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  1. // France – Ligue 1 – 31e journée – Lorient/Rennes

Qu'est-ce qu'on va faire de toi, Philippe Montanier ?

La saison dernière était celle de la transition pour Philippe Montanier et de l'indulgence pour les supporters du SRFC. L'actuelle, qui devait être celle de la montée en puissance et de l'adhésion, se transforme en un énième épisode de déception et de dépit. Comme ses prédécesseurs, l'ancien meilleur entraîneur de Liga s'est pris les pieds dans l'inextricable bourbier rennais. Aura-t-il droit à une troisième saison d'essai, comme son contrat le stipule ? Tout est-il vraiment à jeter dans le mandat de « Monty » en Bretagne ? Éléments de réponse.

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Vous allez voir ce que vous allez voir. Là, fini de rigoler, ça va tâter du cuir et pas qu'un peu. Telles étaient, en substance, les promesses accompagnant l'arrivée de Philippe Montanier à Rennes il y a bientôt deux ans. Le Normand venait d'être élu meilleur entraîneur de Liga, récompense de l'excellent travail effectué avec la Real Sociedad, modeste club habitué au mieux aux places d'honneur, et qui avait cette fois terminé la saison à la quatrième place. En y ajoutant les expériences précédentes réussies à Boulogne puis Valenciennes, il fallait bien admettre que c'était là un gros CV qui débarquait en Bretagne. Un technicien nouvelle génération, ambitieux, capable a priori de relever l'impossible défi : faire du Stade rennais une machine à gagner. Le mandat de son prédécesseur, Frédéric Antonetti, s'étant terminé dans la déliquescence, le newcomer avait pour première mission de remettre de l'ordre dans les têtes et sur la pelouse.

Une première saison de transition sans obligation de résultat ni de beau jeu, seulement assurer le maintien et essayer de trouver une équipe type ou du moins une colonne vertébrale au bout des 38 journées. Et de fait, on a vu en 2013/2014 le fameux « Monty » 1.0 version beta : partout où il passe, l'entraîneur diesel met un an à trouver ses marques. C'est long, mais après, promis, la machine pète le feu, alors ça vaut bien de faire preuve d'indulgence et de patience. Au bout de cette première saison, il a même bien failli offrir au club maudit un trophée tellement attendu, son équipe échouant seulement en finale de Coupe de France contre son fidèle rival régional, Guingamp. Une finale de coupe, une douzième place en L1 sans jamais trop trembler pour le maintien, après tout ce n'était pas si mal pour un début, surtout en démarrant avec un effectif convalescent. Donc ça, c'était le sentiment général l'été dernier : une mention passable avec encouragements, peut mieux faire, mais a les moyens et la capacité pour.

Une forme de renoncement


Une petite dizaine de mois plus tard, qu'en est-il ? Force est de constater que l'élève Montanier a déçu. Ce n'est pas catastrophique non plus, mais c'est tout de même dans l'ensemble assez médiocre. Parlons des résultats d'abord. Le Stade rennais n'a pas progressé depuis la saison dernière, stagnant toujours dans le ventre mou (11e place actuelle), ce qui représente une régression pour un club qui avait su squatter le premier tiers du classement plusieurs saisons sous l'ère du manager général Pierre Dréossi. Pour accompagner ce morne quotidien en championnat, il n'y a cette fois même pas eu de parcours en coupe, l'aventure en Coupe de la Ligue s'arrêtant en janvier à Bastia et celle en Coupe de France un mois plus tard à Monaco. Chaque fois sans que l'équipe ne laisse vraiment l'impression de tout donner. Et c'est peut-être sur ce point, au-delà des résultats, que la déception est la plus grande : le Stade rennais en version Montanier laisse l'impression d'une forme de renoncement, dans les têtes comme dans le jeu.

