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Quand la Fiorentina a entubé le Scudetto à la Lazio

La Lazio retrouvera en fin d'après-midi la Fiorentina et la pelouse du stadio Artemio Franchi. Un déplacement qui risque de ne pas rappeler que des bons souvenirs aux tifosi laziali, puisque c'est là que les hommes de Sven-Göran Eriksson ont abandonné le Scudetto en 1999.

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Samedi 15 mai 1999. 33e et avant-dernière journée de Serie A. En tête depuis la 21e journée, la Lazio n’a plus qu’un point d’avance sur le Milan AC avant son déplacement sur la pelouse d’une Fiorentina encore invaincue à domicile. Les Rossoneri, eux, ont un programme bien plus tranquille avec la réception d’un Empoli déjà relégué qui a tout de la victime idéale. Et c’est d’ailleurs bien le cas, puisque les hommes d’Alberto Zaccheroni ne font qu’une bouchée des Toscans (4-0). Oliver Bierhoff a mis un triplé, Leonardo a ajouté son nom au tableau d’affichage en fin de match, tout va bien pour les Milanais. Présent en tribune d’honneur de San Siro, Silvio Berlusconi ne pense plus qu’à une chose : s’informer du résultat des Laziali auprès du premier journaliste qu’il croise. Et les nouvelles sont bonnes pour le Cavaliere qui est mis au courant du résultat nul à l’Artemio Franchi (1-1). Tout sourire, Silvio peut savourer le sorpasso de son Milan. La Lazio vient de laisser filer un championnat qui lui était promis un mois plus tôt. Car le Diavolo ne laissera pas passer sa chance d’empocher un seizième Scudetto le dimanche suivant à Perugia (1-2). Un dénouement complètement fou.

Le meilleur championnat du monde


Cette saison 1998/1999 fait indéniablement partie des plus incroyables de l’histoire de la Serie A. Retour en arrière. Au lendemain du sacre des Bleus en Coupe du monde, s’aventurer à des pronostics s’avère déjà bien compliqué. Car, sur la ligne de départ, les favoris jouent des coudes et ils sont nombreux. Championne en titre, la Juve de Zidane – qui sera élu Ballon d'or en cours de saison - repart avec un effectif monstrueux et quasiment inchangé. Deuxième la saison précédente, l’Inter a effectué un gros mercato avec l’arrivée de Roberto Baggio et d’une foule de jeunes prometteurs (Pirlo, Ventola, Spinesi, Cristiano Zanetti, Kallon, Sébastien Frey, Zoumana Camara, Mikaël Silvestre, Ousmane Dabo). Le Milan a, lui, fait le choix de miser sur Zaccheroni qui a emmené dans ses valises Bierhoff et Helveg. Mais c’est surtout la Lazio, qui a gagné la Coupe d’Italie, qui impressionne en dépensant plus de 100 millions d'euros, et pas de n’importe quelle manière : ce sont des noms comme Vieri, Salas, Mihajlović, Stanković, De la Peña, Sergio Conceição ou encore Couto qui débarquent à Rome.

Et la saison commence bien, puisque les Biancocelesti remportent justement la Supercoupe d'Italie sur la pelouse de la Juventus (1-2), prouvant qu'il faudra compter sur eux.

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La Lazio débute toutefois son championnat par un nul décevant sur la pelouse de Piacenza. Surtout, derrière, c'est la tuile. Christian Vieri se blesse, rejoignant à l'infirmerie Alessandro Nesta, gravement blessé pendant la Coupe du monde. Deux absences qui vont lourdement peser pendant toute la première saison. De fait, au soir de la onzième journée, la Lazio ne pointe ainsi qu’à la 10e place, après avoir gâché deux buts d’avance dans le derby de Rome (3-3).


