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Quand Aston Villa se lézarde

Samedi après-midi (16h), Aston Villa rend visite à Chelsea au plus mauvais moment. Les Blues vont mieux mais surtout, les Villas, eux, sont en plein doute après une série de trois nuls en quatre matches qui va peut-être leur coûter la sacro-sainte quatrième place qui leur semblait promise. Comme l'an passé, le club de Birmingham semble craquer dans la dernière ligne droite et ce n'est probablement pas un hasard. Explications.

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C'est à se demander si Birmingham la proprette ne verrait pas le cours des événements actuels d'un bon œil. Certes, les deux clubs de la ville font une belle saison mais au rythme où vont les choses, Aston Villa (7e) et Birmingham City (9e) pourraient bien rester aux portes des accessits qui vous font entrer dans la cour des grands du ballon rond. Mais en quoi diable serait-ce une bonne nouvelle ? Il convient de resituer. Birmingham a beau être la deuxième ville la plus peuplée d'Angleterre, elle reste loin des agitations qui rythment l'existence de Londres ou même de Leeds, Sheffield, Manchester et Liverpool, autres cités principales du pays. C'est que contrairement à ses voisines susnommées, Birmingham n'a plus grand-chose de l'âme prolo qui l'habitait il y a encore un demi-siècle quand elle était un des principaux ateliers du monde.

Désormais, le lieu est devenu un centre d'affaires gigantesque qui le font appeler la Seconde City. Du business, du trade, du pognon et un cadre qui a évolué en ce sens. C'est simple, Birmingham a entrepris un réaménagement majuscule de son urbanisation (The Big City Plan) qui doit en faire une des vingt villes du monde où l'on vit le mieux dans la double décennie qui arrive. En clair : les concours de rots et de pets qui égaient, comme il se doit, la vie des supporters de football sont priés de mettre la sourdine. Et pour cela, quoi de mieux que la lose pour ne pas contaminer la ville. En ce sens, le léger décrochage d'Aston Villa dans le money time devrait coller aux desideratas inconscients de Birmingham. Et pourtant, cette saison, les Claret and Blue y croyaient dur comme fer.

Une came locale

Sixièmes des deux derniers championnats, les Villans avaient semblé valider la méthode de Martin O'Neill. Le binoclard irlandais arrivé au club en 2006 avait rapidement installé les anciens champions d'Europe (ben ouais, entre 1977 et 1985, t'étais anglais, tu gagnais la Coupe des champions, presqu'une loi de l'époque) aux places européennes. L'idée ? Bâtir avant tout anglais, au pire britannique et en dernier recours anglophone. Pour illustrer le plan, voir l'éviction de Steve Mandanda, à l'essai il y a trois ans, au profit d'un Yankee pur bœuf, ce bon Brad Friedel. Non pas par anglophilie primaire mais avec l'intuition que quand on n'a pas les moyens de choper du crack au kilo comme les gros bonnets de Premier League, quoi de mieux que de se doper en faisant venir de la came sans avoir à passer la frontière. Car faut avouer : sans mégastar, Villa a rapidement trouvé une qualité et une cohérence suffisante pour l'installer dans la roue du peloton de tête.

Une option d'autant plus intelligente que l'équipe a vu l'émergence de jeunes pousses made in England, le trio Milner-Young-Agbonlahor, comme une promesse de lendemains qui chantent. Encadrez le tout par quelques vieux routiers à qui ne l'a fait pas, comme Carew, Heskey, Reo-Cocker, Dunne, Warnock, Collins, secouez bien fort et servez : la recette se veut assez relevée. Car non content de disposer d'une ossature homogène, O'Neill a su pérenniser un système de jeu aussi simple qu'efficace et pour tout dire terriblement anglais. Costaud derrière, travailleur au milieu, percutant sur les côtés (Young et Milner) et complémentaire devant (Agbonlahor associé à un des deux balèzes de service, Carew ou Heskey). Du cousu-main on vous dit.

O'Neill contraint à un tandem NBA

Problème de taille : et quand quelqu'un pète, on fait quoi ? Car évidemment, si personne ne discute la valeur du onze monté par O'Neill, un rapide coup d'œil sur le banc ramène Aston Villa à sa juste valeur. Celle d'une équipe qui sur la durée ne peut pas vraiment lutter avec le Big Four. Pour être tout à fait précis, ce problème de profondeur touche, comme souvent chez les underdogs, les secteurs les plus coûteux qui soient : le milieu et l'attaque. Car derrière, les solutions de rechange de manquent pas, ce qui garantit à Villa une certaine assise (25 petits pions encaissés jusque là, meilleure défense du pays à égalité avec Manchester United) qui la met à l'abri de grosse déroute. Mais pour le reste, l'affaire est bien plus délicate à gérer. Déjà dans l'entrejeu, l'absence de Nigel Reo-Cocker (cheville) a obligé Milner à se recentrer pour épauler Petrov dans l'axe. Certes, le saignant Stuart Downing assure un intérim plus que convenable sur le flanc droit à la place de Milner mais le recentrage-bricolage de l'ancien joueur de Leeds et Newcastle atteste d'un manque de solutions au milieu.

Et que dire du secteur offensif ? L'absence de Gabriel Agbonlahor a même obligé O'Neill à aligner à la hâte un tandem NBA composé de Carew et Heskey. Bonjour la mobilité et la complémentarité ! Résultat : Villa lâche des points contre des bons à rien (nuls face Stoke, Wolverhampton et Sunderland et succès ultra pénible à Wigan lors des 4 derniers matches). Le genre de gâchis balourd car voilà que se dessine un tout autre genre de client samedi : Chelsea. Avant des déplacements compliqués (Bolton, Hull, Manchester City) et des clashs coton à Villa Park (Everton, le voisin City), il y a comme une odeur de gâchis qui flotte dans le vestiaire et qui tranche singulièrement avec l'atmosphère extérieure : car Birmingham, elle, peut se préparer, sourire aux lèvres, à une nouvelle saison sans effervescence.

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