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Quand la Suède et le Danemark éliminaient l’Italie

Pas de terrain d’entente possible ce mardi soir entre la Suède et le Danemark, qui se disputent une seule place pour l’Euro. Une situation donc très différente de l’Euro 2004 où les deux nations s’étaient quittées sur un match nul très suspect qui élimina à l’époque l’Italie.

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22 juin 2004, 20h45. Pour son troisième et dernier match de poule, l’Italie défie la Bulgarie dans le petit stade D. Afonso Henriques de Guimarães. Après avoir partagé les points avec le Danemark (0-0), puis la Suède (1-1), la Squadra Azzurra n’a plus totalement son destin entre ses mains. Au même moment, à une cinquantaine de kilomètres plus au sud, au stade de Bessa XXI de Porto, Suédois et Danois ont effectivement la possibilité d’envoyer la Nazionale en vacances. Un match nul avec au moins deux buts de chaque côté, et les Italiens seraient laissés sur le carreau, même en cas de victoire contre les Bulgares. Car les trois équipes pointeraient alors à même hauteur (à 5 points), mais l’Italie serait éliminée en raison d’une moins bonne attaque lors des confrontations directes. Un danger que Gianluigi Buffon souligne déjà la veille en conférence de presse. « S’ils font vraiment 2-2, ce n’est pas une enquête de bureau qu’il faut, c’est directement les forces spéciales sur le terrain » , s’emportait ainsi le portier de la Nazionale. « Bien sûr qu’on en avait parlé entre nous » , confiait en 2013 Stefano Fiore au quotidien Il Tirreno. On avait peur d’un match nul entre la Suède et le Danemark. Mais au fond, on ne voulait pas y croire. » Et pourtant…

Sørensen relâche, Cassano pleure


Peut-être inspirés par les déclarations de Buffon, les supporters suédois et danois s’en donnent à cœur joie pour animer l’avant-match : « 2-2 et ciao l’Italie » , « DEN 2-2 SWE et les Spaghettis sont dehors » . Place au jeu. Et ça démarre mal pour l’Italie qui concède l’ouverture du score sur penalty à Martin Petrov juste avant la pause. À Porto, le Danemark mène alors 1-0 sur un but merveilleux du Milanais Jon Dahl Tomasson. Pas encore besoin de sortir les calculettes donc. Sauf que tout s’accélère au retour des vestiaires. Henrik Larsson profite d’abord d’un penalty pour égaliser pour la Suède. Au même moment ou presque, Perrotta remet les compteurs à zéro entre l’Italie et la Bulgarie. Il reste alors près d’une mi-temps à la Squadra Azzurra pour inscrire un but et arracher sa qualification. Tomasson signe, lui, son doublé et redonne l’avantage au Danemark. Un but qu’il célèbre en intimant au public suédois de se taire, pas franchement signe d’un arrangement à l’amiable. La situation ne bouge plus jusqu’aux toutes dernières minutes. À Guimarães, l’Italie obtient 5 minutes de rab pour forcer la décision. Elles seront inutiles.

À Porto, Mattias Jonson égalise en effet pour la Suède en profitant d’une grossière faute de main de Thomas Sørensen… déjà coupable de la faute sur le penalty de Larsson. Qu’importe alors si Cassano s’arrache pour offrir la victoire à la Squadra Azzurra. « Sur le terrain, quelques-uns étaient au courant du 2-2 entre le Danemark et la Suède, mais pas tous » , se remémorait Stefano Fiore, toujours pour Il Tirreno. Je me souviens m’être retourné vers le banc au moment du but de Cassano, en attente d’une bonne nouvelle, mais elle n’est jamais arrivée. » Mis au courant de la situation, Fantantonio fond en larmes. Son but ne sauvera pas sa patrie comme il l’avait rêvé. À cause d’un match nul pour le moins suspect. La réaction de Buffon est cinglante : « C’est une honte, un scandale mondial. C’est surtout le sport qui a perdu. J’ai honte, mais pas pour nous : pour les Suédois et les Danois. Ils ont vraiment fait ça salement. » Team manager de l’Italie à l’époque, Gigi Riva bombarde lui aussi : « Ça me fait rire... J’ai la certitude d’un 2-2 arrangé. Ça arrive de ne pas passer la moitié de terrain pour faire un match nul qui vaut le maintien par exemple, mais pas comme ça. Si nous (l’Italie, ndlr) avions fait un résultat du genre, l’opinion publique nous aurait descendus plus bas que terre. » Alors coïncidence incroyable ou vrai scandale ?

Conversations douteuses et proverbe accusateur


Près de 10 ans plus tard, l’avis que Stefano Fiore confiait au Tirreno était sans surprise bien tranché : « A posteriori, chacun s’est fait sa propre opinion sur cette histoire. Dans tous les cas, je garderai toujours la certitude d’avoir subi un tort. Je vais même plus loin : en revoyant les images et en découvrant certains échanges entre les joueurs danois et suédois, je pense qu’ils n’ont même pas été bons pour faire ce "biscotto". Selon moi, leur triche saute aux yeux » jugeait l’ancien international transalpin dans le quotidien toscan. En effet, quelques jours à peine après la rencontre, des échanges douteux entre Danois et Suédois avaient été révélés par la revue suédoise Offside. Notamment une conversation entre le Suédois Erik Edman et son homologue danois Jensen. Edman enclenche la conversation : « Tu penses qu’on devrait faire un beau 2-2 ? » Réponse de Jensen : « Oui, peut-être qu’on pourrait. » Edman encore : « Alors laissez-nous marquer en premier. » Raté, ce sera bien le Danemark qui prendra par deux fois l’avantage. En revanche, à 2-1, le Suédois Anders Andersen aurait, lui, imploré de l’aide auprès du Danois Thomas Gravesen : « Allez, laissez-nous passer. » Réponse du milieu chauve : « Alors secouez-vous, il suffit que vous attaquiez. » On connaît la suite.


Moins la réaction de joie au coup de sifflet final du portier danois Thomas Sorensen - tout juste auteur d’une bévue - qui avait cherché à prendre dans ses bras son ami suédois Marcus Allbaeck en lui criant joyeusement : « Markan, Markan (le surnom d’Allbaeck, ndlr). On est qualifiés. » Allbaeck avouera plus tard à la revue Offside avoir été très embarrassé. « Arrête tout de suite, ça craint. » Auteur du scoop, le journaliste suédois Mattias Göransson expliquera, lui, au Corriere dello Sport qu’il ne s’agissait que d’ « ironie » de la part des joueurs, de « plaisanteries, de blagues de mauvais goût » . Une version confirmée par d’autres journalistes présents à Porto comme Jennifer Wegerup d’Aftonbladet. Et Morten Olsen de conclure, en conférence de presse en octobre 2012, avant les retrouvailles entre l’Italie et le Danemark, pour les éliminatoires de la Coupe du monde 2014 : « Chez nous, on dit qu’un voleur pense toujours que les autres volent. Les rencontres entre la Suède et nous sont toujours très disputées, et, en 2004, aussi bien eux que nous avons tout fait pour gagner. Le fait qu’on parle de "biscotto" indique que la mentalité italienne est différente. » À d’autres, Morten.

Par Eric Marinelli
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