1. // 3 juillet 1949
  2. // Coupe latine

Quand le Barça remportait la « première Coupe d'Europe »

Il y a tout juste 66 ans, Barcelone remportait son premier trophée européen, lors de la première édition de la Coupe latine. Un tournoi disparu depuis longtemps, mais qui posa les bases des compétitions continentales que l'on connaît aujourd'hui.

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À l'aube de la reconstruction européenne post-Seconde Guerre mondiale, le Vieux Continent se cherche une identité commune. Tout est bon pour repartir du meilleur des pieds, y compris pour les nations qui ont, un temps, soutenu l'Axe, comme l'Italie ou l'Espagne. L'objectif étant de partager de nouvelles valeurs et passions qui peuvent éviter de se foutre allègrement sur la gueule, le sport roi ne déroge pas à la règle. Ainsi, les fédérations des pays d'Europe latine (France, Espagne, Portugal, Italie) font émerger l'idée d'une première compétition où les vainqueurs respectifs de chacun de ces championnats s'affronteront. Sous le joug de la FIFA, la Coupe latine voit le jour en 1949. Pour cette première édition, le Stade de Reims, Barcelone, le Sporting Portugal et le Torino se disputent le trophée. Et une place dans l'histoire, pour figurer à jamais comme l'un des premiers clubs sacrés au niveau européen.

Débuts difficiles pour l'Hexagone


De fait, avec la Coupe Mitropa - compétition opposant le gratin du football d'Europe centrale, créée en 1927 et disparue en 1992 -, la Latin Cup apparaît encore aujourd'hui comme l'ancêtre des compètes sur le Vieux Continent. Le topo demeure des plus simples et efficaces : quatre écuries, deux demi-finales, puis une finale et une rencontre pour la troisième place. Une sorte de petit tournoi estival. Mis à part que l'enjeu est bien réel et pris très au sérieux par les concurrents. Rémois, Lisboètes et Turinois se retrouvent donc sur les terres espagnoles pour prendre part à cette toute première édition.

Pas épargnés par le tirage au sort, les représentants de la Division 1 française font d'emblée face au Barça de Josep Seguer et César Rodríguez Álvarez - second meilleur buteur de l'histoire du club, avec 235 pions inscrits pour les Catalans. Champions sur le fil dans l'Hexagone, les Rouge et Blanc peuvent néanmoins compter sur le duo Pierre Bini - Pierre Flamion (38 buts en 34 rencontres de D1 à eux deux), les Pierre-Pierre flingueurs. Loin d'être suffisant pour inquiéter la formation espagnole, qui inflige un cinglant 5-0 aux champions tricolores. À Madrid, à l'Estadio Chamartín - renommé quelques années plus tard Santiago Bernabéu -, la seconde demi-finale voit le Sporting Portugal disposer facilement du Toro, 3-1. Une qualification acquise presque exclusivement grâce à l'exceptionnel Fernando Peyroteo, auteur d'un triplé, et qui détient toujours le record de réalisations pour le SCP (529).

Succès historique pour les Blaugrana


Le 3 juillet 1949, quelque 50 000 supporters se massent dans l'enceinte madrilène afin d'assister à la finale. Victor Sdez, ancien arbitre français ayant notamment officié lors des Jeux olympiques de Londres l'année précédente, est désigné par la FIFA pour faire respecter la loi et l'ordre. Rapidement, les Blaugrana prennent les devants par Seguer dès la 10e minute de jeu avant que Jesus Correia n'égalise à la demi-heure pour les Portugais. Peu après la reprise de la seconde mi-temps, Estanislao Basora donne l'avantage au Barça. Un pion décisif, synonyme de première récompense internationale pour la formation catalane. En lever de rideau, les Rémois s'étaient pris une nouvelle valise lors de la rencontre décidant de la troisième place. Un 5-3 donné par le Torino, dans les règles de l'art. La France finit donc bonnet d'âne de cette première édition, tandis que la Catalogne célèbre l'ouverture d'une nouvelle armoire à trophées, européenne celle-ci. Un succès qui en appellera d'autres par la suite.

