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Quand le football se joue en silence

Ce soir, la Lazio et Fenerbahce s’affrontent en quarts de finale retour de C3. La Lazio, qui a deux buts à rattraper, aurait aimé pouvoir compter sur le soutien de ses tifosi. Mais le match se déroulera à huis clos, à cause de la suspension infligée par l’UEFA.

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Il n’y a rien de plus étrange qu’un match à huis clos. Un match où l’on se rend compte que oui, les joueurs gueulent sur la pelouse. Atmosphère glauque, les seuls applaudissements proviennent du banc de touche ou de la tribune d’honneur, où sont assis journalistes, dirigeants, et responsables UEFA. La Lazio, cette saison, paye le prix fort. Deux matches à huis clos en Europa League pour des saluts romains (pas vraiment loin du salut nazi, en vrai) effectués par 13 supporters de la Curva Nord. Le premier match à huis clos s’est disputé contre Stuttgart, en huitièmes. Les Laziali se sont imposés 3-1 dans ce qui ressemblait à un match de CFA. Non pas dans le jeu, mais dans l’ambiance. On aurait pu croire aux répétitions générales d’un spectacle, avec tous les acteurs qui répètent une dernière fois leurs gammes avant la grande première.

On pourrait dire que pour faire un match de football, il suffit d’un ballon, de deux buts, et de 22 joueurs. Faux. Lorsque l’on a assisté une fois à la véritable ambiance du stadio Olimpico (lundi soir, par exemple, lors du derby), on ne peut plus nier que le public est un acteur essentiel, pratiquement au même titre que les joueurs. Ironie, la Lazio reçoit ce soir Fenerbahçe, un autre club à avoir purgé deux matches de suspension à huis clos, lors des tours précédents. L’UEFA a visiblement décidé d’être intransigeante. Parfois même en étant « trop fiscale » , comme dirait l’ami Leonardo. Mais ces suspensions, qui pénalisent tout le monde (à commencer par les supporters adverses, privés de déplacement), ne sont-elles pas un coup d’épée dans l’eau, uniquement faites pour impressionner ?

«  Vous, bleu ciel comme eux »

Pour vraiment comprendre, il faut revenir au cœur du problème. Pourquoi l’UEFA décide-t-elle ainsi de punir certains clubs ? Surtout, pourquoi l’UEFA punit-elle certains clubs de cette manière ? Le cas de la Lazio est un exemple parfait. Le club romain est dans le collimateur de l’UEFA depuis bien longtemps. Les supporters les plus anciens se souviennent encore que la première Lazio championne d’Italie, en 1974, n’avait pas pu disputer la Ligue des Champions, car exclue de toutes compétitions européennes par l’UEFA, suite à une bagarre générale face aux joueurs d’Ipswich la saison précédente. Au fil des années, ses supporters ont souvent été pointés du doigt pour leurs agissements racistes et leur idéologie fasciste. Juste avant de signer à la Juventus, au tout début des années 2000, Lilian Thuram avait été tout proche de signer là-bas, déclinant finalement l’offre à cause de cette frange de supporters jugés racistes. Sauf que le problème du racisme et de l’antisémitisme, en Italie, est loin de se limiter aux frontières de la Curva Nord laziale.

En réalité, les clans ultràs des clubs romains s’attaquent l’un et l’autre sur des références antisémites. En 1998, lors d’un derby, les tifosi de la Roma avaient exposé une banderole « Noi Ricciotti, Voi Piperno » ( « Nous Ricciotti, Vous Piperno  » ), référence au film Il Marchese del Grillo (1981), dans lequel évoluent deux personnages : Riccioto, le Romain fier de ses racines, et Aronne Piperno, un ébéniste juif. La même Curva Sud, au cours des années 90, avait également affiché une banderole : « Voi biancoblù come loro  » ( « Vous, bleu ciel comme eux » ), « eux  » faisant référence aux couleurs du drapeau d’Israël. Les ultràs laziali avaient répondu par un tout aussi intolérable et gerbant « Auschwitz la vostra patria, i forni le vostre case » ( « Auschwitz votre patrie, les fours vos maisons » ). Des références abominables reprises, encore, par certains illuminés de la Roma, qui avaient sorti une banderole : « And now, go to have a shower » , lors d'un match contre l'Ajax, club réputé pour ses traditions juives. Le problème, c’est qu’il n’y a pas qu’à Rome que de telles choses se produisent.

