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Quand le football s'en va-t-en guerre

Alors que l'Europe entière célèbre le centenaire de la Première Guerre mondiale, le monde du football anglais se souvient du 17e bataillon du régiment du Middlesex, uniquement constitué de footballeurs partis mourir dans la bataille de la Somme, en France. Entre 1914 et 1918, le football aussi s'en est allé en guerre.

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Le 4 août 1914, le Royaume-Uni est contraint, par le mécanisme intraitable des alliances nouées en Europe, de déclarer la guerre à l'Allemagne. Comme en France, les hommes en état de se battre partent tous sur le front. Tous ? Non. La saison 1914/1915 de football débute normalement outre-Manche, alors que la plupart des autres compétitions sportives sont suspendues. La plupart des joueurs de rugby, sport pourtant très populaire au Royaume-Uni, sont enrôlés dans l'armée dès les premiers jours du conflit. Seulement, les joueurs de football sont alors protégés par un statut professionnel inédit en Europe. Alors, lorsque la Football Association demande au gouvernement britannique la marche à suivre, ce dernier lui indique de laisser le football en dehors de la guerre. Rappelons qu'à cette époque, les élites sont persuadées que la guerre sera courte. De leur côté, les footballeurs professionnels craignent pour leurs familles. Partir à la guerre signifient bien souvent laisser femmes et enfants sans revenus. Et risquer une blessure...

Entraînements aux tirs


À la fin de l'année 1914, les perceptions évoluent au gré des listes de victimes qui s'allongent toujours plus. Populations et gouvernements prennent conscience que la guerre – annoncée courte – est partie pour durer. Très vite, les footballeurs sont pris pour cibles. Sir Arthur Conan Doyle et d'autres personnalités prennent publiquement la parole pour dénoncer la non-participation des footballeurs à l'effort de guerre. L'image du football se détériore à mesure que les élites l'accusent d'aider l'Allemagne à gagner la guerre. Très rapidement, la FA comprend que plus aucune alternative n'existe. Le War Office décide, le 15 décembre 1914, de créer le Footballers' Battalion. Le 17e bataillon du régiment du Middlesex est mis sur pied par le parlementaire William Joynson Hicks. Des dizaines de footballeurs – dont l'intégralité du club de Clapton Orient – sont enrôlés dans l'armée britannique et s'entraînent quotidiennement. Tous sont autorisés à rentrer dans leur club chaque week-end pour jouer les matchs restants dans la saison. En mai 1915, un deuxième bataillon, le 23e bataillon du régiment du Middlesex, vient compléter le premier. Au terme d'une saison forcément particulière, Everton est sacré champion, alors que Sheffield United remporte la FA Cup.

« Je serais allé en enfer avec de tels mecs »


En novembre 1915, le bataillon quitte pour la première fois le Royaume-Uni et rejoint les tranchées de Loos, dans le Nord de la France. De nombreux matchs de football sont organisés, notamment contre d'autres bataillons du même régiment, ou contre des brigades de la Royal Field Artillery. Au printemps 1916, les soldats footballeurs rejoignent le front, près du Touquet. Le bataillon est décimé lors de la bataille de la Somme, en juillet 1916. William Jones, de Clapton Orient, Norman Wood, de Stockport Country, ou Allen Foster, de Reading, tombent tous au front. Le 15 septembre, le bataillon subit une nouvelle terrible déconvenue lors de la bataille de Flers-Courcelette – la première bataille dans laquelle des tanks intervenaient. Les combats s'enchaînent, les pertes aussi. Les footeux partent se battre à la bataille d'Arras, en avril 1917, et à Oppy, où plusieurs sont faits prisonniers. Joe Mercer, de Nottingham Forest, Charles Abbs de Norwich City et Wilf Nixon de Fulham tombent aux mains de l'ennemi. En février 1918, le bataillon est disloqué.