Lors des éditions suivantes, la renommée de la Coupe latine ne cessera de grimper, d'autant que la Coupe Mitropa perdra de son prestige après la Seconde Guerre mondiale. En 1952, le Barça devient la première équipe à inscrire deux fois son nom au palmarès de la compétition. Seuls le Milan AC, notamment porté par le trio suédois « Gre-No-Li » (Gunnar Gren, Gunnar Nordahl et Nils Liedholm), puis le Real Madrid de Di Stéfano parviennent à pareil exploit. Mieux, les Merengues réussissent même à réaliser un doublé historique en 1957, en remportant la Latin Cup, ainsi que la Coupe des clubs champions européens fraîchement créée deux ans auparavant, également appelée Ligue des champions à partir de 1992. D'ailleurs, il s'agit là de l'ultime tenue de ce tournoi qui fait place nette à la future C1. Quant au clan français, Reims se chargea d'offrir le premier titre continental à l'Hexagone, en 1953, après un succès 3-0 contre les Rossoneri, avec entres autres un doublé de Raymond Kopa. Une autre époque, définitivement.

Par Eddy Serres
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BALLONROND Niveau : DHR
"Tout est bon pour repartir du meilleur des pieds, y compris pour les nations qui ont, un temps, soutenu l'Axe, comme l'Italie ou l'Espagne."
On sent que certains cours étaient séchés au lycée. L'Espagne était officiellement neutre pendant la deuxième guerre mondiale et ne faisait pas partie de l'Axe.
Même si Franco était idéologiquement poteau (rond ou carré ?) avec l'Allemagne nazie.
Qui plus est Barcelone a toujours été Républicaine et en lutte avec le franquisme ou je me trompe ?
Cette coupe a eu lieu un mois après le crash de Superga. Le Toro revenait d'un amical contre le Benfica qui servait justement de test pour préparer la demi-finale contre le Sporting. Malgré le deuil, ils ont tenu à y participer pour honorer les victimes mais sans autre choix qu'envoyer une équipe de jeunes.
Donc, rien d' "exceptionnel" à leur mettre un triplé.
Pour Reims, ce n'est que le tout début d'un cycle. Ils viennent de remporter le premier titre de leur histoire. Batteux est joueur et pas encore entraineur. Les stars (Kopa, Fontaine,...) ne sont pas encore au club.
@BALLONROND "Qui plus est Barcelone a toujours été Républicaine et en lutte avec le franquisme ou je me trompe ?"

En 39, la catalogne républicaine - à l'instar de toutes les parties de l'Espagne qui étaient encore en lutte - a été vaincue par Franco, donc elle était sous le régime franquiste comme toute l'Espagne.
Message posté par Ubriacone
Cette coupe a eu lieu un mois après le crash de Superga. Le Toro revenait d'un amical contre le Benfica qui servait justement de test pour préparer la demi-finale contre le Sporting. Malgré le deuil, ils ont tenu à y participer pour honorer les victimes mais sans autre choix qu'envoyer une équipe de jeunes.
Donc, rien d' "exceptionnel" à leur mettre un triplé.


Benfica et Toro lié pour toujours.

Benfica gagnera cette coupe en 1950 contre Bordeaux dans une des finales les plus longues de l'histoire du foot, disputé en deux match parce que le premier a fini pour manque de lumière.
dobbystereo Niveau : DHR
Message posté par BALLONROND
"Tout est bon pour repartir du meilleur des pieds, y compris pour les nations qui ont, un temps, soutenu l'Axe, comme l'Italie ou l'Espagne."
On sent que certains cours étaient séchés au lycée. L'Espagne était officiellement neutre pendant la deuxième guerre mondiale et ne faisait pas partie de l'Axe.
Même si Franco était idéologiquement poteau (rond ou carré ?) avec l'Allemagne nazie.
Qui plus est Barcelone a toujours été Républicaine et en lutte avec le franquisme ou je me trompe ?


Mince alors, faudrait que je replonge dans mes cours d'histoire, je connaissais pas l'existence de cette république de catalogne a l'apres guerre...
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