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  3. // Serie A 2013/14 – Le moment fort de la saison

Quand la Juve montre les crocs face à la Louve

Cette saison, en Serie A, on a vu de très belles choses. Mais s’il ne fallait garder qu’un moment symbolique de cette saison, ce serait très certainement le Juventus-Roma au sommet du 5 janvier dernier. Un jour où les Bianconeri ont prouvé à tous que leur domination sur la Botte n’était pas près de s’éteindre.

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Les promesses d’août sont souvent loin de la réalité de janvier. Été 2013, la Serie A se retape une santé. Les abonnements sont en hausse, les espoirs de voir la Juve représenter dignement l’Italie en Ligue des champions se font de plus en plus concrets, et plusieurs équipes sont dans les starting blocks pour venir disputer le Scudetto à la Vieille Dame. Parmi les outsiders, le Napoli, renforcé par l’arrivée de Benítez et sa colonie hispanophone (Callejón, Higuaín, Raùl Albiol…), la Fiorentina, qui se met à rêver après la présentation en grande pompe de Mario Gómez, et même l’Inter, qui retrouve des ambitions avec l’arrivée sur le banc de Mazzarri et celle, imminente, du nouveau président indonésien Erick Thohir. Mais les premières semaines de championnat n’ont pas grand-chose à voir avec ce à quoi on pouvait s’attendre. Car c’est une autre équipe, inattendue, qui vient surprendre tout le monde : la Roma. Les Giallorossi sortent de nulle part. Ils ont vécu un état très compliqué, subissant les pressions de leurs tifosi après une deuxième saison sans qualification européenne, et une cuisante défaite en finale de Coupe d’Italie face à leurs cousins de la Lazio. Rudi Garcia débarque au beau milieu de ce bordel, et se fixe un objectif : redonner ses lettres de noblesse a une équipe qui, depuis au moins trois ans, semble avoir perdu son identité. Après avoir convaincu De Rossi de rester à Rome, il fait venir son protégé, Gervinho, et chapeaute les arrivées de Strootman, Maicon et Ljajić. Et le début de saison va être tout simplement incroyable.

15 minutes de domination, puis le néant

Lors des dix premières journées, la Roma de Rudi Garcia fait carton plein : dix victoires, trente points, seulement un but encaissé (!). Et pas n’importe quelles victoires : un 2-0 lors du derby-revanche face à la Lazio, un impressionnant 3-0 collé à l’Inter à San Siro, ou encore un 2-0 face au Napoli. Même la Juventus, qui réalise pourtant un parcours époustouflant (8 victoires, un nul, une défaite), n’arrive pas à suivre le rythme. Au bout de 10 journées, la Roma compte déjà cinq points d’avance, et en Italie, certains sont persuadés que les Romanisti vont aller au bout, d’autant qu’ils sont les seuls à ne pas perdre d’énergie lors des compétitions européennes. Mais, comme c’était prévisible, la Magica connaît un petit coup de mou. Quelques nuls consécutifs, notamment ce 1-1 à domicile face à Sassuolo, ou ce 0-0, toujours à l’Olimpico, contre Cagliari. Or, en Italie, il ne faut jamais laisser filer des points. Parce que la Juventus est intraitable. Les Bianconeri se mettent à leur tour à enchaîner les victoires et repassent en tête du classement au mois de décembre. À la trêve, les joueurs de Conte ont renversé la tendance, et comptent à leur tour cinq longueurs d’avance.

Comme les choses sont bien faites, la reprise du championnat, le 5 janvier, prévoit le choc au sommet. Juventus-Roma au Juventus Stadium. Rudi Garcia, fidèle à sa mentalité, n’y va pas par quatre chemins en conférence de presse : « Aller à Turin pour défendre ? Vous rigolez ? Moi, à chaque match, je dis la même chose à mes joueurs : "Vous y allez pour gagner" » , affirme-t-il. Et le début de match, dans un Juventus Stadium plein à craquer et chauffé à blanc, semble confirmer les intentions offensives de l’ancien coach du LOSC. La Roma attaque, et la Juve, pour la première fois depuis l’arrivée de Conte, laisse la possession du ballon à son adversaire. Pendant 15 minutes, on a même l’impression que les rôles sont inversés : la Roma domine, grande, forte, sûre d’elle, et la Juve se défend tant bien que mal. Les actions rouge et jaune sont rondement menées, avec des combinaisons, des dédoublements, des courses : tous les ingrédients qui ont fait la réussite du club romain depuis le début de la saison. Pourtant, sur sa toute première attaque, c’est bien le champion d’Italie qui fait mouche. L’action se déroule sur la droite, Lichtsteiner invente, Vidal conclut. 1-0. Le verrou romain, si inébranlable pendant toute la première partie de saison, a déjà craqué. C’est le début d’une véritable leçon tactique.

