1. // Rétro- Boca/Real

Quand Boca mangeait le Real

Il y a dix ans, Boca Juniors s'offrait le scalp du Real Madrid à Tokyo. Un coup d'éclat qui révéla Riquelme et Palermo aux yeux du monde.

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C'est l'autre coup de maître de Carlos Bianchi. Sacré champion d'Amérique en 1994 avec Vélez Sarsfield –club avec lequel il fêtait ce mercredi ce triomphe historique à travers un match commémoratif organisé à Buenos Aires–, puis du monde face au grand Milan AC des Baresi, Maldini et autres Desailly, le “Vice-Roi” (son surnom en Argentine) récidive en 2000 avec Boca Juniors, qu'il a déjà mené à deux reprises au sommet du football argentin. Grâce à leur victoire serrée face à Palmeiras en finale de la Copa Libertadores (2-2 à l'aller 0-0 au retour, 4-2 aux tirs au but), les Xeneizes obtiennent le droit de disputer la finale de la Coupe Intercontinentale contre le Real Madrid, club le plus titré sur la scène européenne, qui s'incline face à la grinta argentine. En Amérique du Sud résonne encore ce couronnement étincelant, nouvelle démonstration de force du Nouveau Continent sur l'Ancien. Car de l'autre côté de l'Atlantique, cette confrontation annuelle, phagocytée par la Coupe du Monde des clubs en 2004, constituait l'unique opportunité de se mesurer à l'Europe, en dehors de la grande messe mondiale disputée tous les quatre ans. Et de prouver que le football sud-américain n'avait rien à lui envier.

Le match de leur vie


Alors évidemment en cette fin de siècle, Riquelme & Co préparent cette finale intercontinentale comme jamais. L'équipe dirigée par Bianchi débarque au Japon une semaine avant la rencontre. C'est le match de leur vie. Pour le Real, vainqueur de la Ligue des Champions face à Valence (3-0) quelques mois auparavant et de cette coupe deux ans plus tôt face au Vasco de Gama (2-1), c'est une finale de plus. Et les premiers instants de la partie ne font que mettre en exergue cette différence de motivation. Trois minutes après le coup d'envoi, Martin Palermo expédie un centre de la gauche de Marcelo Delgado dans les cages d'Iker Casillas. Sonné, le Real craque une nouvelle fois dans la foulée sur un long ballon du même Delgado qui trouve un Palermo euphorique, dont la frappe à ras de terre passe sous les gants du gardien espagnol.

Palermo et Riquelme frappent à la porte de l'Espagne


La réduction du score de Roberto Carlos à la onzième minute –un missile dans la lucarne droite d'Oscar Cordoba– promet alors une rencontre folle. Mais Boca, fidèle à l'enseignement distillé par maître Bianchi, se recroqueville, ferme les espaces et tient bon ce résultat dont il n'avait pas osé rêver. Vingt-deux ans après son dernier sacre face au Borussia Mönchengladbach, Boca Juniors est de nouveau roi du monde. Riquelme, consacré meilleur joueur d'Amérique du Sud cette année-là, est alors au sommet de son art. A plusieurs reprises, il aura semé la pagaille dans la défense merengue. Un clin d'œil à l'Europe et à l'Espagne, où il ne s'imposera finalement jamais vraiment, après un passage éclair au Barça (2002-2003), puis à Villarreal (2003-2007). Ce jour-là, Palermo gagne aussi la considération de la péninsule ibérique, et même un billet pour Villarreal, qu'il rejoindra quelques semaines plus tard. L'année suivante, Boca s'incline face au Bayern Munich (0-1, après prolongation), dans ce même stade. En 2003, pour l'avant-dernière édition de l'Intercontinentale, les Jaune et Bleu ramènent le trophée en Argentine en disposant du Milan AC (1-1, 3-1 aux tirs au but). Aujourd'hui, le club, qui compte de nouveau dans ses rangs Palermo et Riquelme, ne joue ni le titre en Argentine ni la Copa Libertadores, qui débute en janvier prochain. Les lauriers ont fané.

Alejandro Carbone





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