Quand le promu lillois cartonnait le championnat



À la trêve, le SCO d’Angers s’est hissé dans le trio de tête. Comme Lille, surprenant promu lui aussi, il y a quinze ans. À l’époque, les Dogues ont même bluffé tout le monde jusqu’au bout. La recette du succès ? De la sueur et du vomi, avec beaucoup d’envie. Récit d’une saison de guerriers.

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Il y a les éternelles surprises du début de saison, et puis il y a, plus rares, les équipes inattendues qui tiennent la cadence jusqu’au bout. À la surprise générale. Mais au plus grand plaisir du public. Parce que celui-ci apprécie par-dessus tout quand « le petit » tape « les gros » . Il y a une quinzaine d’années, le LOSC n’avait pas encore son Grand Stade. Quant au palmarès des Dogues, il commençait sérieusement à prendre la poussière (la dernière victoire en Coupe de France remontait à 1955, le dernier titre de champion à 1954). Emmenée par Vahid Halilhodžić, l’équipe tout juste promue en Division 1 va alors donner un gros coup de pied au cul de la hiérarchie du championnat.



La dynamique d’une saison monstrueuse en D2

Trois ans après avoir été relégué, Lille remonte dans l’élite à l’aube du XXIe siècle en y mettant la manière. Avec 83 points au compteur, 25 victoires et 16 points d’avance sur son dauphin guingampais, les Nordistes flinguent des records. « En D2, on venait de tout écraser » , synthétise Johnny Ecker. Pour autant, les Dogues débarquent dans l’élite sur la pointe des pieds. « La moitié de l’équipe ne connaissait pas la première division » , remet le Nîmois, qui évoluait encore en National trois ans plus tôt, et qui disputera plus tard une finale de Coupe UEFA sous les couleurs de l’OM. Stéphane Pichot, Sylvain N’Diaye, Mikkel Beck, Mile Sterjovski, Christophe Pignol, Edvin Murati et Teddy Richert viennent renforcer le groupe qui a roulé sur la D2. 



Le samedi 29 juillet 2000, l’AS Monaco se présente à Grimonprez-Jooris. Dans une chaude ambiance, Bruno Cheyrou ouvre le compteur lillois, les champions de France repartent en Principauté avec un match nul (1-1). Le mardi suivant, Teddy Richert se pète le tendon à l’entraînement. Alors qu’il était parti pour cirer le banc de touche toute l’année, Grégory Wimbée reprend sa place dans les bois lillois pour ne plus la lâcher. « Si je n’avais pas assuré, le club aurait sûrement recruter un gardien avant la fin du mercato estival » , replace le portier qui chiffre au total 225 matchs sous la tunique nordiste (entre 1998 et 2004). Au lieu de ça, Wimbée devient le dernier rempart de la meilleure défense du championnat, avec seulement 27 buts encaissés.



« On gagnait sur des fins de match »

Au fil des rencontres, le LOSC squatte les premières places. « On n’avait pas de recul sur nos performances, on s’arrachait » , se souvient Wimbée. « On gagnait sur des fins de match » , ajoute Ecker. Comme lors du premier derby de la saison où, après une mauvaise série de résultats, Lille fait la nique au voisin lensois. À la 90e, Laurent Peyrelade, tout juste entré en jeu, profite d’un amour de feinte de corps de Dagui Bakari pour catapulter la balle dans la lucarne (2-1). Le LOSC vient de retourner les Sang et Or en cinq minutes. Avec sept buts au compteur, cette saison-là, la mèche blonde de l’attaque nordiste sera le meilleur réalisateur. « C’est pas beaucoup, mais tout le monde était capable de marquer, soutient Ecker. On était prêts à mourir sur le terrain. »


Une vraie cohésion s’est forgée quelques mois plus tôt. Lorsque le groupe passe dans les mains du préparateur physique, Philippe Lambert - qui travaillera ensuite chez les Bleus et aujourd’hui au PSG -, lors de stages ultra-intenses. « Je me souviens des séances de trois minutes / trois minutes (trois minutes de VMA / trois minutes de repos, ndlr), confie Ecker, on faisait ça 12 fois ! C’est énorme ! T’avais plus de la moitié de l’équipe qui vomissait à la fin. Et quand un mec lâchait psychologiquement, on allait le chercher. » Entre gros coups de gueule et carnet balancé par terre, coach Vahid est au quotidien « le même que sa marionnette des Guignols » , se marre le défenseur pas encore plâtré.

