Quand le Mexique dit adios

Face à un Chili presque bis, le Mexique, futur adversaire de la France, faisait ses adieux au pays dimanche au Stade Azteca devant 100 000 supporters. L'occasion de voir où en était El Tri après un mois de préparation, et de goûter la saveur d'un match de la sélection à domicile, après trois premières rencontres amicales disputées aux States.

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Un dimanche matin pas comme les autres à Mexico. Dès 9h, les supporters commencent à se masser aux alentours du monstrueux stade Azteca. Les exigences télé ont fixé le coup d'envoi à 12h, et la fédération mexicaine, grande organisatrice du sidérant business monté sur le dos d'El Tri, n'a pas dit non. Dès la qualification obtenue en septembre, les grandes marques ont endossé le maillot de la sélection pour grignoter des parts de marché, et la Coupe du Monde bouffe aujourd'hui près des trois-quarts des pages de pub à la télé. Les annonceurs sont aussi omniprésents sur le terrain. Pour faire patienter l'assistance, un jeu encore plus con qu'Intervilles est lancé : d'abord franchir deux boudins Adidas, puis escalader un mont Coca, avant de se faire infliger le supplice du tournis sur une chaise aux couleurs de gâteaux apéro. Une fois bien secoués, les heureux participants frappent au but dans un piteux état.

L'omniprésence des joueurs d'El Tri sur le moindre emballage contribue à générer une effervescence et une attente folles autour des joueurs de Javier Aguirre. C'est également le cas des matches de préparation. Les trois premiers se sont disputés aux États-Unis, où la diaspora massive remplit des enceintes de plus de 60 000 places pour faire de ces rencontres un moment de bruyante célébration identitaire. Cet environnement euphorique se retrouve aussi ce dimanche à Mexico. La quasi totalité des 100 000 spectateurs porte le maillot national et se pointe au stade bien avant le coup d'envoi. Malheureusement, comme aux États-Unis, ce soutien s'accompagne de l'adoption d'une variante mexicaine des Vuvuzelas, qui effectivement rendent autant sourdes qu'elles sont insupportables.

20 bonnes minutes


Le match démarre sur un “abrazo” entre Cuauthémoc Blanco et Marcelo Bielsa, son ancien entraîneur de l'America. A l'échauffement, le numéro 10 de 37 ans fait valoir toute sa complexité : allure de pachyderme, le seul à se dispenser de jeu de jambes entre deux frappes, et touché de balle de gazelle. La première occasion du match viendra d'ailleurs sur une merveille de passe de l'idole de l'Azteca dans le dos des Chiliens, qu'Alberto Medina, comme souvent, gâchera. L'ailier des Chivas Guadalajara ouvrira pourtant la marque (14e). Très bon dans ses appels et tranchant dans ses prises de balle, Medina, dit « El Venano » , pourrait payer son manque de lucidité en échouant dans la dernière charrette des coupes d'Aguirre. Reste qu'au-delà du constat technique, les statistiques lui attribuent deux des trois buts marqués par le Mexique en quatre matches de préparation, et cela pourrait aussi suffire à l'envoyer en Af Sud.

Le Mexique a entamé sa préparation depuis déjà un mois, et El Tri offre désormais une organisation extrêmement dynamique, bien aidée dans ce dessein par l'arrivée des premiers européens : les défenseurs Salcido, Osorio, El Maza Rodriguez et Hector Moreno (trois sur quatre évoluent aux Pays-Bas). Car si cela bouge devant, avec une ligne offensive (Blanco, Guardado, El Chicharito et Medina) qui ne cesse de permuter, derrière, Aguirre semble tenté par une organisation à trois centraux, avec deux latéraux très avancés sur la pelouse, et Torrado, le ratisseur, toujours prêt à reculer d'un cran pour boucher un espace ou couvrir un partenaire. Un 3-5-2, qui peut rapidement muter en 4-4-2, quand l'indispensable Torrado est confiné à sa position préférentielle.

La patte folle du Bofo


Problème, tout ce joyeux bordel organisé n'a pas passé le cap des 20 premières minutes, et avec la fatigue puis le turn-over d'Aguirre, la seconde période n'a pas ressemblé à grand chose. Si ce n'est à vérifier que le milieu relayeur des Pumas, Efrain Juarez, est bien le joueur phare de la génération des champions du monde moins de 17 ans en 2005, bien plus que Carlos Vela, à créditer toutefois d'une belle entrée en jeu, ou de Giovani dos Santos. Et que El Chicharito, la dernière recrue de Manchester United, semble souffrir du syndrome Benzema en sélection, autrement dit, je prends la balle et je tire, quelles que soient les propositions de mes partenaires. Enfin, lui verra l'Afrique du Sud.

En seconde période, pour sortir de son ennui, le stade Aztèque se trouva une occupation lors des trente dernières minutes : siffler Adolfo Bautista, dit El Bofo, sorte de Cuauthémoc Blanco des Chivas Guadalajara, mais en clown triste. Le bouc-émissaire se voit reprocher, outre son appartenance au rival du résident du stade Azteca, l'América, ses prestations tout simplement nullissimes lors des précédents matches de préparation. El Bofo n'a que 31 ans mais en fait déjà bien 37. Les courses de celui qui a été un temps l'un des meilleurs joueurs du pays ressemblent à présent à celles d'un chien avec une patte folle. « Que le Bofo reste (au Mexique, ndla) » chanta tout un stade sans pitié, à l'adresse d'Aguirre. Pour le sélectionneur, entre une défense où l'abondance de biens pourrait le conduire à faire monter Rafa Marquez d'un cran, et une attaque qui n'a pas encore trouvé ses automatismes, il reste surtout encore du travail.

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