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Quand Goikoetxea s’occupait de Maradona

Ce soir, le FC Barcelone affronte l’Athletic Bilbao pour une place en demi-finale de Coupe du Roi. Un match à enjeu où Lionel Messi sera sans doute la cible d’interventions rugueuses de ses adversaires. Comme un certain Diego Maradona, fracassé en 1983 par les crampons assassins de Goikoetxea.

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Les gens l’appellent l’idole des jeunes. Sans avoir une carrière longue de 56 ans comme Johnny Hallyday, Lionel Messi marche actuellement sur la planète football comme une rockstar remplit toutes ses salles de concert. Et si, en 2016, La Pulga est désormais proche de son zénith, le danger prêt à menacer sa carrière sportive n’est jamais bien loin. En témoigne le traitement de faveur reçu contre l’Espanyol Barcelone il y a deux semaines. Des coups, des coups et encore des coups. Oui, la vie de légende vivante est tout sauf facile, et la voie du succès toujours semée d’embûches. Comme son digne successeur, Diego Armando Maradona connaissait lui aussi les joies des tampons en tout genre. Le gamin d'or régalait le monde entier par ses contrôles délicieux, ses dribbles exquis. Aux yeux de tous, ce génie semblait intouchable. Mais ça, ce n’était pas vraiment l’avis d’Andoni Goikoetxea.

Peur sur la cheville


Au départ de la saison 1983-1984, l’Athletic Bilbao veut assumer son statut de champion d’Espagne en titre. Deux victoires obtenues contre le Real Saragosse et Salamanque permettent aux Leones d’être tout en haut du classement. Cependant, Bilbao va connaître son premier revers ce 24 septembre 1983, face au FC Barcelone de Menotti, avec deux artistes aux manettes : Bernd Schuster et, donc, Diego Maradona. La rencontre tourne à l’avantage du Barça avant la mi-temps, lorsque Miguel « Periko » Alonso (38e), puis Julio Alberto (45e) donnent un break d’avance aux Culés. Depuis le banc de touche, Esteban Vigo est aux premières loges pour prendre la température. « Il y a toujours eu une grande rivalité entre Bilbao et Barcelone, explique le remplaçant blaugrana. C’étaient deux grandes équipes à cette époque, mais notre rivalité restait saine. » Devant au tableau d’affichage dans un match sans le moindre carton, les Barcelonais tiennent leur première grande victoire de la saison. L’heure de jeu approche, l’attentat de Goikoetxea sur Maradona surgit.

Youtube

En deux secondes, le stoppeur basque vient de briser la dynamique du stratège catalan. L’agresseur ne récolte qu’un simple carton jaune, tandis que Maradona sera indisponible pour trois mois et demi. Un petit miracle quand on sait que le diagnostic annonce une fracture de la cheville à l’Argentin, opéré dans la foulée. « Goikoetxea arrive, il ne freine pas son mouvement, décrit Esteban Vigo. À partir de là, tout va très vite. Il le prend à la cheville, et Diego se retrouve par terre, il ne peut plus bouger. Quand les médecins s’approchent de lui, ils savent tout de suite que c’est très grave. » Le jeu peut reprendre, mais dans les faits, l’ambiance du Nou Camp se retrouve plombée. « Cette faute sur Maradona, ce n’était pas une faute normale, se souvient Esteban Vigo, entré en jeu à la place du Diez. Diego était loin du but, il n’y avait pas de danger apparent. Cette blessure était une vraie tuile pour le Barça. » Quand on perd l’un des tout meilleurs joueurs au monde, c’est la moindre des choses.

