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Quand la Juve entame sa phase de réveil

Tenus en échec samedi face au Chievo Vérone, victorieux trois jours plus tard à Manchester en Ligue des champions. En cette rentrée 2015, la Juventus a décidé de ne rien faire comme tout le monde. Mais comme disait l'autre : l'important n'est pas la chute, mais l'atterrissage.

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Ils étaient beaucoup à la voir tomber de nouveau. Pour son entrée dans la compétition reine, mardi soir, à Manchester, la Juventus de Max Allegri n'a fait qu'une bouchée des Citizens de Manuel Pellegrini. Une, ou plutôt deux bouchées. Deux coups de bambou signés Mario Mandžukić et Álvaro Morata pour venir à bout d'une équipe à qui rien ne sourit dans cette Ligue des champions. L'année passée, déjà, City avait dû se résoudre à laisser filer les quarts de finale après s'être cogné le nez, aller comme retour, au Barça champion d'Europe. Un an plus tard, rebelote. Premier match de poule, et première défaite. Pourtant grandissime favori face à une formation turinoise qui n'avait toujours pas connu la victoire cette saison, Manchester a patiné et cédé les trois points. Une question d'expérience et de malchance, peut-être, mais surtout une incapacité réelle à maîtriser une Vieille Dame retrouvée.

Taillée pour gagner


Face à City, mardi soir, la Juventus a d'abord rassuré avant de satisfaire. Plus qu'une victoire, les tifosi bianconeri attendaient déjà une réaction d'orgueil de leur équipe. Un déclic qui permettrait enfin de se dire que, oui, ça y est, la saison turinoise est définitivement lancée. 90 minutes plus tard, la mission était remplie. En s'imposant 2-1 après avoir été menée au score, la Juve a prouvé qu'un rebond était possible suite aux départs de ses cadres. Mieux, elle a redonné cette impression de confiance et de stabilité qui la caractérisait depuis quatre ans. Sans Tévez, Pirlo, ni Vidal, mais avec Hernanes, Cuadrado et Mandžukić, la Vieille Dame a marché sur le leader anglais avec classe, tactique et sans froid. Pas une fin en soi, mais sans doute le début de quelque chose.

Il va sans dire qu'avec le départ de ses trois piliers, la Juventus a perdu non seulement en qualité, mais également en caractère. Une répercussion psychologique qui a affecté le groupe jusque dans sa capacité à réagir à la défaite. On l'a vu en ouverture face à l'Udinese, une semaine plus tard à Rome et aussi le week-end dernier contre le Chievo : sans son T/P/V, la Juve est perdue, affaiblie, hagarde. Du moins, c'est ce qu'on croyait. Car à Manchester, les Turinois, emmenés par leur défense de patrons et leur immense capitaine, a retrouvé son tempérament que l'on pensait égaré quelque part entre New-York, Munich et Buenos Aires. Si la victoire de mardi a prouvé une chose, c'est bien celle-ci : la Juve a perdu un bout d'elle-même certes, mais en aucun cas sa motivation et sa soif de victoires.

Trois de perdus, dix de retrouvés ?


On le savait, cela a été dit, redit et répété : en changeant sa vieille ossature, la Juventus allait en baver. Du temps, il en a fallu et il en faudra encore certainement beaucoup avant que les vice-champions d'Europe ne retrouvent leur stabilité d'antan. Et des réveils difficiles, Max Allegri en connaîtra encore un bon paquet. Néanmoins, l'important était de ne pas passer à côté du sien (de réveil). Sur Internet, mardi, juste après le coup de sifflet de monsieur Skomina, de nombreux tifosi ont eu les mêmes mots et la même réaction : « Notre saison est officiellement lancée. » Lancée oui, relancée, pas encore.


Ça ne fait peut-être que trois matchs et quelques semaines, mais en un mois, la Juve a déjà pris huit points de retard sur le leader milanais. Et huit points, comme Rudi Garcia le sait, c'est énorme. Surtout dans un championnat où, pour la première fois depuis quatre ans, les Bianconeri ne font plus cavaliers seuls. Pendant que la Vieille Dame changeait de tête cet été, la Serie A, elle, s'est payée un nouveau leader. S'il l'on est sûr de rien à ce stade de la saison, on peut néanmoins avancer sans crainte de (trop) se planter que, cette année, la Juve ne finira pas première avec dix-sept points d'avance.

Patience


S'il y a un mot difficile à entendre pour un tifoso juventino en cette rentrée 2015, ce n'est pas forcément « défaite » comme pourraient le croire certains mais «  patience » . Une notion chère à Max Allegri et aux dirigeants turinois, un peu moins aux spectateurs du Stadium. Samedi soir, à l'issue du match nul face au Chievo Vérone, l'antre noir et blanc a sifflé ses soldats. Une première depuis longtemps. Vraiment longtemps. Suite à ce micro incident Leonardo Bonucci a rapidement dégainé la lance à incendie. Lundi, sur sa page Facebook, le défenseur italien s'est fendu d'un message de recadrage : « Il est facile de venir au stade et d'applaudir quand tout va bien. Le vrai tifoso applaudit pour aider l'équipe quand la période est difficile. La Juventus est faite de ceux qui montent sur le terrain, qui vont sur le banc, qui viennent au stade et de ceux qui suivent l'équipe à la télé. La devise de la Juve, c'est "Fino Alla Fine". Il faut donc rester unis jusqu'à la fin. » Mercredi prochain, trois jours après son déplacement à Gênes, les Turinois se produiront de nouveau au Juventus Stadium. En face prendront place les promus de Frosinone, à présent lanterne rouge avec zéro point au compteur et un seul but marqué. L'occasion idéale pour Bonucci et ses hommes de relancer leur saison. Et, aussi, d'enterrer encore un peu plus cette vilaine notion de « patience » .

Par Morgan Henry
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