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Quand Bilbao écrasait le Barça 12-1

Dans l’imaginaire commun, le FC Barcelone s’est toujours amusé de l’Athletic Bilbao. Un constat aussi faux que dégradant pour les Basques, comme en atteste un choc remontant à l’année 1931. Victorieux 12-1, les Leones enregistrent alors la plus grosse tôle de l’histoire de la Liga.

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Clubs de Madrid mis à part, l’Athletic Bilbao et le FC Barcelone sont les porte-étendard du ballon rond espagnol. Entre le propriétaire de San Mamés, pionnier de l’arrivée du football anglais outre-Pyrénées, et le locataire du Camp Nou, pas moins d’une centaine de trophées sont à partager. Mais plus encore que des Liga, Copa et Supercoupes, Leones et Blaugrana ont été au cœur de la plus grosse tôle de l’histoire du championnat espagnol. Une branlée en forme de 12-1 en faveur des Basques qui intervient le 8 février 1931 dans l’ancien San Mamés et qui, aujourd’hui encore, relève « d’une humiliation non réparée » , dixit le journal généraliste et catalan La Vanguardia. Pour les supporters de l’Athletic, ce score fleuve renvoie à des heures dorées, durant lesquelles les Leones trustaient titres et records. Surtout, il rappelle aux amateurs espagnols que le tiki-taka a construit ses bases du côté de la côte Atlantique grâce à un druide importé de perfide Albion, précurseur du football moderne, le bien nommé Mister Fred Pentland.

Avant Cruyff et Guardiola, Mister Pentland


Alors que l’exercice 1930/31 aborde son dernier tiers, l’Athletic Bilbao confirme son statut de maître incontesté du football ibère. Premier, et largement, d’une Liga composée alors par dix équipes, il rencontre avec le FC Barcelone son troisième concurrent, les premiers étant les voisins du Racing Santander et de la Real Sociedad. L’autre Real, celui de Madrid, n’est encore qu’une modeste et anonyme équipe pointant à la sixième place à la fin du championnat. Cette étiquette de favori, les Leones la doivent donc avant tout à leur entraîneur britannique au chapeau melon. El Bombin – un surnom qu’il doit justement à cette coiffe – débarque au sein de la capitale basque quelques années plus tôt. Après une première étape sous la guérite de San Mamés de 1922 à 1925, il retrouve cette casquette en 1929. Précurseur pour son époque, il plaide pour un football de mouvements et réinvente l’entraînement psychologique de ses troupes : « Quand un joueur passe le ballon à l’un de ses coéquipiers, il doit le faire avec la sécurité que son partenaire se trouve au bon endroit. Et les vraies équipes de football, comme pour le caractère, se forment dans la défaite, pas dans les succès. »


Pourtant, en ce 8 février 1931, c’est bien un large succès qui lui permet d’affirmer un peu plus sa légende dans l’histoire des Leones. « Le 12-1 de l’Athletic Bilbao peut être considéré comme un record de pénétration, surtout si l’on prend en compte la qualité historique de Barcelone, son adversaire pour cette journée mémorable, entame le quotidien ABC pour le compte-rendu de la rencontre. Mais en réalité, le record du jour est autre, et se produit précisément lors de ce même match. Il semblerait ainsi que des 12 buts inscrits par les léopards rouges, seuls trois, les trois premiers, découlent d’actions académiques et imparables de la part de l’attaque basque. » Dans les faits, la jeune pointe Bata, Pichichi de cette Liga avec 27 banderilles en 22 rencontres, en inscrit sept lors de la débâcle catalane. Une performance folle, puisqu’encore aujourd’hui, elle fait figure de record dans l’histoire du championnat, devant Telmo Zarra, Cristiano Ronaldo et Lionel Messi, et seulement rejoint par l’Azulgrana Ladislao Kubala en 1951. Pis, le total aurait pu monter à huit s’il n’avait pas été signalé hors jeu sur une nouvelle action décisive…

Une ovation pour «  une exquise correction »


À la pause, le score affiche déjà un 6-1 en faveur des Leones. Bien aidé par la malchance des Blaugrana, rapidement réduits à neuf – à l’époque, aucun changement n’est accepté, pas même pour cause de blessure –, les locaux poursuivent leur entreprise de démolition. Quant aux tribunes de San Mamés, « elles ovationnent le retour sur le pré des joueurs de Barcelone pour leur exquise correction » , commente le journaliste de La Vanguardia, qui poursuit : « Avant tout, il faut affirmer que l’Athletic a réalisé un match splendide dans toutes ses lignes. Au début, il a rencontré un semblant de résistance d’un Barça vite coupé dans son élan par les blessures. À partir de là, les seuls maîtres du terrain étaient les Basques dont chaque frappe se concluait par un but. » Finalement terminée sur le score de 12-1, cette rencontre n’a rien d’anachronique : lors de leurs 23 premières visites à Bilbao, les Culés se sont inclinés à 20 reprises. Un autre temps, un autre football, qui n’empêchent cette débâcle de rester dans les mémoires barcelonaises comme «  une catastrophe indélébile » , selon les mots du Mundo Deportivo. Et toutes les manitas du monde n’y changeront rien.

Par Robin Delorme
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Dans cet article

Une époque ou seul ne comptait pas les $$$$$$ du football pourri actuel.

AUPA ATHLETIC !
Bilbao n'est pas la capitale du Pays Basque
helvétie Niveau : CFA2
Message posté par Shaolin
Une époque ou seul ne comptait pas les $$$$$$ du football pourri actuel.

AUPA ATHLETIC !


Oui oui avant c'était en mode bisounours le foot... On a rien inventé en ce qui concerne les finances du football, les clubs étaient déjà des entreprises avec un rendement qui visait la hausse du capital, la philanthropie n'a jamais existé dans ce milieu.
Message posté par helvétie
Oui oui avant c'était en mode bisounours le foot... On a rien inventé en ce qui concerne les finances du football, les clubs étaient déjà des entreprises avec un rendement qui visait la hausse du capital, la philanthropie n'a jamais existé dans ce milieu.


Compare la diversité des vainqueurs des coupes européennes avant la moitié des années 90, l'arrêt Bosman et l'archi $$$$$ du football et on en reparle. Bien sur que le foot a toujours eu un esprit commercial au plus haut niveau mais maintenant, c'est puissance^10 et les inégalités sont plus que jamais dingues.

Dans ce monde, l'Athletic Bilbao est un ovni plus que jamais admirable.
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