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Quand la chance a quitté Andrea Fortunato

Le 22 avril 1995 s'éteignait à Perugia Andrea Fortunato, joueur de la Juventus atteint d'une leucémie. Retour sur sa vie, son ascension, sa maladie, sa bataille.

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En italien, « fortunato » signifie «  chanceux » . Pourtant, le destin d'Andrea Fortunato, lui, n'a rien de chanceux. Bien au contraire. La vie de cet ancien défenseur latéral de la Juventus s'est arrêté le 25 avril 1995, il y a tout juste 22 ans. Une histoire tragique pour un joueur dont la carrière était jusqu'ici parfaite, entre ascension fulgurante et rêves de grandeur. Un mal incurable, et pourtant tous, y compris les médecins, ont cru qu'Andrea, véritable battant, allait s'en sortir. À tel point que, quelques jours avant sa mort, ses meilleurs compagnons, Vialli, Ravanelli et Baggio, l'avaient appelé en lui donnant rendez-vous à l'entraînement.

Repéré par le Genoa


L'histoire d'Andrea Fortunato débute à Salerne, dans le sud de l'Italie. Comme la plupart des gamins, il joue dans la rue et sur les petits terrains improvisés. Né dans une famille bourgeoise (père cardiologue, mère bibliothécaire), il rêve de foot et d'une carrière professionnelle. Mais ses parents veulent qu'il fasse des études. Alors, Andrea fait la promesse à ses parents de ne jamais abandonner les études à côté du foot. Il commence donc à pratiquer le foot en club, à la Giovane Salerno, et se montre irréprochable à l'école en parallèle. Mais à l'âge de 13 ans, il est repéré par le directeur sportif du club de Côme, Sandro Vitali, et accepte de déménager en Lombardie pour cultiver son rêve. Tout en continuant, évidemment, de remplir avec assiduité ses cahiers.


À Côme, il s'accomplit en tant que joueur et obtient le sésame qu'il était venu chercher : une première apparition chez les pros le 29 octobre 1989, pour un Côme-Cosenza en Serie B. Andrea n'a alors que 18 ans. Côme est finalement relégué en Serie C1 en fin de saison, et pendant l'été, Eugenio Bersellini devient le nouvel entraîneur du club. C'est lui qui convoque personnellement Fortunato et lui demande de rester, car il croit beaucoup en lui. Des paroles aux actes : Bersellini offre un maillot de titulaire au gamin de 19 ans, qui s'impose comme l'une des révélations de la saison. Côme termine deuxième de D3, s'incline en finale des play-offs pour remonter, mais les prestations de Fortunato ne sont pas passées inaperçues. Il a été repéré par le Genoa d'Aldo Spinelli, qui vient de terminer à la quatrième place de Serie A. Une opportunité que le joueur ne peut refuser. Et le voilà qui signe pendant l'été 1991 au Genoa pour 4 milliards de lires, l'équivalent de 2 millions d'euros.

La belle année 1993


Problème, au Genoa, la progression de Fortunato se trouve interrompue par un épisode malheureux. Lors d'un entraînement, Andrea, pourtant réputé comme un garçon calme et gentil, s'embrouille violemment avec l'entraîneur adjoint, Sergio Maddè. En guise de punition, le coach, Osvaldo Bagnoli, décide de l'envoyer en prêt à Pise. « Je ne supporte pas la grossièreté. Maddè m'a mal parlé, je lui ai répondu de la même manière. Bagnoli m'a alors dit que j'étais arrogant et j'en ai payé le prix. Mais je ne regrette rien  » , racontait-il. Son prêt à Pise est finalement bénéfique, puisque Fortunato dispute 25 matchs de Serie B. Lorsqu'il rentre à Gênes à la fin de la saison, il est tout heureux d'apprendre que le duo Maddè-Bagnoli s'est tiré à l'Inter. Le nouvel entraîneur du Griffon, Bruno Giorgi, va lui filer le poste d'arrière latéral titulaire sans broncher. Fortunato d'un côté, Panucci de l'autre, le Genoa peut alors compter sur l'un des plus beaux duos de latéraux de la Botte.


1993 est une année importante dans la vie du joueur. Probablement la plus belle, l'apogée. Le 6 juin 1993, lors de la dernière journée de championnat, il inscrit le but égalisateur face à l'AC Milan à dix minutes de la fin. Un but importantissime, puisqu'il permet au Genoa s'assurer son maintien en Serie A.