Leader à cinq journées de la fin

Mais le groupe adhère. « Dès la préparation, tu sais si les mecs jouent pour leur gueule. Et ce n’était pas le cas, on ne trichait pas » , expose Wimbée. Physiquement, le LOSC surclasse tout le monde. Avec, dans le rôle du taulier de la défense, Pascal Cygan, et celui de la jeune pépite offensive, Bruno Cheyrou, la bande passe l’hiver en tête du championnat. Le 6 avril, alors qu’il ne reste plus que cinq matchs à disputer, les Lillois accueillent Bordeaux en leader. Dans la dernière ligne droite, les Canaris nantais marchent sur l’eau (huit victoires de suite pour conclure le championnat) et empochent le titre. Accroché par Bordeaux (2-2), Auxerre (1-1), Paris (2-2) et battu par l’OL (1-2), le LOSC aborde finalement la dernière journée au pied du podium.

En déplacement à Louis-II, Lille doit battre Monaco en espérant un revers des Girondins sur la pelouse de Metz. D’entrée, l’ASM ouvre le score. Les rêves de Ligue des champions s’envolent. Sauf que Bordeaux ne marque pas, au contraire, Lille remet les compteurs à zéro avant la pause (1-1). À Saint-Symphorien, Metz ouvre la marque contre toute attente. Sur le banc lillois, les téléphones se mettent à chauffer. Et à dix minutes de la fin, le salut vient de Bruno Cheyrou, buteur comme au match aller. Un contre-pied sur André Biancarelli qui offre une victoire historique aux Dogues (1-2). Coach Vahid saute partout, embrasse la pelouse, le LOSC est qualifié en C1. « J’ai pas le mot exprimer ma joie, ma admiration vis-à-vis de ce grupe » , réagit à chaud le Bosnien au micro de Philippe Genin. Et le meilleur reste à venir. Toute la bande va bientôt croquer du Parmesan...




Par Florian Lefèvre
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Dans cet article

AirForceOne Niveau : CFA2
On se moquait de Bakari mais il était précieux
Je me souviens de tout du stade du maillot
Grâce à ca Ecker va à Marseille Cheyrou à Liverpool Cygan a Arsenal et Bakari à Lens... Avec un succès limité
Cette saison mythique ahah : la hargne de D'Amico, les transversales millimétrées (en fait des grosses patates dans le tas devant) de Fahmi, le petit Grimonprez chauffé à blanc pour le derby, la tête des 20m de Peyrelade pour un 2-2 d'anthologie face à Bordeaux...

Et le meilleur : la légende selon laquelle Edvin Murati, blessé la plupart de la saison, était en fait devenu le mec sous le costume de la mascotte qui faisait le tour du stade avant le coup d'envoi.
LesterFreamon Niveau : District
Moi c'est le contraire de ce qui est dit dans l'article, je détestait ce petit qui tapait les gros lol, surtout qu'en tant que supporter parisien, c'était un vrai cirque cette saison 2000-01 au PSG. Les petits princes Dalmat, Luccin et Anelka invisibles à partir de Septembre, le retour du "génie" Luis Fernandez. Cette put.ain de défaite à la Corogne en Ldc (merci Pandiani) et une 8eme place bien dégueulasse pour un club qui avait fini 2nd la saison précédente et qui était prétendant au titre.
LesterFreamon Niveau : District
Donc quand je vois cette équipe au dessus... y a pas à dire il l'ont mérité hein, mais ça m'avait bien foutu les boules à l'époque.
ballondeplomb Niveau : CFA
Message posté par LesterFreamon
Moi c'est le contraire de ce qui est dit dans l'article, je détestait ce petit qui tapait les gros lol, surtout qu'en tant que supporter parisien, c'était un vrai cirque cette saison 2000-01 au PSG. Les petits princes Dalmat, Luccin et Anelka invisibles à partir de Septembre, le retour du "génie" Luis Fernandez. Cette put.ain de défaite à la Corogne en Ldc (merci Pandiani) et une 8eme place bien dégueulasse pour un club qui avait fini 2nd la saison précédente et qui était prétendant au titre.


c'est pas "merci pandiani" mais "merci luis"
L'équipe la plus dégueulasse et la plus chatteuse qu'il m'ai été donné de voir depuis que je suis le foot.
LesterFreamon Niveau : District
Message posté par ballondeplomb
c'est pas "merci pandiani" mais "merci luis"


C'est bien pour ça que j'ai dis "génie" lol
delije mitrovic Niveau : Loisir
Une équipe hyper solide, bien joué vahid.
pierre ménès 2.0 Niveau : Ligue 1
Message posté par themiz
L'équipe la plus dégueulasse et la plus chatteuse qu'il m'ai été donné de voir depuis que je suis le foot.


Tu peux pas dire ça.
Il y a eu l'OM de Baup qui a fini dauphin quand même.
Avec une différence de buts de +6...
Pauleta fantantonio Niveau : District
Coach Vahid est un entraîneur largement sous-côté
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