C'est alors la Fiorentina de Batistuta et Rui Costa qui mène la danse, devant le Parme de Buffon et Crespo. Derrière, le Milan n’est pas bien loin de la tête, tout comme la Juve et l’Inter. Ce ne sera pas le cas bien longtemps. Désorganisée par la grave blessure au genou de Del Piero, la Vieille Dame va complètement sombrer, au point que Lippi démissionnera et sera remplacé par Ancelotti. Pareil pour l’Inter - pas aidée par les blessures à répétition de Ronaldo - qui ne trouvera jamais la bonne formule et usera pas moins de 4 entraîneurs (Simoni, Lucescu, Castellini, Hodgson).

Le doublé de Henry


Pendant ce temps-là, Sven-Göran Eriksson trouve, lui, enfin le bon équilibre à la Lazio. Nesta fait son retour, et celui-ci correspond au début d'une série de 9 victoires consécutives. Salas n’en finit plus de marquer, Mihajlović enfile les coups francs comme les perles, Mancini s’offre une véritable cure de jouvence, et pour couronner le tout, le retour de blessure de Vieri en janvier est une franche réussite. La Lazio enchaîne ainsi 16 matchs sans défaites en Serie A, avec 13 victoires pour 3 matchs nuls. Avant le derby retour programmé à la 28e journée, les Laziali ont ainsi effectué une incroyable remontée et se retrouvent en tête avec 6 points d’avance sur la Fiorentina, 7 sur le Milan et 8 sur Parme. À sept journées de la fin du championnat, tout le monde promet le titre aux Biancoceleste.


Eriksson sait toutefois que rien n’est encore joué et le rabâche à qui veut bien l’entendre : « Quatre équipes peuvent encore jouer le titre. On se prépare à une guerre chaque dimanche » , calme ainsi l’entraîneur suédois. Un homme averti en vaut deux, mais ça ne suffit pas toujours. La Lazio est d’abord battue par la Roma (3-1). Vieri a eu beau entretenir l’espoir, Del Vecchio et Totti ont martyrisé la défense laziale, et Nesta s’est même fait expulser. Le futur Milanais n’est donc pas de la réception de la Juve, lors de la journée suivante. Sans lui, la Lazio prend à nouveau l’eau (1-3), avec un doublé de Thierry Henry pour les Bianconeri, et une bourde du gardien Marchegiani devenue célèbre. Le Milan AC en profite pour revenir à un petit point après avoir gagné le choc face à Parme (2-1) et battu facilement l’Udinese (5-1). Incroyable, surtout au vu du niveau de jeu moyen affiché tout au long de la saison par les hommes de Zaccheroni, qui ont la particularité d’avoir décroché pas moins de cinq victoires et deux nuls avec un but après la 85e minute. Signe d’une équipe qui y croit jusqu’au bout.

La remontée du Milan, l'erreur de Treossi


Le sprint final peut débuter et il ne met plus aux prises que Biancocelesti et Rossoneri, puisque la Fio - qui a pâti de la grave blessure de Batistuta – et Parme sont désormais largués. Emmenée par un Vieri inarrêtable, la Lazio s’impose à l’extérieur face à la Samp (0-1) et l’Udinese (0-3), puis prend le meilleur à domicile sur Bologne (2-0). Le Milan répond avec une victoire solide à Vicenza (0-2), puis un autre miracle face à la Samp (3-2) avec un but à la 95e minute de Ganz sur une frappe déviée, et enfin et surtout un succès probant au Stadio delle Alpi face à la Juve (0-2) avec un doublé de George Weah. Arrive alors la fameuse 33e journée. La Lazio se déplace chez la Fiorentina, le Milan reçoit l'Empoli. Les matchs ont été avancés au samedi, car le mercredi suivant, les Laziali doivent disputer la finale de la Coupe des coupes face à Majorque.