La revanche de Diego


La fin du match ne changera pas le cours des choses. Le Barça assure une large victoire en fin de match par l’intermédiaire de Marcos Alonso (88e) et Francisco « Lobo » Carrasco (89e). Dans la presse catalane du lendemain, en revanche, Andoni Goikoetxea passe de défenseur international de poids à boucher national. « Quand tu joues Barcelone et que tu dois marquer un joueur du style de Maradona, tu es forcément tendu au moment de l’affronter, analyse Esteban. Aujourd’hui, nous voyons la même chose avec Messi : il reçoit des coups de pied et ne se plaint presque jamais, il doit faire attention. Ce soir-là, Diego s’est fait surprendre. » Sans son maître à jouer, le Barça réalisera cinq victoires, cinq nuls et trois défaites en championnat. Un ratio trop faible pour espérer dépasser… l’Athletic Bilbao, sacré à nouveau champion d’Espagne. « On ne sait pas si cette blessure a joué sur notre fin de saison, tempère Esteban. Si aujourd’hui, on imagine une blessure de Messi pour les six prochains mois, cela va finir par se voir sur le terrain. Ce qui est certain, c’est que la convalescence de Diego était difficile à encaisser. »

Hasard du calendrier, huit mois plus tard, le FC Barcelone rencontrera Bilbao en finale de Coupe du Roi pour la dernière de Maradona sous le maillot azulgrana. Un match entaché d’une grosse bagarre générale initiée par le meneur de jeu, désireux de rendre la pareille. « Maradona devait se sentir nerveux avant de commencer cette rencontre, imagine Esteban Vigo. Il gardait en tête cet événement. Ensuite, je pense qu’il était déjà parti du Barça dans son esprit. Il souhaitait aller en Italie, nous en étions déjà conscients en tant que coéquipiers. Cette bagarre générale n’a pas jouée dans sa décision. » Protéger les génies pour éviter qu’ils ne pètent les plombs, c’est sûrement ce que le Barça espère dorénavant. « Il vaut mieux que Messi ne soit pas blessé, simplifie Esteban. Ce serait une mauvaise nouvelle pour le football. Le football est fait de règles, l’arbitre est là pour les faire respecter. S’il considère que le jeu doit continuer, c’est sa décision. Seul l’arbitre est capable de protéger les joueurs. » Si des bastons générales peuvent être évitées, c’est toujours mieux.


Par Antoine Donnarieix
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Dans cet article

Quel tacle terrible, pour le moins irrégulier. Parfois cela ressemble à une guerre de tranchée.
RobbieKPai Niveau : DHR
Et moi qui pensait qu'on allait parler du gardien de Toulouse :(, probable titulaire ce soir!
Maradona à propos de Goikoetxea : « Je ne lui en veux pas. Il souffre déjà assez d'être Goikoetxea. »

Quelle générale quand même!
https://www.youtube.com/watch?v=LY8MkxQLQjY
mdr un de mes premiers souvenirs de foot cette guerre de tranchées! et diego obligé d'aller s'excuser auprès du roi
read my mind Niveau : National
Note : -1
Ah l'époque de goyko et des tardelli (entre autres) messi n'aurait jamais pu avoir aucune carriére.

Ce que mangeait maradona avec des arbitres nullissimes était irréel.

Et le mec a quand meme gagné une coupe du monde tout seul et a amené l'argentine en finale où ils se font carrer par les allemands.

Le meilleur et de loin.
Cristiano Ronaldo 7 Niveau : CFA2
Je crois que Maradona avait perdu un peu de mobilité de la cheville.

Qu'est ce que c'était donc avant cette blessure quand on voit ce qu'il a fait 2 ans après au Mexique puis en Italie ...
Relativisons quand même la comparaison avec Messi, le foot était quand même bien plus rugueux lors des années 80, un tacle comme celui de Goikoetxea lui vaudrait un rouge direct et une suspension, on protège mieux les attaquants maintenant et tant mieux. Oui l'Espanyol a vraiment joué à la limite mais a fini à 9 lors du match aller en coupe d'Espagne mais ce genre de traitement est devenu l'exception, alors que Maradona en a reçu des saloperies de coup.
L'évolution des règles au début des années 90 a fait un bien énorme et apporté beaucoup au spectacle, il reste quelques bouchers mais rien à voir avec les années 80 où les artistes abondaient mais prenaient souvent cher.
Ouais enfin Messi c'est pas Diaby non plus. Dans ce cas, aucun pro actuel aurait pu faire carrière. Il aurait pris les même coups que Maradona, ca l'aurait pas empêcher d'avoir une conduite de balle, une qualité de passe et une vision de jeu hors norme.

