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Quand David Silva, tout va

1,70 mètre de talent. Débarqué l'année dernière du côté de Manchester, David Silva n’a pas mis longtemps à s’intégrer. Déjà décisif et spectaculaire, l’Espagnol n’a fait qu’une bouchée de Manchester United. L’homme du derby, c’est lui. Une forme étincelante de très bon augure pour l’ogre City.

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Toujours se méfier de l’eau qui dort. Dans les couloirs du City of Manchester Stadium, où le moindre mur semblait tapissé d’hypocrisie, de star-system et de pétrodollars, s’est glissée une petite anomalie. Une « erreur de casting » d’un peu moins d’un mètre soixante-dix qui n’a aucunement besoin des tabloïds pour exister au sein d’un vestiaire composé de bouillonnants egos, dont Mario Balotelli est la figure de proue. Ce week-end, le Manchester City de Roberto Mancini a sorti la décolleuse. Le changement de papier peint au sein de la maison bleue est brutal et, comme souvent, un homme de la péninsule ibérique est à la baguette. Étincelant face à Manchester United ce week-end, David Silva est sans conteste l’atout numéro un d’un club qui, stylo en main, a commencé dimanche dernier à écrire les pages de sa nouvelle histoire. Au four et au moulin, à la passe décisive et à la conclusion, le taiseux d’Arguineguín est le leader technique de l’équipe de ce début d’année. Le Petit Prince du football mondial se trouve bel et bien dans le Nord-ouest de l’Angleterre. Par contre, il ne vient pas de Marseille.

Enfant adoptif de la Masia

« Qui a besoin de Messi quand il y a Silva ? » Les mots sont lourds, couchés, en blanc sur noir, en page d’accueil du site internet de Manchester City. La question dérange, mais a le mérite d’être posée. Fraîchement débarqué en Angleterre, où on ne lui prédisait pas forcément un avenir radieux, le transfuge de Valence n’a pas mis beaucoup de temps pour mettre tout le monde d’accord. Meilleur passeur de Premier League (6 assists au compteur), l’Espagnol justifie, match après match, les 35 millions d’euros dont le Cheikh Mansour s’est délestés pour s’offrir ses services. Force tranquille, Silva fluidifie le jeu des CItizens et se met en confiance au fur et à mesure qu’il détruit les défenses adverses. Ferdinand, Anderson, Evra, tous s’y sont essayés, tous y ont perdu des plumes. Après ce derby historique, les fanatiques vantent les mérites de Balotelli, les apôtres du coaching ceux de Mancini, les plus avisés, eux, savent que le type qui a rendu Milner bon se trouvait sur le terrain, non pas sur le banc. La vista, le crochet, les petits espaces, un ADN catalan que Xavi himself évoquait l’été dernier, en Afrique du Sud : « Silva, on dirait qu’il a été formé à la Masia » . Mais non.

El Chino, petit-fils de pêcheur

Entre les deux grands rivaux du football espagnol, c’est pour le Real Madrid que le cœur du gamin des Canaries bat. Hélas, il se fait recaler du centre de formation des Madrilènes à l’âge de 12 ans, au motif qu’il était trop petit. Quelques années plus tard, David Silva n’a pas beaucoup grandi. 170 centimètres, un nain au milieu des brutes de Premier League. Cette petite taille, El Chino (Le Chinois) la doit en partie à ses origines. Ses yeux bridés, il en a hérité de son grand-père maternel, un marin coréen. L’explication ? En 1966, l’Espagne avait signé un accord de pêche avec la Corée du Sud, permettant aux Asiatiques de s’établir aux Canaries. Un insulaire doublé d’un asiatique donc. Pas vraiment le prototype du mec extravagant. Discret, David Silva n’est pas un homme de grosses voitures, pas un fanatique de tatouages, ni un coureur de jupons. Riche, l’Espagnol se fout de sa cagnotte. « C’est mon père qui s’occupe de mon argent, je ne sais même pas combien il y a sur mon compte » dit-il, dès qu’un micro se pointe sous son nez. Sa grand-mère Tirajanera, qu’il appelle tous les jours, se souvient d’ailleurs d’un marmot casanier et chétif : « Je ne regarde pas ses matches à la télé parce qu’il prend beaucoup trop de coups. J’ai peur, ça me rappelle la fois où il a reçu un ballon dans le bras, alors qu’il n’était âgé que de cinq ans. Il avait fini avec un plâtre » . Des coups, son petit David en prend toujours. Mais il en donne. De plus en plus.


Bouc émissaire

Sur le terrain, et dans la presse. Toujours discret, David Silva a brisé la loi du silence qu’il s’était lui-même imposée. Grillé en sélection depuis la défaite de l’Espagne face à la Suisse lors du Mondial sud-africain, le joueur de City, en confiance, a décidé de l’ouvrir dans les colonnes de Marca : « Je me sens désemparé, je fais partie d’une grande équipe, qui a écrit des pages extraordinaires de notre football. Mais le coach ne compte pas sur moi, et je le ressens. En Afrique du Sud, j’ai été le bouc émissaire de la défaite contre la Suisse. La confiance que je sentais avec l’ancien sélectionneur, à Valence, ou à Manchester, je ne l’ai plus. Je ne prétends pas discuter les choix au sujet de mes coéquipiers, j’exprime juste ce que je ressens. Ça fait plusieurs fois que je le sens, quand vous n’êtes pas du Barça ou du Real, c’est un handicap » . Quelques semaines plus tard, impérial contre l’Ecosse, David Silva a justifié son impensable coup de gueule. Excellent dans le 4-3-3 sans vrai 9 de Del Bosque, dans un rôle proche de celui de Messi au Barça, le Citizen a inscrit deux buts et a définitivement gravé son nom dans le cœur des supporters de la Roja. Les journalistes espagnols acquiescent. Les supporters des Red Devils en pleurent encore.

Par Swann Borsellino
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