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  2. // J9- Celta Vigo-Deportivo La Corogne

Quand le derby de Galice atteignait les sommets

Ce dimanche, c’est jour de derby de Galice entre le Celta Vigo et le Deportivo La Corogne. Deux clubs qui, aujourd’hui, luttent plus pour le maintien que pour les premières places. Il n’en a pas toujours été ainsi, avec comme exemple le plus récent le 24 mai 2003, quand Vigo écrasait son voisin pour l’empêcher de conquérir un nouveau titre et s’offrir un ticket pour la Ligue des champions.

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Le coup de rétro va faire du bien aux Celtinas et Blanquiazules. Dans les années 90, les deux clubs voisins vont tour à tour connaître leur âge d’or. Le Depor d’abord, à l’époque où les dirigeants ont la bonne idée d’enrôler un certain Bebeto. L’homme aux bras qui bercent la Coupe du monde 1994 va faire de ce club une machine à gagner, et à gagner beau. Avec lui, La Corogne multiplie les places d’honneur en Espagne, avant de finir par conquérir son premier titre national à l’issue de la saison 99/2000. Bebeto n’est plus là, Rivaldo non plus, mais leurs compatriotes Mauro Silva et Djalminha, oui. Pour le rival de Vigo, c’est à partir de 1997 et pendant les six saisons à suivre que se vit l’euphorie des sommets. Ces années-là, le Celta joue chaque saison le top 5, et y parvient parfois, sans jamais néanmoins se hisser une seule fois sur le podium. Le Depor a ses Brésiliens, le Celta ses Russes : Valery Karpin et Aleksandr Mostovoi, magnifiques joueurs de ballon qui font de leur équipe au maillot bleu ciel un sparring-partner craint en Liga. Étonnamment, les deux clubs de Galice alternent leurs bonnes périodes : quand l’un réussit une belle saison, l’autre est plus en retrait, et inversement. Sauf une fois, lors de la saison 2002/2003. La dernière fois d’ailleurs où le derby Gallego a été aussi important, puisque jamais plus depuis les deux clubs n’ont fini si haut au classement en fin de saison : troisième pour le Depor, quatrième pour le Celta.

Le Depor à la lutte avec le Real de Zidane


Retour à ce printemps 2003 et au contexte de ce sommet du 24 mai. C’est la 35e journée et le Deportivo est en lice pour conquérir un second titre, après celui de 2000. Une bagarre à distance se joue alors entre le Real Madrid, la Real Sociedad et le Deportivo La Corogne. Au soir de la 33e journée, après une victoire 2-0 sur Málaga, les Galiciens s’emparent pour la première fois de la saison de la tête de la Liga. Il leur reste alors cinq matchs à disputer pour être sacrés devant l’armada madrilène, celle de Zidane, Ronaldo, Figo, Raúl, Roberto Carlos, etc. Problème : le Depor s’incline à domicile 1-2 face à Valence lors de la 34e journée, alors que s’annonce ce court déplacement à Vigo. La victoire est donc obligatoire face au grand rival régional pour continuer à croire en la première place. Sauf qu’à l’époque, le Celta joue aussi les fiers à bras. Il n’est pas question de titre, mais d’une qualification possible pour la Ligue des champions en allant chercher la quatrième place, le podium étant déjà bien établi – sans qu’on n’en connaisse l’ordre. La défaite 0-5 subie lors de la précédente journée sur la pelouse de Villarreal sert d’avertissement avec ce grand choc que toute la Galice attend.

Donato, un dernier derby à trente-neuf ans


24 mai 2003, donc, dans un Balaídos rempli de près de 30 000 spectateurs. D’un côté, le Celta se présente avec dans ses rangs le gardien Cavallero, le stoppeur Berizzo, Juanfran, Jesuli, Edu et ce bon vieux Mostovoi, alors âgé de trente-trois ans. Ce n’est rien à côté de Donato et de ses vénérables trente-neuf ans, qui est bien présent au coup d’envoi dans les rangs de La Corogne pour son dernier derby. Le Depor est d’ailleurs une formation assez vieillissante à l’époque, ou disons mature : il y a donc Donato, mais aussi Mauro Silva, trente-quatre ans, Fran, trente-deux ans, Naybet, trente-deux ans également, tous titulaires ce 24 mai 2003. Ce choc, pourtant, va s’avérer assez décevant dans le jeu, la faute surtout à une formation du Depor trop timide, peut-être bouffée par l’enjeu et par la stratégie peu audacieuse de son entraîneur Javier Irureta. Son seul attaquant aligné, Roy Makaay, est facilement maîtrisé par la défense adverse. À 0-0 à la mi-temps, le Celta Vigo emmagasine de la confiance et va la mettre à profit en tuant son rival en seconde période. C’est d’abord Jesuli qui ouvre le score à la 57e minute, puis Edu cinq minutes plus tard. Edu, encore lui, s’offre un doublé à la 78e et clôt la marque à 3-0 en faveur des locaux. Les fans de Vigo jubilent, car le coup double réalisé par leurs favoris est parfait : en gagnant largement ce derby, ils reprennent l’avantage sur Valence dans la course pour la quatrième place (et finiront par l’assurer en obtenant un nul 1-1 à Bernabéu le match d’après, avant de battre la Real Sociedad 3-2 lors de l’avant-dernière journée... pour offrir le titre au Real) et empêche les grands rivaux du Depor de conquérir un nouveau titre. Ce dimanche, le 48e derby de Galice voit s’opposer le douzième et le quinzième de la Liga. C’est déjà un peu moins excitant...

Par Régis Delanoë
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Patxikudelatxams Niveau : District
Bouah... La Real qui a tenu tête au Madrid jusqu'à la dernière journée... Une saison magique!!!
Mido, l'egyptien parti ensuite à Marseille, avait été le héros du Celta lors de ces dernières journées de folie.
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