À Florence, c'est l'inévitable Batigol qui ouvre le score. Mais Vieri remet rapidement les compteurs à zéro. En seconde période, le suspense est dingue. L'arbitre de la rencontre, M. Treossi, oublie de siffler un penalty gros comme une maison pour une faute de Mirri sur Salas. Une grossière erreur que ce dernier reconnaîtra lui-même quelques années plus tard : « Il y avait penalty, et je demande pardon à tous les tifosi de la Lazio pour ne pas avoir réussi à le voir. Je me rappelle très bien de l’action. La Fiorentina était en attaque et avait perdu la balle, ensuite le contre biancoceleste fut très rapide. J’étais en retard et quand la faute a été commise, je n’ai pas pu prendre la bonne décision, aussi parce que je ne fus pas aidé par mon assistant » , a ainsi avoué l’homme au sifflet. Une bonne foi dont les supporters laziali n’ont certainement eu que faire. Surtout lorsque l'on sait que Treossi était, selon certaines rumeurs, ami avec Alberto Zaccheroni, avec qui il aurait même partagé des vacances à Cesenatico... Aussi, dans la foulée de cette erreur, ce même arbitre avait sifflé un penalty limite en faveur des Florentins, que Marchegiani avait toutefois repoussé devant Rui Costa.

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De quoi apporter pas mal d’eau au moulin du président laziale Sergio Cragnotti, persuadé à l'époque de l’existence d’un complot anti-Lazio. Une thèse appuyée par ce but injustement annulé pour hors-jeu à Vieri lors de la confrontation directe face au Milan AC, quelques semaines plus tôt. Après avoir déjà soulevé la Coupe des coupes, La Lazio finira par se consoler en remportant la Supercoupe d'Europe en août et, surtout, un historique doublé Scudetto-Coupe d'Italie en mai 2000. Preuve de l'immense qualité de l'équipe biancoceleste à cette époque.



Par Eric Marinelli

Dans cet article

Donc ça veut dire qu'on peut entuber quelque chose à quelqu'un ?
Note : 1
Quelle époque… Dans les sept meilleures équipes du championnat (Juve, Milan, Inter, Lazio, Roma, Fio, Parme) t'avais au moins 2 cracks. C'était dingue!
Et les parties USM 98-99 après ça… snif
maxlojuventino Niveau : Ligue 1
Note : 1
Quand on est supporter italien et qu'on voit à quoi ressemblait la Serie A à l'époque, on ne peut-être que nostalgique.
Y avait des chocs en veux tu en voilà tous les weeks end, des stars dans toutes les équipes, des grands entraineurs, des stades encore garnis et en coupe d'europe ça gagnait tous les ans...

Certes la Serie A actuelle fait plaisir à voir, depuis trois ans on assiste à un renouveau tactique, avec des équipes beaucoup plus joueuses et qui font de la possession une question de principe, mais on a plus les plus grands joueurs du monde qui se bousculent sur les terrains italiens. :(

Heureusement les meilleurs joueurs italiens continuent de jouer en Italie et les clubs font preuve d'intelligence en recrutant un gros paquet de joueurs prometteurs aux quatre coins du monde.

Par contre il faut vraiment s'y mettre pour refaire tous les stades, c'est vraiment trop lent de ce côté là. Seules la Juve et l'Udinese ont un nouveau stade. Pendant ce temps, ça stagne à Rome et Milan...
Arsène's Way Niveau : DHR
Je parlais de la Liga de la fin des années 90/début des années 2000 dans l'article sur Zidane mais la Série A, c'était quelque chose d'autre à cette époque aussi ..
Pour moi, le début du siècle symbolise l'apogée en terme de niveau moyen du football pratiqué dans le monde
Message posté par Arsène's Way
Je parlais de la Liga de la fin des années 90/début des années 2000 dans l'article sur Zidane mais la Série A, c'était quelque chose d'autre à cette époque aussi ..
Pour moi, le début du siècle symbolise l'apogée en terme de niveau moyen du football pratiqué dans le monde


Pas d'accord. Si le niveau de la Liga te paraissait plus élevé au début du siècle, c'est que plusieurs équipes pouvaient prétendre au titre. Aujourd'hui il n'y en a que deux, voire trois, mais le niveau n'en a, selon moi, pas baissé pour autant.
Je ne pense pas que le niveau global ai régressé, mais seulement qu'il s'est réparti sur d'autres championnats, comme la Bundesliga, qui n'était pas aussi compétitive au début du siècle
Malheureusement max en terme de complexité bureaucratique l'Italie surpasse la France et dieu sait qu'il faut le faire...il n'y a qu'à voir où en était arrivé Cellino à Cagliari (construction d'un nouveau stade dans une commune limitrophe avec un faux permis de construire)...Le projet du Milan est tombé à l'eau, et celui de la roma prend malheureusement le même chemin.

