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Quand Benfica dominait l’Europe

Gagner la C1 deux fois de suite, c'est bien. Gagner contre le Barça et le Real en finale, c'est encore mieux. Le 2 mai 1962, le Benfica d'Eusébio s'offre un doublé en battant les Merengue au terme d'une finale épique (5-3). Qu'elle est loin, la belle époque des aguias...

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A Lisbonne, dans le quartier de la Luz, le 2 mai est un jour de commémoration. Mais au vu de la situation actuelle du club, de la décevante saison de Benfica en championnat et du probable départ de Jorge Jesus, il est difficile de faire la fête pour les supporters des Aigles. En tout cas plus que pendant les sixties, période faste du football portugais et lisboète. Il y a tout juste un demi-siècle, les 65 000 spectateurs du stade olympique d’Amsterdam observaient le Benfica d’Eusebio, Simoes et Coluna, écraser l’Europe pour la deuxième année de suite en venant à bout du grand Real Madrid, celui de Puskas et Di Stefano.

La grande première d’Eusebio

Tenants du titre, les Portugais n’ont pourtant jamais endossé le statut de favoris lors de cette rencontre. En face, l’équipe pèse déjà cinq Coupes des clubs champions et n'a laissé s’envoler l’édition de 1961 qu’à cause d’un simple accident; c’est en tout cas ce qu’elle compte démontrer en remportant une sixième fois en sept ans le titre suprême. Pour se refaire la poire, les Merengues atomisent Odense (12-0 sur les deux matchs), avant d’éliminer difficilement la Juve en quarts à l’issue d’un match d’appui et d’enfiler un set 6-0 au Standard de Liège en demies. Cette fois c’est sûr, le grand Real est de retour, et Benfica va prendre cher. D’autant plus que les hommes du légendaire Bela Guttman, bien que menés par un énorme Eusebio, n’ont pas gagné un seul match hors de leur base pour disputer leur deuxième finale consécutive, la première pour la Panthère noire. L’année précédente, le futur Ballon d’Or avait dû se contenter de contempler ses coéquipiers battre le Barça, pour des problèmes administratifs provoqués par son vrai faux transfert au Sporting Club du Portugal. Enjeu ou pas, pression ou pas, Eusebio n'est pas impressionné. "Je n'ai jamais eu peur en entrant sur le terrain. Pourquoi aurais-je eu peur ? Si tu es effrayé à l'idée de jouer, c'est que tu n'es pas fait pour ce sport", raconte-t-il.

Remontada

Si la fougue et la fulgurance du félin lusitanien sont absentes en début de match, l'adresse, la malice et l'impétuosité de Ferenc Puskas pourfendent les filets de Costa Pereira à deux reprises aux 17e et 23e minutes. Amsterdam déguste, ça sent la manita, encore. Sur le banc benfiquista, Guttman fait la gueule mais ne panique pas, son équipe a l'habitude de retourner des situations désespérées, comme en quarts contre Nuremberg. Après avoir perdu 3-1 en RFA, les Lisboètes avaient renvoyé la sauce en double à domicile (6-0). Le deuxième pion de Puskas est d'ailleurs instantanément suivi de la réduction du score de José Aguas (25e). Benfica se réveille et malmène le Real jusqu'à l'égalisation de Cavem, 2-2, le public exulte, Bela Guttman et les siens ont encore réussi à rattraper un coup bien mal barré. Bien décidé à emmerder la lusophonie, Puskas se permet un hat-trick juste avant la pause. A la reprise, la pâle copie d'Eusebio laisse place à l'original, insaisissable et décisif, même si c'est Coluna qui égalise d'un coup de fusil aux 25 mètres. Puis vient l'éclair. Sur son couloir droit, la Panthère déborde, accélère brutalement à la ligne médiane, efface la défense madrilène et tombe dans la surface, victime d'une grosse faute. Le numéro 13 de Benfica se fait justice et permet aux Portugais de passer pour la première fois devant au tableau d'affichage. Eusebio termine le travail sur coup-franc trois minutes plus tard et grave ainsi son nom dans l'histoire de la C1.

La malédiction Guttman

Soirée de rêve pour le jeune surdoué africain. Au coup de sifflet final, plus qu'un trophée, c'est avec le maillot de Di Dtefano qu'il quitte le stade olympique d'Amsterdam : "C'était mon idole, et j'ai toujours son maillot chez moi à côté de toutes mes médailles et autres récompenses". La gloire pour les vainqueurs, l'argent pour les vaincus. Les primes reçues par les joueurs du Real Madrid offertes par le club pour avoir atteint la finale étaient bien plus élevées que celles que les Benfiquistes ont pu toucher pour la victoire. Chaque membre de l'effectif lauréat n'a touché que 40 euros pour avoir offert le dernier trophée continental majeur à la capitale portugaise. Conscient de la performance qu'il venait de réaliser, Bela Guttman a mis un terme à son contrat d'entraîneur, et, avant de partir du Penarol, a juré que "Benfica ne gagnerait plus jamais la C1". Un demi-siècle plus tard, la magie hongroise fait toujours effet, au plus grand dam de son ancienne équipe.

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Par William Pereira
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Ryan Joseph Wilson Niveau : DHR
Et en 1968 ? ^^
les temps changent,depuis,Benfica ne domine même plus le Portugal !
Merci pour cet article M. Perreira!
@patXIV

Ils dominent encore la coupe de la ligue euh... ok je sors, désolé... ;P
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