes de jeunes » . Pastore et ses compatriotes ne retiennent l'attention d'aucun d'entre eux. Aujourd'hui encore, Luc Bruder ne garde qu'un vague souvenir de son passage dans le Forez : « Je ne vois plus très bien qui c'est mais, de mémoire, ils étaient trois argentins ce jour-là et aucun ne nous avait particulièrement attirés. Peut-être n'était-ce pas la meilleur période pour les faire venir en France... » . Piazza ne bronche pas mais n'en pense pas moins. « L'entrainement de la veille de cet ultime test avait été très dur » , se remémore-t-il. « Et le climat était très rigoureux » , qui plus est pour cinq gamins qui n'ont jamais connu de températures négatives. La bande s'envole pour un dernier coup de poker à Villarreal, où elle n'aura pas beaucoup plus de succès. De retour au pays, Pastore se montre optimiste. « Ça a été. J'ai été un peu gêné car les équipes (ndlr, de Saint-Étienne) jouent sans meneur de jeu. Ça s'est mieux passé à Villarreal (...) Piazza nous a dit que certains auraient l'opportunité de revenir » .

Pas de frais de transfert...

Bien vu, sauf que ce ne sera ni en France ni en Espagne mais bien en Sicile, à Palerme. Pastore y posera effectivement ses valises trois ans plus tard. Aujourd'hui en sélection argentine avec déjà une Coupe du Monde au compteur et les faveurs du nouveau sélectionneur, Sergio Batista, Pastore n'a pas oublié l'épisode stéphanois. L'idole de Palerme révèle ce mois-ci dans la revue argentine El Grafico que son arrivée à Saint-Étienne aurait capoté à cause de dissensions entre les dirigeants de Talleres et des Verts. « Les dirigeants des deux clubs se sont embrouillés à ce moment-là. Ça ne s'est pas fait et nous sommes allés à Villarreal » , où Pastore fera la connaissance de son idole, Juan Riquelme. Une version que Piazza n'a pas voulu confirmer, tout en signalant qu'aujourd'hui, « le président stéphanois Bernard Caïazzo a une fièvre que vous ne pouvez pas imaginer » lorsqu'il repense à cette belle opération avortée. Un transfert « à deux pesos cinquante » , selon les mots de Piazza. De quoi être vert de rage en effet...

Alejandro Carbone, à Buenos Aires

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Ca fait tjrs marrer ce genre d'article
Bah moi, ça me fait moyennement rire tout de même : passer à côté de Pastore, ce n'est quand même pas rien ; même si rien ne dit qu'il aurait eu le même rayonnement s'il avait signé à Sainté.

Sinon, quand vous évoquez le succès initial de la filière brésilienne, vous parlez d'Alex et Aloisio? Non parce qu'autant le premier a réussi quelques coups d'éclat (remember le 5-1 passé à l'OM un soir de décembre avec un quadruplé d'Alex et des supporters marseillais désertant les tribunes à la mi-temps, autant le second...
putain le genre d'article que je prend un pied à lire et à relire...
Dans le même style, l'ASNL est passé à coté de Barrios...
En meme temps dans le meme genre Paris a prefere Vampeta a Adriano et Boskovic a Riquelme que Vahid trouvait "trop lent".
De meme l'annee apres l'epopee bordelaise en UEFA en 96, Paris aurait refuse Duga pour 25m de franc et Trezeguet qui etait venu de Platense faire des essais en France.
Le pompon: Le Havre qui a refuse Etoo qui seduit le Real dans la foulee.

Les gigis on a bien laisse filer Valbuena, Ecuele Manga, Baysse, on a eu Kabore a 20km de chez nous et on a pas bouge.
yen a plein des exemple comme ca , Skoblar nous avai bien ramener Modric...
Et Chateauroux qui a recaler Lucho..
Vous remarquerez qu'à part adriano, ce ne sont que des joueurs fins qui ne sont pas remarques par les clubs français, ce dont on manque cruellement. Ah la France du foot..
AriGold: c'est pas tout à fait ça. On a échangé Dalmat contre 50% des droits de Vampeta. A la fin de la saison, il a voulu rester au Brésil, alors Flamengo, nous et l'Inter avons monté un deal, chacun avait le droit de prendre un joueur. L'Inter a pris Adriano, et nous avons pris...Reinaldo.

Le PSG a aussi raté Jovetic, Krasic, Kakà, laissé partir Sorin.

D'accord avec le dernier com, on entend souvent que des jouerus comme Iniesta n'auraient pas été conservés en France.
Connerie de préférence pour le physique
exact Superpoy. A mon avis Pastore n'aurait même pas réussi en France. Ils aurait fini fracassé par tous les videurs de boîte qu'on trouve en L1. D'ailleurs tactiquement ça fait belle lurette que la France ne joue plus avec des 10.
et ca fait belle lurette que les clubs français font de la figuration en Europe... cause à effet?
Ouais il serait tombé contre Rennes et ses 11 blacks surpuissant.

Avant de faire une roulette il aurait pris une manchette, bye la L1, bonjour les prés moins physiques.
Exactement. Il aurait surement été jugé trop moyen pour être conservé et il aurait explosé à l'étranger comme ça a pu être le cas avec Nilmar, Guarin ou Luis Fabiano.
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