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Quand il aime, Florentino ne compte pas

Entre 120 et 145 millions d’euros pour Gareth Bale ? Bah ouais. Ne faites pas les effarouchés. À Madrid on ne fait pas semblant de s’offusquer. Ici l’argent n’est pas un problème. C’est une preuve d’amour. Voici l’éloge du meilleur d’entre nous.

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En 2000, quand le monde était encore tranquille et qu’il suffisait d’acheter, de faire fructifier, puis de revendre pour continuer encore à acheter, Florentino Pérez était un inconnu. À cette époque, le football appartenait encore aux « futboleros » , comme il les appelle. Ce sont les journalistes, les consultants, les directeurs sportifs, les agents, les anciens joueurs, les Arsène Wenger, les Peter Kenyon, les Agnelli, et tous ces gens qui s’y connaissent et qui pensent que le foot, c’est eux. À cette époque, le Real avait pour président un homme aux drôles de manières, qui remplissait les coffres de voiture de billets de banque pour jouer au poker avec son collègue de l’Atlético, mais qui ensuite gagnait des Coupes d’Europe (1998, 2000). Quand Lorenzo Sanz avance les élections pour capitaliser sa deuxième victoire en finale de Ligue de Champions en 2000, n’importe qui lui aurait offert la désignation divine. Mais ici, c’est Madrid. La morale importe autant que la victoire. À la surprise du monde, un binoclard remporte l’élection en promettant d’assainir les finances, d’effacer la dette du club (250 millions d’euros) et de retrouver les valeurs du madridisme. En dix ans, le petit binoclard est devenu Florentino et a rempli toutes ses promesses, inventé les Galactiques et révolutionné l’industrie du foot.

Bien sûr que c’est trop

Voilà que cet homme veut maintenant se payer Gareth Bale. À Madrid, rassurez-vous, on sait bien que 120 (ou 145, ou 150 ou peu importe) millions d’euros pour un joueur qui n’a jamais remporté qu’une Coupe de la Ligue, c’est beaucoup trop d’argent. On se doute bien que dans toutes les rédactions, les chaumières ou les conseils d’administration du monde, on s’offusque, on s’étrangle, on bouillonne. Mais « rassurez-vous, nous avons bien l’intention de les payer » , disait Valdano aux correspondants étrangers indignés par les 95 millions payés pour Ronaldo en 2009. Il y a beaucoup trop d’argent dans le football, beaucoup trop de vautours et encore plus de jaloux. Le transfert de Bale serait « démesuré » . Ce serait une honte même pour ceux qui pensaient que Ronaldo, lui, valait bien 95 millions, Cavani 64 millions, Crespo 55 millions, Buffon 54 millions, Mendieta 48 millions, Rio Ferdinand 46 millions, Pastore 43 millions. Mais qui est le plus cupide ? Celui qui achète ou celui qui vend ? Le Real Madrid n’est pas City, United, PSG, la Juve ou n’importe quel autre club. C’est une association sportive qui appartient à ses adhérents. Là où dans toutes les assemblées d’actionnaires du monde 1 euro = 1 voix (le plus riche est le plus puissant), au Real l’argent n’est pas le maître. Ici, 1 personne = 1 voix. Peu importe le montant de son compte en banque, n’importe quel socio du club a voix au chapitre. Florentino est l’un d’eux. C’est un supporter devenu président.

Noël pendant les soldes ?

Pour le Real, un des rares clubs du top 10 qui s’autofinancent à 100% (514 millions d’euros annuels, bénéfice net de 24 millions pour 2012), payer beaucoup trop cher pour un joueur est un orgueil. C’est une façon de dire que le Real est différent, que son modèle est unique et qu’il surplombe tous les autres banquiers, rois du pétrole, mécènes russes ou empereurs des médias. Sa richesse, le Real ne la doit qu’à lui-même et à sa légende. Au Real, l’argent sert à imaginer des saisons faites d’exploits, de beaux gestes, de buts impossibles, d’ambiance électrique pour une demi-finale de Coupe d’Europe, de remontadas en plein mois de février. Comme les parents à Noël, le Real paie les jouets les plus chers du monde à ses enfants une fois par an, juste pour leur dire qu’il les aime. Le moindre de leur éclat de rire vaut bien une nouvelle console, une dînette pliable ou une poupée qui fait pipi. Attendre un peu pour se payer le joueur le plus cher du monde, c’est redevenir médiocre, c’est attendre les soldes pour les cadeaux de Noël, c’est partir en vacances en septembre parce que c’est moins cher.


Florentino est un enfant devenu président

Non Florentino - dont beaucoup de décisions sportives sont sujettes à discussion, certes – a lui aussi été un enfant. Son plaisir à lui, c’est de faire plaisir. Rien n’est trop beau, ni trop cher, ni trop luxueux pour la « meilleure afición du monde » . Florentino est un président subversif, parce que l’argent n’est pas un problème, parce que toujours payer trop cher est une autre manière d’être grand, parce qu’être le plus riche du cimetière ne l’intéresse pas. Le Real peut bien se payer ce qu’il veut. Il n’a rien à voir avec tous ces parvenus qui vivent à son crochet. Perez mérite un éloge parce qu’il s’en fiche bien de la morale judéo-chrétienne, du jansénisme journalistique et de la rationalité économique. Florentino est un enfant devenu président, un ado au milieu des adultes, un baroque au milieu des classiques. Florentino, c’est nous, en plus riche.

Par Thibaud Leplat, à Madrid
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