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Quand Guingamp recevait l'Inter au Roudourou

L'En Avant débute sa campagne de Ligue Europa ce jeudi soir contre la Fiorentina. Dix-huit ans plus tôt, les Bretons défiaient l'Inter Milan. C'était l'époque de Rouxel, Carnot, de la butte du Roudourou et d'une équipe qui ne respectait rien. Même les grands d'Italie.

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C'est une époque que les moins de 20 ans ne connaissent pas et ne peuvent même pas imaginer. Une époque où l'on pouvait rentrer du collège un mardi, excité à l'idée de voir des clubs français évoluer en C3, une époque où la Ligue des champions n'avait pas vampirisé toute l'attention médiatique, une époque où Canal + envoyait son duo vedette (Thierry Gilardi – Michel Platini) commenter un 32e de finale de Coupe de l'UEFA entre Guingamp et l'Inter Milan. C'était un 10 septembre 1996. Entre l'équipe de la sous-préfecture des Côtes-d'Armor et un des clubs les plus riches du monde, la rencontre n'aurait jamais dû avoir lieu. Mais la magie d'un tirage au sort avait mis les Bretons rescapés de feu la Coupe Intertoto sur la route d'un Inter où Massimo Moratti avait fait chauffer la carte bleue familiale durant l'été (arrivées d'Angloma, Djorkaeff, Winter, Sforza, Zamorano et quelques autres). Correspondant pour Ouest-France à l'époque, Philippe Perron resitue le contexte de cette rencontre. « Cette équipe de Guingamp venait du National et n'arrêtait pas de défier la logique. Les joueurs étaient dans un état d'esprit où cela devenait normal pour eux. Ils enchaînaient les victoires et, finalement, l'Inter n'était presque qu'une marche supplémentaire dans leur progression.  » Pas de quoi effrayer cependant un des favoris de la compétition, même si Roy Hodgson (alors entraîneur de l'Inter) évoque « un tirage piège » .

Normes UEFA et galette au sarrasin


Les Guingampais sont, eux, surtout remontés contre… l'UEFA. « Les gens ne sont pas trop contents parce que l'UEFA n'a autorisé que 7 000 places au Roudourou, déplore le meneur de jeu Stéphane Carnot avant la rencontre. Les supporters râlent parce qu'ils n'ont pas de billet ou parce que c'est trop cher. » Le Roudourou ne dispose pas encore de tribunes derrière les cages et entasser 3 000 supporters sur une butte en terre n'entre pas vraiment dans les normes érigées pas l'UEFA. «  Je n'ai eu que deux places, n'a pas oublié le défenseur Jérôme Foulon. Une pour ma femme, une autre pour mon fils, ç'était vite vu. » Un certain Étienne Didot, alors âgé de 13 ans, parvient à convaincre ses parents de le dispenser d'une sortie scolaire pour ne pas rater l'événement. Philippe Perron doit quant à lui, en tant que syndic de presse, gérer 80 journalistes : « Il y avait une vraie curiosité pour ce match de la part des médias nationaux, mais aussi italiens. Je me souviens que la ville avait prévu un buffet avec des spécialités bretonnes.  » Un voyage placé sous le signe de la gastronomie pour des journalistes italiens qu'on voit découvrir les plaisirs de la galette de sarrasin en terrasse.

Sur le terrain, l'Inter se régale beaucoup moins. Pendant 25 minutes, les Italiens ne voient pas le ballon. Stéphane Carnot et Vincent Candela manquent d'ouvrir le score et Jérôme Foulon sent le bon coup à jouer. « Les Italiens disaient se méfier de nous et étaient assez respectueux. Mais sur le terrain, on a senti qu'ils n'étaient pas dans un grand jour. Inconsciemment, ils ont dû se dire que ça serait un match facile.  » Mais Maurizio Ganz jette un froid sur le Roudourou sur la seule occasion de l'Inter en première période. « C'est peut-être fou de dire ça, mais j'ai le souvenir qu'on s'est baladé  » , assure Foulon préposé au marquage de Youri Djoarkaeff. « J'avais un grand respect pour lui. J'aurais pu lui demander son maillot, mais je n'ai pas osé. Cela se faisait beaucoup moins que maintenant à l'époque.  »

« Comment on a pu perdre ce match 3-0 ? »


Effectivement, les hommes de Francis Smerecki ne sont pas là pour se prendre en photo avec leurs adversaires. Carnot - encensé par le Platini consultant - rate une occasion d'égaliser et son équipe craque en fin de match. Djorkaeff double la mise sur pénalty, l'arbitre espagnol de la rencontre ferme les yeux sur une main italienne dans la surface et expulse ensuite le Polonais Jozwiak. En fin de match, Ciriaco Sforza nettoie la lucarne d'Angelo Hugues. Même avec le recul, Jérôme Foulon ne digère toujours pas. « Je ne sais toujours pas comment on a pu perdre ce match 3-0. C'est sans doute le réalisme et l'expérience de la Coupe d'Europe  » , essaye de comprendre l'actuel entraîneur de Maubeuge en DH. Présent au Roudourou, le sélectionneur Aimé Jacquet a mal à son football français. « L'En Avant méritait cent fois d'en mettre un au fond, raconte-il à L'Équipe. Mais c'est ça le haut niveau, ça ne pardonne pas. »


