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Quand Allegri a porté le maillot du Napoli

Entraîneur à succès depuis maintenant près de 15 ans, le technicien bianconero a connu une longue carrière de footballeur, avec notamment un passage chez son adversaire du soir.

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« Je le comparerais à Aquilani, un joueur capable d’occuper à peu près tous les postes au milieu de terrain, en relayeur ou même parfois devant la défense à la Pirlo. » « Moi, j’opterais pour Marchisio, même si c'est une comparaison un peu forcée. Il savait parfaitement se projeter offensivement et avait une grosse frappe de balle. » Grâce à Aldo Firicano et Francesco Baldini, ses anciens coéquipiers respectivement à Cagliari et au Napoli, on en sait déjà un peu plus sur le style de l'Allegri joueur, professionnel de 1984 à 2003 avec 11 clubs différents, et qui aurait « pu viser la Nazionale avec un meilleur mental » , selon ses propres dires. Plongée dans la carrière d'un homme à qui le costard va si bien que l'on en a presque oublié qu'il a porté le short et les crampons.


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Le padawan de Maître Galeone


Tout commence au Cuoiopelli, en Serie D. Allegri y reste un an, puis il file à Livourne, l'équipe de sa ville, en Serie C1. Cette fois-ci, il y passe trois années, puis enchaîne avec des débuts furtifs en Serie A chez le rival Pise en 1988. Puis c'est un retour à la maison, et direction Pavie, au sud de Milan. Joueur de qualité qui brille par sa nonchalance, c’est un coup du sort qui va donner un coup de fouet à une carrière jusque-là plutôt modeste. À Pescara, un certain Giovanni Galeone cherche un ailier pour compléter son onze de départ, il se fait conseiller Frederic Massara (aujourd’hui chef des talent-scout de la Roma) par son directeur sportif Pierpaolo Marino (vu au Napoli et à l’Atalanta plus récemment). Les dirigeants de Pavia l’ont déjà promis au Venise de Zamparini et sont prêts à ne pas respecter leur parole si et seulement si Pescara prend également Allegri dans l’affaire. Marché conclu. Pour Massimiliano, direction la capitale des Abruzzes, dont le club évolue alors en Serie B.


« Il aimait la politique et avait une grande passion pour les chevaux, il traînait toujours avec son journal du tiercé. » Aldo Firicano
C’est un coup de foudre entre les deux hommes, qui conçoivent la vie de la même façon, appréciant tout ce qu’elle sait offrir de bon, notamment les grands crus et... les femmes. « C’était un garçon sympathique, toujours prêt à blaguer, attentif à tout ce qu’il y avait en dehors du foot, la politique notamment, et puis surtout, sa grande passion pour les chevaux, il traînait toujours avec son journal du tiercé. Un gars atypique » , se souvient Firicano. Allegri passe deux ans à Pescara, une promotion et une superbe année à 12 buts en Serie A qui attirent les regards de clubs plus huppés : « Il atterrit finalement à Cagliari, une équipe qui jouait l’Europe et qui a été demi-finaliste de la Coupe de l’UEFA, hein. Malheureusement, il a souffert de la concurrence de Matteoli, un Sarde qui était adoré ici » , poursuit Aldo qui décrit le joueur comme « anarchique, le classique Livornese, individualiste, mais dans le bon sens du terme. Il ne manquait pas de caractère, il donnait tout le temps son avis, même avec ses entraîneurs, mais sans jamais aller au clash. Une très grosse personnalité » .

La galère napolitaine


Après un peu plus de deux ans chez les insulaires, Allegri quitte la Serie A pour l’échelon inférieur afin d’y retrouver son mentor. La barre des 30 ans est franchie, c’est une certitude, il ne passera plus de cap : « Il peut être content de sa carrière, mais oui, il avait les qualités pour faire mieux, je pense qu’il s’en serait beaucoup mieux sorti dans le football actuel » , analyse Baldini, qui l’accueille à Naples là aussi en compagnie de Galeone. « C’était une période catastrophique, on a connu quatre coachs différents cette saison-là, Ferlaino était en train de vendre le club. C’est dommage, parce que l’année précédente, on faisait la finale de Coupe d’Italie, mais l’équipe a été démantelée. »
« Il était arrivé depuis peu à Naples, mais avait fait preuve d’un grand tempérament. Je me souviens d’une scène dans le bus en allant au stade, des collègues pianotaient sur leur portable, il s’est levé et les a engueulés. » Aldo Firicano
Allegri débarque en novembre, Mutti et Mazzone sont déjà passés par là, pour ne récolter que 5 points en 12 journées. Aligné dans le traditionnel 4-3-3 de son gourou aux côtés de Goretti et Rossitto au milieu, il mange un 6-3 à Gênes face à la Samp de Laigle, Boghossian et Dieng : « Il était arrivé depuis peu, mais avait fait preuve d’un grand tempérament. Je me souviens d’une scène dans le bus en allant au stade, des collègues pianotaient sur leur portable, il s’est levé et les a engueulés. Un très grand, il a de suite fait comprendre sa conception du foot. »


Malgré toute sa bonne volonté, son expérience napolitaine tourne court, seulement sept rencontres disputées (0 succès) et pas une seule après que Galeone a été également remercié : « On a été honteux, seulement 14 points, dernière place et relégation inévitable » , regrette encore aujourd’hui Baldini. « C’est dommage pour Max, il n’a même pas eu le temps de démontrer ses qualités ou de fréquenter la ville de Naples. Ce n’était qu’un joueur de passage parmi tant d’autres.  » À la fin de la saison, à l’été 1998 donc, le Livournais s’en retourne à Pescara où il a conservé de très bons amis. Galeone repasse dans le coin également. La Pistoiese et l’Aglianese seront les deux dernières étapes de sa carrière dans sa Toscane natale. Les crampons sont raccrochés à presque 36 ans pour entamer une brillante reconversion : « Franchement ? Je n’aurais jamais parié un centime, je le voyais plus dirigeant » , conclut Baldini. Même encore aujourd'hui, certains ont du mal à croire qu'il est devenu un des meilleurs techniciens de la planète.



Par Valentin Pauluzzi
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Merci Valentin pour ce beau papier.

Je l'ai trouvé très intéressant et le parcours d'Allegri peut expliquer en partie sa capacité à gérer les joueurs et l'équipe.
Vraiment sympa d'avoir des infos sur lui joueur, que ça soit la personnalité comme le style de jeu... ou encore ses passions extérieurs au foot!
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