Si l’on a souvent évoqué les agissements racistes des « virulents » tifosi du Hellas Vérone, les grands clubs ont eux aussi leurs supporters indisciplinés. Au Juventus Stadium, on a récemment entendu le chant « Non ci sono negri italiani  » ( « il n’y a pas de Noirs italiens » ) dédié à Balotelli. Chant pour lequel la Juventus a reçu une amende ridicule de 4000 euros. Balo aurait d’ailleurs été victime d’insultes racistes dimanche dernier, à Florence, raison pour laquelle il aurait souhaité quitter la pelouse. Quant à certains ultràs de l’Inter, ils ne sont récemment pas gênés pour envoyer des cris de singe (les fameux « buuuh » ) en direction d’Adebayor et de Pogba. Dans ce genre de situation, que fait-on ? Rien. Les clubs reçoivent des amendes. Les supporters en question, eux, restent dans la nature, et reviennent au match suivant. Le pire, c’est qu’ils ne sont jamais bien nombreux. Mais c’est toujours le même problème. Mettez donc 99 personnes sympathiques et un gros con dans une même pièce. On ne se souviendra que du con.


Un vide oppressant, un vide effrayant

Récemment, en Angleterre, lors du derby face à Tottenham, des supporters de West Ham ont entonné des chants pro-Adolph Hitler. En 48 heures, grâce aux caméras du stade, deux individus ont été arrêtés et radiés pour toujours des matches de leur équipe. Une utopie en Italie. En 2012, le Gruppo Osservatorio Sicurezza (GOS) avait réussi à attraper un tifoso coupable d’avoir allumé un fumigène. Deux ans d’interdiction de stade pour lui. Par contre, les chants antisémites et racistes restent impunis, et ne sont sanctionnés que par l’UEFA, qui n’utilise toutefois pas la bonne sanction. Décréter deux matches à huis clos, d’accord, mais pour quoi ? Pour pénaliser les 99% de supporters qui n’ont rien à voir avec cela, et qui vont devoir se contenter de regarder le match à la télévision plutôt que d’aller au stade ? Pour pénaliser le club, qui essaie depuis des années et des années de se débarrasser d’une telle image ? Des années d’efforts qui avaient été balayées en une fraction de seconde par le salut fasciste de Di Canio en 2005, ensuite chassé par le président Lotito. Non, cette sanction part d'une bonne intention, mais est clairement à côté de la plaque.

Car après les deux matches de suspension, les supporters rempliront à nouveau le stade (soit en demi-finale, soit l’année prochaine) et, si une bande de dix débiles a envie de faire des saluts romains, ils feront des saluts romains. « Et alors, entre une bande d’antisémites et de fascistes dans un stade plein, et une équipe qui gagne dans le désert, l’UEFA préfère la deuxième option, étant pourtant bien consciente que ce désert est une punition aveugle, qui ne peut pas être le vrai raisonnement de ceux qui décident le football  » affirme Stefano Ciavatta, journaliste pour Rivista Studio. Ce soir, encore, le stadio Olimpico sera donc vide. Un vide oppressant, un vide effrayant. Et un vide, surtout, qui n’est, quelque part, que le reflet des stades italiens. Ces stades qui vantent un taux de remplissage de 51,5%, là où les stades allemands avoisinent les 98%. En effet, le huis clos n’existe pas que pour des chants racistes ou des saluts romains. A Cagliari, depuis le début de la saison, la plupart des matches à domicile se jouent à huis clos pour des raisons de viabilité (tribunes pas aux normes). Une situation acadabrantesque (oui oui), qui a fini par pousser le club à quitter son stade. Et à se retrouver sans stade fixe. Mais ça, l’UEFA s’en fout, ce n’est pas son problème. Néanmoins, ces problèmes, aussi divers et variés, existent, et restent irrésolus. On sanctionne, mais on ne résout pas. Et qui en pâtit ? Toujours les mêmes : les supporters. Les vrais.

Par Eric Maggiori, avec Stefano Ciavatta
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