Le 21 octobre 2010, le président de la Football League, Greg Clarke, dévoile un monument aux morts à Longueval, dans la Somme, sur lequel figurent les mots du colonel Henry Fenwick, premier commandant du bataillon en novembre 1915 : « Je ne connaissais rien des footballeurs quand j'ai pris la tête de ce bataillon. Mais j'ai appris à les apprécier. Je serais allé en enfer avec de tels hommes. Leur esprit de corps était incroyable. C'était avant tout dû au football – ce lien qui faisait d'eux une vraie communauté. Le football avait une emprise magnifique sur ces hommes et sur l'armée en général. » Jusqu'à la fin de la saison 2014/2015, le club de Leyton Orient (ex-Clapton Orient) rendra hommage à ses soldats en portant sur son maillot le blason du Footballers' Battalion.


Par Gabriel Cnudde Merci à Iain McMullen, à la tête du projet The Football and the First World War Centenary du Musée national du football anglais.
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Oscar Muller Niveau : DHR
Je trouve pas de vanne...
GreenAngelsFlo Niveau : District
Imaginez aujourd'hui une commanderie avec Anelka, Nasri, Benzema et Ribéry c'est sur que ca remotiverait les troupes tiens!
Il fut un temps où les footeux étaient des hommes comme les autres.
Ils jouaient pour le plaisir et vivaient (ou mouraient dans le cas présent) de la même manière que tous.

Jamais je ne critiquerai les joueurs pour les sommes qu'ils touchent, le foot est devenu comme ça, mais comme disait Bielsa, le jour où le foot est considéré comme un business, cela devient dangereux pour le jeu.

Respect à tous les hommes tombés pour l'idée qu'ils se faisaient de la liberté, footeux ou non, d'ailleurs !
j'y suis giresse Niveau : Ligue 1
Message posté par GreenAngelsFlo
Imaginez aujourd'hui une commanderie avec Anelka, Nasri, Benzema et Ribéry c'est sur que ca remotiverait les troupes tiens!


Diaby et Gourcuff seraient abandonnés dans les tranchées
mon bon Blaise Niveau : District
Message posté par j'y suis giresse


Diaby et Gourcuff seraient abandonnés dans les tranchées


Jamais de la vie, à Lyon il y a Steed Malbranque, et c'est un soldat. Ne dit-on pas "Malbranque s'en va-t-en guerre mironton mironton mirontaine"
Elcocolonel Niveau : DHR
C'est beau ce genre d'articles. ça doit être mon héritage verdunois mais ça rend l'histoire vraiment tragique.
Puis la bataille de la Somme, bon dieu, c'est même pas déterminant dans le cours de la guerre, si je le trompe pas. Nivelle assassin !
Pedrag Mijatovic Niveau : District
Les footeux actuels en guerre, dans les tranchées, imaginez
- CR 7 : « suuuuuuuuuuuu »....puis il meurt, d'une balle en pleine tête
- Messi : aucune balle ne l'atteint, il est trop court
- Robben : la spéciale, un ennemi : « je pars de la gauche de la tranchée, je repique au centre puis je tire ! »
- Abou Diaby : « je suis prêt sergent !!! » puis il se blesse, en astiquant la baïonnette de son fusil. « Attends, je t'aide mon frère », dit Gourcuff qui se blesse également en le transportant hors de la tranchée
- Ibra : « fusil de merde ! »
- Ribéry, en voyant les premiers aéronefs larguer des petites bombes « l'avion va avioner »
-
Pedrag Mijatovic Niveau : District
bon on m'a censuré, merci
Le football, ce n'est pas une question de vie ou de mort.

C'est beaucoup plus important que cela.

A nous la victoire !
manouille Niveau : DHR
Si vous voulez vous faire une idée des attrocités de la bataille de la Somme et de la première guerre mondiale en général je vous conseille la lecture de l'excellent Orages d'acier d'Ernst Junger. Ce livre est bouleversant.
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