big>Stratégie préparée

Car derrière, d’un coup de baguette magique, les choses se remettent à leur place. La Juve reprend le contrôle du ballon, et la Roma ne sait plus comment faire pour se montrer dangereuse. D’autant que Conte a parfaitement préparé son rendez-vous. Son mot d’ordre : bloquer les ailes, point de force des Romains depuis le début du championnat. Ainsi, Maicon à droite et Dodô à gauche sont maîtrisés et, de fait, inoffensifs. Rudi Garcia est obligé de demander à tout son bloc-équipe de remonter. Mais il s’expose du coup à des contre-attaques turinoises. Pogba, d’abord, puis Tévez sont à deux doigts d’en profiter et de doubler la mise. Situation paradoxale, dans un match où la rapidité des offensives est au centre des attentions, c’est finalement sur une phase arrêtée que la Juve double la mise. Pirlo dépose un ballon sur coup franc au second poteau, Leandro Castán oublie Bonucci, qui score dans le but vide. 2-0. La Roma est sonnée. Puis complètement KO. En l’espace de deux minutes, De Rossi, pour un tacle fou, puis Castán, pour une main sur sa ligne, sont expulsés. Réduite à neuf, et désormais menée de trois buts suite au pénalty transformé par Vučinić (un ancien Romanista), la Roma hisse le drapeau blanc.

La fin de match ressemble à un toro géant, avec les Turinois qui se font des passes, et le stade qui reprend en chœur avec des olé à tout-va. Un succès 3-0 qui permet à la Juventus de prendre huit points d’avance, une avance qu’elle conservera pendant toute la deuxième partie de saison, jusqu’à être sacrée au mois de mai. Mais surtout, ce soir-là, Antonio Conte a prouvé à tous qu’il était un drôle de tacticien. Comme il l’expliquera à la fin de la rencontre, le fait de laisser la possession de balle à la Roma en début de match était en réalité une stratégie préparée. Une façon de faire croire à l’adversaire qu’il pouvait venir dicter sa loi. L’amadouer, le flatter, pour mieux lui planter un coup de couteau ensuite. Un vrai jeu du chat et la souris. Et quand la Juve a frappé une première fois, Conte avait déjà tout planifié pour empêcher la Roma de revenir dans le match, en neutralisant les ailiers, et en doublant le marquage sur Pjanić et Totti. Ce soir-là, pour la seule fois de la saison, Rudi Garcia admettra, à demi-mot bien sûr, qu’il est tombé face à plus fort que lui. La Juventus n’a pas gagné le Scudetto ce 5 janvier 2014, mais en tout cas, ce soir-là, elle a fait comprendre à son seul réel poursuivant qu’il faudrait cravacher très, très dur, pour venir lui arracher sa couronne.

Par Éric Maggiori
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C'est surtout le match de Sassuolo qui nous met dedans à ce moment là. On est devant, on doit recevoir la Juve et on grille carrément un joker contre Sassuolo à la 94ème. Et puis les 0-0 contre Cagliari et Lazio, dur surtout que ces matchs là, la Juventus les gagne. Dans la douleur, mais elle les gagne. 102, c'est chapeau. 86 points pour la Roma, elle était championne l'année dernière. C'est hautement satisfaisant cette année, pas de regrets.

On a juste a espérer faire bonne figure en LdC (une qualif au deuxième tour serait le minimum syndical).
Voyons voir ce que la Juve nous reserve pour l'annee prochaine en Ligue des Champions...

http://italfootball.blogspot.com
Il parait que c'est archi-faux de dire la louve. Un expert pour nous éclairer?
PollosHermanos Niveau : District
Quel cauchemar ce match, tu te dis que ça va le faire, Pjanic Totti et Gervi sont excellents au début et puis plus rien, 0-3 dans la gueule. La revanche en quarts de la Tim Cup a fait du bien mais cette année y'avait une très bonne équipe opposée à une équipe stratosphérique, et avec un meilleur banc qui plus est.
Le mercato sera important pour la Roma, pour pouvoir jouer la Champions et la serie A il faut renforcer toutes les lignes, en particulier les latéraux.
Forza Roma
LibidoPostToxico Niveau : National
Note : 1
Elle avait parcontre des dents de lait contre Benfica en UEFA.
comment on peut rater une finale europeen a domicile, ou on est archi favori ????
PollosHermanos Niveau : District
Message posté par pilule
Il parait que c'est archi-faux de dire la louve. Un expert pour nous éclairer?