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Quelques jours plus tard, Andrea est contacté par la Juventus, son club de cœur depuis toujours. Il a tapé dans l'œil de Giovanni Trapattoni, qui veut en faire son latéral. Il débarque ainsi à Turin pour 5 millions d'euros, en même temps qu'un certain Alessandro Del Piero, 18 ans. Cerise sur le gâteau le 22 septembre 1993. À 22 ans, Andrea Fortunato honore sa première cape avec la Nazionale, contre l'Estonie. Nous sommes alors à neuf mois du Mondial américain et, forcément, au vu de son ascension, le natif de Salerne s'y voit déjà.

Leucémie lymphoïde chronique


Sa première saison turinoise est convaincante. Infatigable sur son aile, il est, de fait, l'un des joueurs préférés du Trap. Mais au printemps, Fortunato commence à se sentir fatigué, lessivé, à tel point que ses performances s'en ressentent. Il fait moins d'efforts sur le terrain, lui qui a toujours été un concentré d'énergie. Les ultràs de la Juve s'en prennent même à lui après l'élimination en Coupe UEFA, en lui reprochant de « ne pas se la donner suffisamment » et de « vivre la dolce vita » . Il n'est finalement pas convoqué par Arrigo Sacchi pour la Coupe du monde. Et attend impatiemment l'été pour se reposer et repartir du bon pied. Mais le 20 mai 1994, lors d'un match amical de fin de saison, la situation empire. Fortunato doit quitter la pelouse et confie au médecin du club qu'il se sent « au bout du rouleau » . Les résultats des analyses sont terribles : Andrea est atteint de leucémie lymphoïde chronique (LLC).


Les fans qui l'avaient critiqué s'excusent publiquement, et la Juventus s'unit autour du joueur. «  Il peut guérir. Andrea est jeune, sa trempe robuste va l'y aider » , assurent les médecins. Mais la situation est beaucoup plus grave que ça, comme l'assure d'ailleurs son père Giuseppe, cardiologue. Il lui faut une greffe de moelle osseuse. Mais aucun donneur compatible n'est trouvé. Alors, Andrea passe trois semaines en soins intensifs. Ceux-ci semblent faire effet. Le joueur bianconero va mieux, les globules blancs en excès reviennent à des valeurs normales. On parle même de rémission. Mais pour une guérison totale, il faut ce don de moelle osseuse. Or, il n'y a que trois donneurs compatibles dans le monde entier. Les médecins essayent alors de lui transfuser les cellules saines de sa sœur Paola. La bataille pour la vie est sans relâche.

La renaissance et la rechute


Le 11 août 1994, Andrea est transféré dans un service pré-stérile de l'hôpital de Perugia. Il peut parler au téléphone avec ses coéquipiers ou lire des journaux stérilisés au préalable. Une situation aberrante lorsque l'on sait que, trois mois plus tôt, il était encore sur la pelouse avec la Juventus. Et juste après la mi-août, la terrible nouvelle : son corps a rejeté les cellules saines de sa sœur. Retour à la case départ, mais avec un énorme coup au moral en plus. Son père Giuseppe prend alors les choses en mains. Pour sauver son fils, il accepte de lui donner les cellules de sa moelle osseuse. Une opération compliquée, mais miraculeusement, la greffe semble prendre. Andrea commence à aller mieux, il peut quitter le service pré-stérile et retourner dans un service normal. Son pote Fabrizio Ravanelli lui téléphone tous les jours, Andrea lui promet qu'il sera bientôt de retour.


Et cette affirmation ne semble plus être une utopie lorsque, le 14 octobre, Fortunato est autorisé à quitter sa chambre d'hôpital pour rentrer chez lui. Hôpital la journée pour la thérapie, domicile le soir. Un premier pas vers la renaissance. Il reprend tout doucement les entraînements physiques, et rend même visite à ses coéquipiers de la Juventus lors d'un déplacement à Gênes. La confiance augmente de jour en jour quant à une guérison totale, mais en avril 1995, la rechute. Brutale. Une banale infection détruit ses défenses immunitaires. Andrea est hospitalisé d'urgence, mais cette fois-ci, aucun miracle. Le joueur décède le 25 avril 1995, provoquant un véritable émoi en Italie, et surtout à la Juventus. Les journaux télévisés repassent alors en boucle les images d'une interview datant de juin 1993, au moment où il venait de signer à la Juventus. À la question : « Que faut-il pour devenir un grand joueur, outre le talent ? » , Andrea Fortunato avait alors répondu : « De la chance. »

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Par Éric Maggiori
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