L'Inter a fait le boulot, mais Roy Hodgson a la victoire modeste en conférence de presse. « Si Guingamp vient nous battre 0-4 à San Siro, je n'oserai sans doute pas me présenter devant vous  » , prévient le technicien anglais. Dans un Sans Siro au trois quarts vide, les Bretons arracheront le 1-1 grâce à un but de Christopher Wreh. De cette double confrontation face au futur finaliste, Philippe Perron tire une parabole avec le feuilleton de l'été dans le football français. « Ce match contre l'Inter symbolise la dimension humaine du foot. Guingamp, c'était le Luzenac de l'époque, un Luzenac à qui on a laissé sa chance.  » A priori, l'Inter Milan ne devrait pas venir tout de suite dans l'Ariège.



Par Alexandre Pedro
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AirForceOne Niveau : CFA2
Ah le bon vieux temps des Samuel et Coco Michel de Stéphane Carnot de Christophe le Roux (je sais pas s'il était au match)
Je ne savais pas que Candela et Angelo Hugues avaient joue en Bretagne.
Gravelaine y était ou alors il avait changé 3 fois de clubs depuis ?
He oui, le club qui a révélé Candela, avant qu'il ne parte en Italie ! Ce match, j'en ai entendu parlé toute ma jeunesse. Que de souvenirs ! Merci So Foot.
kaisersauzee Niveau : Loisir
Je sais pas si t'as la culture du viol, pedro mais t'as clairement des manques en culture bretonne. On dit pas galette de sarazin mais crêpe de blé noir, sauf si on est un connard de rennais.
Ouaich Buch' Niveau : DHR
Mihali/Jozwiak ça respirait pas la poésie... une autre époque !
C'était sympa , à l'époque.
Coupe de l'UEFA le mardi soir en entrée.
Ligue des champions le mercredi soir en plat principal.
Coupe des coupes le jeudi soir en dessert.

Ca semble si lointain ...
Message posté par Santana
C'était sympa , à l'époque.
Coupe de l'UEFA le mardi soir en entrée.
Ligue des champions le mercredi soir en plat principal.
Coupe des coupes le jeudi soir en dessert.

Ca semble si lointain ...


Entièrement d'accord avec toi.

Il y avait une magie et une attente que je ne ressens plus du tout aujourd'hui.

Les équipes avaient une identité.

Les Anglais avait le Kick And Rush, les Espagnols taquinaient le ballons, les Italiens te la jouaient faux rythme et maîtres es tactique, les Portugais étaient rugueux et techniques à la fois.

Aller jouer en Grèce et en Turquie c'était l'enfer, Göteborg c'était chiant à se taper, Anderlecht était un grand club tout comme les Rangers.

On trépignait d'impatience avant les 1/4 de finales et si ton club préféré atteignait les 1/2 ça sentait bon le printemps.

Gagner une coupe de l'UEFA, ça imposait le respect vu le plateau chaque année.

Gagner la Ligue des champions c'était l'aboutissement d'un cycle de jeu/joueurs/entraineur, un truc magique qui te faisait entrer dans la légende.
La Coupe des coupes avait son charme et faisait franchir le club d'un niveau au dessus.

Ensuite tu attendais avec impatience qui allait être le nouveau joueur étranger lors du mercato !

T'étais obligé d'attendre la sortie de France Football pour parfois découvrir dans les colonnes en gras qui avait signé et en clair qui allait peut-être arriver.

Bon j'arrête là où je vais commencer à verser ma larme...
D'ailleurs c'est sarrasin. Et ça se dit partout ailleurs. Faut sortir de la pluie hein.
C'était surtout l'époque où il y avait une orgie de clubs français en C3 et qu'ils étaient performants !
Pedro, ton article est sympa, il m'a fait plaisir.

Sauf que, pour ta gouverne :
La bonne krampouez, c'est mam goz qui l'a fait. Et si tu lui parles de galette, c'est ton crâne d'oeuf qu'elle éclate sur le bilig, façon brouillée. La galette c'est un biscuit, ou un vinyle des soeurs Jaouenn. Pas de sa faute si les Rennais ont fait de la « galette saucisse » une curiosité régionale pour parigot.

C'est comme si à Rouen, on se permettait faire du calva, mais avec une autre recette. Tu comprends ? Tu comprendrais alors qu'un amateur de calva, originaire du 14, s'arracherait les cheveux en voyant que le calva Rouennais, dégueulasse et sans âme, était considéré par les médias comme « la référence ».


Sinon, Pedro, t'aimes les moules-frites ?
Plutôt de Bouchot ou de table ? (fais donc bien gaffe ! ^^)
Message posté par Ouaich Buch'
Mihali/Jozwiak ça respirait pas la poésie... une autre époque !


joswiak avait choppé la meuf à angelo hughes y'avait eu bagarre
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