Bon sinon pour ce soir ça va être chaud. Mais on peut toujours espérer l'exploit au Nou Camp avant leur match contre l'Atletico.
Je crois savoir qu'à l'époque il n'était pas possible de donner rouge direct non?
Pas l'ombre d'une comparaison possible entre le traitement réservé jadis aux artistes, et la bienveillance bien au contraire témoignée aujourd'hui par le corps arbitral à l'endroit d'un Messi ; je n'ai en tout cas pas souvenir d'un joueur globalement à ce point protégé, pas loin d'un totem d'immunité..

Quant à Goikoetxea : un multi-récidiviste..
Pour information, Goikoetxea avait auparavant brisé Schuster en décembre 1981.
Message posté par olmumire
Je crois savoir qu'à l'époque il n'était pas possible de donner rouge direct non?


Si si. Par contre je serais incapable de dire à compter de quand les expulsions - le dispositif est très ancien - pouvaient l'être pour des faits de brutalité..

Ce critère d'appréciation est venu assez tardivement et fut renforcé par le discours, très mercantile, selon lequel s'imposait de protéger les artistes, à mesure qu'ils s'apparentaient à des poules aux oeufs d'or..
Message posté par Franz
Pour information, Goikoetxea avait auparavant brisé Schuster en décembre 1981.


Puis encore l'une ou l'autre dents au pauvre Lozano, joli palmarès..
Message posté par yTear
Quel tacle terrible, pour le moins irrégulier. Parfois cela ressemble à une guerre de tranchée.


C'était le football espagnol de l'époque, les Catalans d'ailleurs n'étaient pas en reste, loin s'en faut..

Migueli, Alexanko, Munoz.. Rexach et Neeskens pas bien longtemps avant.. Pas un pour rattraper l'autre..
pierrot92 Niveau : CFA2
Message posté par read my mind
Ah l'époque de goyko et des tardelli (entre autres) messi n'aurait jamais pu avoir aucune carriére...


read my mind tu confonds pas Tardelli et Gentile? J'ai pas le souvenir de Tardelli comme boucher. Par contre Gentile...
Message posté par pierrot92
read my mind tu confonds pas Tardelli et Gentile? J'ai pas le souvenir de Tardelli comme boucher. Par contre Gentile...


Gentile, un vrai chien de garde:

https://www.youtube.com/watch?v=Uk1iRg4Xt-M
https://www.youtube.com/watch?v=bctRrchKspo

Rugueux, violent, mais son marquage à la culotte est un modèle du genre.
Message posté par Bota67
C'était le football espagnol de l'époque, les Catalans d'ailleurs n'étaient pas en reste, loin s'en faut..

Migueli, Alexanko, Munoz.. Rexach et Neeskens pas bien longtemps avant.. Pas un pour rattraper l'autre..


Parfaitement, le Barca c'était pas des poètes à cette époque à l'instar du foot espagnol.
JulianRoss83 Niveau : Loisir
Message posté par Bota67
Pas l'ombre d'une comparaison possible entre le traitement réservé jadis aux artistes, et la bienveillance bien au contraire témoignée aujourd'hui par le corps arbitral à l'endroit d'un Messi ; je n'ai en tout cas pas souvenir d'un joueur globalement à ce point protégé, pas loin d'un totem d'immunité..

Quant à Goikoetxea : un multi-récidiviste..


Beaucoup de lucidité dans tes propos. C'est courageux de ta part mais tu vas te faire descendre dans les notations (les groupies de Messi vont s'occuper de toi, prends garde !!!)
C'est la télévision avec son omniprésence qui est à la base du changement du foot qui est heureusement bien moins rugueux aujourd'hui. Le pauvre maradona,il avait mangé sévère contre les allemands en 90 aussi, c'est dur la vie d'artiste.
JuanSchiaffino Niveau : National
Tardelli était pire qu'un boucher. C'était un gros fdp de boucher
https://www.youtube.com/watch?v=QqMwBK-tgrQ
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