C'est les joueurs qui sont surnommés "I Lupi", les Loups. Le surnom plus utilisé pour la roma c'est La Magica.
Message posté par LibidoPostToxico
Elle avait parcontre des dents de lait contre Benfica en UEFA.
comment on peut rater une finale europeen a domicile, ou on est archi favori ????


C'est un peu son adn, c'est pas nouveau. Avant elle perdait en finale, maintenant en demi. C'est moins douloureux (surtout contre Benfica, le plus grand loser de l'histoire des coupe d'Europe).

Oups, certains vont me reprocher que je ne sois pas assez charitable. Je m'esquive.
Losers, losers, c'est à relativiser!

Benfica a le mérite d'être assez souvent dans le dernier carré européen. C'est pas donné à tout le monde.

Bon, c'est vrai que perdre contre Séville!

Sinon, la perf de la Roma, cette saison, a été remarquable. Gagner ses dix premiers matchs c'est même carrément extraordinaire. La Roma de Totti (et même d'avant Totti) a toujours été comme ça. Capable de performances hors-norme et de faire pschitt au moment où ça compte vraiment.
Message posté par LibidoPostToxico
Elle avait parcontre des dents de lait contre Benfica en UEFA.
comment on peut rater une finale europeen a domicile, ou on est archi favori ????


vous pouvez demander ça au Bayern ;) !!
Hecho en Mexico Niveau : DHR
Irrésistible en championnat, affreuse en Europe. C'est étonnant.

Je ne crois pas que Naples, la Roma ou la Fiorentina soient moins bons que Copenhague, Galatasaray ou peut-être Benfica...
Ballon d' or-mones Niveau : DHR
Message posté par Hecho en Mexico
Irrésistible en championnat, affreuse en Europe. C'est étonnant.

Je ne crois pas que Naples, la Roma ou la Fiorentina soient moins bons que Copenhague, Galatasaray ou peut-être Benfica...


C'est surtout le style de jeu italien qui ne convient pas à l'Europe.
La Juve a beau avoir une grande équipe avec des grands joueurs à toutes les lignes,dominer son championnat son style ne marche pas en Europe et c'est comme ça, pas pour rien qu'ils veulent passer en 4-3-3 la saison prochaine.
J'ai beau supporter la Juve, il faut admettre que cette saison, le beau jeu était plutôt du côté de la Roma et de Naples. Ces 2 équipes me font penser à Dortmund avec leur jeu percutant et vraiment plaisant à voir, avec ces redoublements de passes courtes et de provocations dans les couloirs. La Juve me fait plus penser au Barça et au Bayern (sans le succès de ces 2 derniers en Europe...), avec un jeu plus lent, une horizontalité plus prononcée, et des phases de possession plus longues quand elle décide de prendre le jeu à son compte.

J'espère que la Roma va faire un parcours honorable en C1, mais ce qui est inquiétant est qu'ils vont probablement être placés dans le 4ème chapeau, et ça, c'est vraiment mauvais signe. La Juve dans le chapeau 2 (voire même 3), Naples dans le chapeau 3, la Roma dans le chapeau 4, la saison prochaine va être compliquée en C1 pour les clubs Italiens... et les détracteurs de la Série A vont pouvoir s'en donner à coeur joie avec ce constat.
hamma clubiste Niveau : Loisir
Message posté par pilule
Il parait que c'est archi-faux de dire la louve. Un expert pour nous éclairer?


Bien vu, ça existe pas "la louve" pour parler de la Roma, c'est une connerie que sortent les commentateurs français, dommage que Maggiori, lui le bien calé en foot italien, l'utilise. Comme le terme "Calcio" pour parler du "Serie A" il est souvent utilisé en france alors que ça veut dire "football" pas "football italien".
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