Le meilleur moyen d'arriver à mener un projet à terme est de rénover un stade existant, comme on l'a fait à udine, où on a aussi eu la chance de tomber sur un maire très coopératif. En tous cas tant que l'Italie n'obtiendra pas l'organisation d'une grande compétition internationale c'est la seule voie à suivre.
Ces 2 saisons 1998-99 et 1999-2000 ont du provoquer pas mal d'infarctus chez les supps de plein d'équipes.
Milan champion en 99 c'était une grosse surprise, déjà sur le papier c'était quand même moins sexy que la surpuissante Lazio. Même si j'aurais préféré la Fiorentina, ce doit être un des rares titres gagnés par le Milan alors qu'ils n'étaient pas favoris.
Mais au moins ça a permis à Bierhoff de couronner sa magnifique carrière italienne par un titre, et à Boban de finir en protagoniste alors que les années précédentes il n'était pas une star de l'équipe.
Sans oublier la saison 2001-2002 avec la juve qui coiffe l'inter sur le fil...on se régalait vraiment à cette époque la. Le championnat etait impitoyable, il y avait 4 relégués pour 18 equipes, des barrages en cas d'égalité de points sur les places décisives...Je me mettais sur les ondes AM de mon Walkman pour écouter les matchs sur radio rai les dimanches après midi au lieu de faire mes devoirs...c'est comme ça que j'ai appris l'italien. Putain d'époque!
Même si le petit renouveau actuel fait plaisir ça ne retrouvera jamais son charme d'antan!
Message posté par maxlojuventino
Quand on est supporter italien et qu'on voit à quoi ressemblait la Serie A à l'époque, on ne peut-être que nostalgique.
Y avait des chocs en veux tu en voilà tous les weeks end, des stars dans toutes les équipes, des grands entraineurs, des stades encore garnis et en coupe d'europe ça gagnait tous les ans...

Certes la Serie A actuelle fait plaisir à voir, depuis trois ans on assiste à un renouveau tactique, avec des équipes beaucoup plus joueuses et qui font de la possession une question de principe, mais on a plus les plus grands joueurs du monde qui se bousculent sur les terrains italiens. :(

Heureusement les meilleurs joueurs italiens continuent de jouer en Italie et les clubs font preuve d'intelligence en recrutant un gros paquet de joueurs prometteurs aux quatre coins du monde.

Par contre il faut vraiment s'y mettre pour refaire tous les stades, c'est vraiment trop lent de ce côté là. Seules la Juve et l'Udinese ont un nouveau stade. Pendant ce temps, ça stagne à Rome et Milan...


Le leadership de la liga s'explique il par l'impunité qu'ont les clubs espagnols au niveau déficit (les clubs italiens ne dépensent plus), ou la capitalisation des marques "Real" "Barca" locomotives du championnat espagnol
ou en sont les locomotives en italie, (a part la juve qui s'en sort bien vu l'historique mais qui a des moyens assez limités)
Milan AC : No comment
Inter : Remember l'epoque Moratti fin 90's (résultats sportifs médiocres au regard des investissements ..)
Lazio : Idem avec l'époque Cragnotti..
Parme : No comment

Cela pourrait être l'opportunité pour faire "monter" des locaux, mais visiblement les sud américains ont toujours plus les faveurs des dirigeants italiens (le vivier est pourtant énorme , avant l'arrêt bosman l'italie dominait l'europe du foot, et les equipes de jeunes italiennes ont toujours eu de bon résultats..)

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