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Quand Del Bosque jouait à Cordoue

Vincent la Moustache a construit sa renommée autour du Real Madrid et, plus tard, de la Roja. Un temps joueur, il a également porté une saison durant les couleurs de Cordoue. Une expérience autant sportive que militaire qui a coûté une Liga au FC Barcelone. Flashback sous le joug des maletas.

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Cordoue, plus connue sous l'appellation espagnole de Córdoba, vit des vestiges de son passé. Un temps battant pavillon romain, puis sous l'égide des Wisigoths, elle s'est muée durant quelques siècles en capitale de l'Espagne musulmane. De ce mélange des genres, elle garde une architecture atypique et attrayante. De l'aveu de Paco Jémez qui y a grandi, « il reste également beaucoup de traditions ou d'expressions dont l'origine est arabe » . Inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1994, la ville fait le bonheur des touristes qui la font vivre. Le football, pourtant imprégné dans l'ADN andalou, n'y a pas une place de choix. En Première Division pour la huitième saison de son histoire, le Córdoba CF compte peu sur l'échiquier domestique. Sa montée acquise l'an dernier s'est ainsi produite dans le plus grand anonymat. De fait, le 7 juin dernier, il battait Majorque, tandis que la Roja se faisait sortir du Mondial brésilien par la petite porte. Vicente del Bosque, sélectionneur espagnol, a pourtant dû esquisser un léger sourire, lui qui a porté durant douze mois les couleurs des Blanquiverdes.

Service militaire et voiture avec chauffeur


Avant de passer à la postérité grâce à sa moustache et sa ribambelle de titres en tant que coach, Vicente del Bosque était joueur. Attaquant puis milieu de terrain, pour être exact. Après des débuts tonitruants sous la liquette de Salamanque à 17 ans - durant laquelle il marque autant de pions -, il prend la direction de la capitale et de son fanion royal. Trop tendre pour rentrer en équipe première du Real Madrid, il est prêté dès sa première saison à Cordoue en compagnie d'autres Merengues comme Fermin et Sanchis. Un choix tout autant sportif, histoire de glaner du temps de jeu, que soldatesque, service militaire oblige. En ce mois de septembre 1971, Vicente alterne donc entre le pré du stade Arcángel et la caserne de Cerro Muriano. Ses débuts se produisent en octobre, pour une victoire 3-1 face à l'Espanyol de Barcelone. De succès, il n'en connaîtra que peu lors de cette saison en forme de yo-yo. Car tout juste promus en Liga, les Califas - surnom des joueurs de Cordoue - sont illico rétrogradés en Segunda Division. Lors de l'avant-dernière journée, déjà condamné, le club sera pourtant le protagoniste du sacre inespéré du Real Madrid.

En ce 7 mai 1972, Barcelone se déplace en Andalousie avec sa fière position de leader. Un petit nul suffit à son bonheur, lui qui devance l'ennemi blanc en déplacement au Vicente-Calderón. Les prémices de la rencontre s'annoncent même comme un camouflet. Rafael Campanero, alors président de Cordoue, se la joue gentleman à l'heure de recevoir la direction blaugrana. « J'ai mis ma voiture avec chauffeur à disposition du président barcelonais, Agustí Montal, se souvient-il dans les colonnes de Marca. J'ai fait une grave erreur, car à Cordoue, tout le monde connaissait ma voiture. Les supporters du Real Madrid ont commencé à dire que j'avais vendu le match à Barcelone. » De bisbille, il y aura bien. Mais pas vraiment dans le sens des Catalans. Car il l'assure, « la rumeur était totalement infondée, Barcelone ne voulait pas acheter le match, ils se sont même comportés comme des seigneurs et n'ont pas fait la moindre suggestion pour gagner le match en dehors du terrain » . La direction merengue s'occupera des coulisses, tout comme un arbitre un peu trop partial.

Les maletas en pesetas


Titulaire au milieu de terrain des locaux, Vicente del Bosque assiste de près à l'incroyable. Ultra-dominée, l'équipe andalouse s'en remet au bon-vouloir de l'homme en noir. De mémoire des quotidiens de l'époque, il oublie trois penaltys flagrants pour les coéquipiers de Reina père, alors gardien des Azulgranas et natif de Cordoue. A contrario, il en siffle un injustifié en faveur des Blanquiverdes. À la baguette, Fermin, prêté par les Blancs de Madrid, ne se fait pas prier et envoie les aficionados cordobés et madrilènes au septième ciel. Victorieux 1-0, les coéquipiers de Del Bosque perçoivent une « prime de 4000 pesetas de la part du club » , dixit ce même Campanero. Surtout, « ils ont tous perçu une prime de 100 000 pesetas de la part du Real Madrid, quelque chose qui est connu ici » . En d'autres mots, les fameuses maletas. De ce revers, les Blaugrana ne se relèveront pas et perdront la Liga au profit des Merengues lors de la dernière journée. De son côté, Cordoue ne connaîtra plus la Première Division pendant 42 ans. Vicente del Bosque, après 19 apparitions et une réalisation, n'endossera plus jamais la liquette des Vert et Blanc. Ni celle de l'armée.


Par Robin Delorme, à Madrid
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LucaBrazzi Niveau : CFA
Huum , un petit air de Ryan Gosling ou bien ma vue baisse ?
space_ritual Niveau : DHR
Ouais le Ryan Gosling du pauvre alors !
GENERAL DE GOAL. Niveau : Ligue 2
"De mémoire des quotidiens de l'époque, il oublie trois penaltys flagrants pour les coéquipiers de Reina père, alors gardien des Azulgranas et natif de Cordoue. A contrario, il en siffle un injustifié en faveur des Blanquiverdes."

Comment dit-on fucking disgrace en espagnol???
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