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Quand est-ce que les minots vont avoir leur chance ?

Dans une saison qui s’annonce compliquée, l’OM pourrait s’appuyer sur ses jeunes, comme Maxime Lopez et Jérémie Porsan-Clemente. Une alternative que le club semble avoir du mal à envisager.

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« À Marseille, c’est très compliqué pour un jeune de s’imposer dans l’équipe première. » Kevin Osei sait de quoi il parle. Arrivé à Marseille à l’âge de douze ans en 2003, il a dû quitter le club phocéen il y a deux ans, avec un goût d’inachevé. En cinq ans avec un contrat professionnel, il n’a porté le maillot de l’équipe première qu’une seule et unique fois, contre Limassol en Ligue Europa. Kevin Osei fait partie de cette génération de jeunes joueurs de l’OM qui n’ont jamais eu réellement leur chance, à l’instar de Chris Gadi, Bilel Omrani, Alexander Ndoumbou ou encore Wesley Jobello. « La concurrence était trop forte. C’était difficile de grappiller du temps de jeu, quand en face, on a Lucho, Ben Arfa, Valbuena, Amalfitano, Rémy ou les frères Ayew » , tente-t-il d’expliquer. Aujourd’hui, la génération de jeunes qui poussent derrière est composée de Jérémie Porsan-Clemente, Maxime Lopez ou encore Bill Tuiloma. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que Bouna Sarr et André-Frank Zambo-Anguissa font moins office d’épouvantails en équipe une.

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Le moment ou jamais


Porsan-Clemente, Lopez et Tuiloma ont d’ailleurs participé à toute la préparation avec les pros, et ont été régulièrement alignés en match amical. « C’est déjà pas mal. Nous, même en préparation, on était déjà contents d’être dans le groupe, sur le banc. Ces jeunes-là ont vraiment du talent et je crois en eux » , juge Osei. Âgés de dix-huit ans, Porsan-Clemente et Lopez sont annoncés comme des pépites depuis des années, et semblent avoir le niveau pour s’imposer petit à petit dans les plans de Franck Passi. Le petit meneur de jeu est même entré en jeu contre Guingamp, et s’est déjà signalé par une passe décisive pour Florian Thauvin. S’attirant alors les louanges publiques de ses aînés, notamment de la part de Bafé Gomis qui estime que « s'il continue à avoir cet état d'esprit et à entrer sans complexe, ça peut être une grande révélation » . Pourtant, en guise de récompense pour ses bonnes prestations, il a eu le droit à un retour express en CFA.

Pas forcément compréhensible. S’il y a bien une année dont l’OM peut profiter pour donner sa chance aux jeunes, c’est cette saison. Avec un effectif moins étoffé aussi bien qualitativement que quantitativement, il doit y avoir de la place. Par exemple, dans le 4-4-2 de Passi, avec seulement Gomis comme vrai buteur de métier, Jérémie Porsan-Clemente devrait pouvoir servir de doublure. Avec ses deux dernières saisons à plus de 25 buts chez les jeunes et en CFA, le jeune Martiniquais a de quoi taper à la porte. Et pourtant, c’est Aaron Leya Iseka qui a les faveurs du coach marseillais, alors que le frère de Michy est également âgé de seulement dix-huit ans. « Je ne suis pas sûr qu’il soit forcément meilleur que Jérémie, mais il est en prêt. Il est là pour seulement un an, et les conséquences seront moins graves s’il se fait taper dessus pour ses performances. Jérémie, lui, il est là pour le long terme, alors ça le toucherait plus durablement » , explique Osei. Et puis, Marseille est obligé d’aligner Iseka au moins dix fois pour ne pas qu’il reparte en Belgique à l’hiver.

Entre pression et confiance


La pression. C’est l’excuse qui revient à la bouche de beaucoup d’observateurs, dont Franck Passi. « C'est un très jeune joueur et on sait comment ils sont traités au Vélodrome. J'ai toujours en tête l'exemple de Garry Bocaly. Il y a une volonté de le protéger et on va essayer de ne pas le brûler. Il a beaucoup de talent et ça, on le sait depuis plusieurs années » , confiait-il il y a quelques jours à propos de Maxime Lopez. « C’est toujours comme ça, Marseille a toujours peur de cramer trop vite ses jeunes à cause de la pression. Ce qui fait qu’on ne sent pas énormément de confiance de la part du staff au bout d’un moment. À Lyon, quand un jeune est très bon, il sait qu’il va finir par jouer, alors il travaille encore plus dur. À Marseille, même si tu es très bon, tu n’es pas sûr de jouer, alors tu perds un peu confiance et espoir » , conclut Kevin Osei, en se souvenant de son expérience. Ce serait bête qu’en refusant de donner des responsabilités à ses jeunes talents, l’OM finisse par les perdre. Après tout, Bilal Boutobba a bien fini par perdre patience cet été.



Par Kevin Charnay
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