L'esprit de révolte n'est pas là, et les cadres sont aux abonnés absents. Capitaine Danzé ? Pas assez leader. Costil ? Trop désabusé. Armand ? Trop gentil. Toivonen ? Trop soliste. Ntep ? Trop carriériste. Seul Gelson Fernandes paraît avoir le profil, mais le Suisse n'est arrivé que l'été dernier… Dans le jeu aussi, le sentiment général laissé est assez désagréable, avec une équipe qui manque de fluidité et des joueurs qui paraissent perdus sur le terrain. Est-ce leur faute alors ? Oui certainement, certains d'entre eux ne donnant pas toujours le sentiment de tout donner. Mais la responsabilité de Montanier est engagée, sans aucun doute. C'est lui le chef du vestiaire. C'est à lui d'inculquer l'esprit de gagneur dont son effectif semble dépourvu. C'est à lui de mettre en place ses joueurs, de composer une tactique qui correspond le mieux. C'est lui aussi qui a choisi la plupart des joueurs dont il dispose. Sur ce point, il n'a plus d'excuse.

Phase retour : le service minimum


Car cette saison, le Normand s'est vu attribuer les pleins pouvoirs sur le sportif au sein du club breton. Il supervise tout, depuis les équipes de jeunes – un vivier qu'il n'utilise que très partiellement, dommage pour un entraîneur réputé formateur… – jusqu'au recrutement, qu'il gère en collaboration avec Jean-Luc Buisine, le très réputé scout en chef. Aujourd'hui, plus de la moitié de l'effectif rennais est composée d'éléments choisis par le duo Monty/Buisine. Avec quelques très belles pioches, comme l'irréprochable défenseur central Mexer ou l'exemplaire milieu de terrain Gelson Fernandes, sans oublier le dynamiteur Paul-Georges Ntep, arraché de haute lutte en provenance d'Auxerre il y a un peu plus d'un an. Toivonen a aussi fait de bons débuts en L1, tout comme le brave Grosicki, et cette saison Pedro Henrique apparaît aussi plutôt comme une bonne pioche.

Mais l'impression d'ensemble laisse songeur, avec un déséquilibre flagrant entre des milieux de terrain sous-utilisés (Brüls, Prcić, André) et des carences de spécialistes sur les ailes et à la pointe de l'attaque. Quand on persiste à jouer en 4-2-3-1, ça pose problème, forcément… Montanier était arrivé à l'été 2013 avec la réputation d'un entraîneur qui aime le beau jeu. Ou bien il y a eu erreur sur la personne, ou bien il a renoncé, donnant les clés de l'entrejeu à ses milieux les moins techniques (Doucouré, Konradsen, Pajot) et écartant l'élégant Féret la saison dernière sans laisser plus sa chance aux tripoteurs Brüls et Prcić cette saison. Bilan : en L1, le SRFC est 16e attaque, 19e en nombre de centres par match, 11e en ballons joués, 18e en tirs tentés, 12e en possession… Depuis la 17e journée, sur les 14 matchs qui ont suivi, les Bretons sont 19es au classement, seul Metz ayant amassé un plus petit nombre de points. Leurs deux seules victoires ? Deux fois 1-0 à la suite contre Lens et Metz, les plus faibles équipes du championnat. Le service minimum, vraiment minimum.

Huit matchs pour convaincre


Le tableau est-il pour autant complètement noir ? Non, ce serait trop simpliste comme raisonnement. Le Rennes de Philippe Montanier possède une assise défensive intéressante, c'est à mettre à son crédit, et l'homme paraît censé, conscient des difficultés, intelligent, calme et mesuré. L'exact opposé niveau personnalité du bouillant Antonetti qui avait fini par susciter crispation et agacement. Le vestiaire paraît moins bordélique qu'à l'époque de M'Vila ou Kana-Biyik, et ça aussi, il n'y est sûrement pas pour rien, sachant gérer un groupe très cosmopolite sans affaires extra-sportives. On pourrait presque dire que ça ronronne, en se faisant juste un peu peur pour le maintien, mais jamais trop non plus. L'ancien de la Real avait signé pour trois ans, et se pose légitimement la question de son avenir. Ces dernières semaines, on l'a d'abord annoncé partant probable, puis finalement sur le point de prolonger !

Si son bilan n'est franchement pas folichon, paradoxalement il ne semble pas qu'il manque énormément de choses à son équipe pour qu'elle se mette à bien tourner : un ou deux latéraux fiables, un box-to-box, un vrai buteur… Beaucoup et peu à la fois. Peut-être aussi manque-t-il finalement un peu d'audace à Montanier, qui ne paraît pas aller au bout de ses idées : son recrutement international est original, séduisant sur le papier, mais c'est pour finalement l'enfermer dans son immuable carcan du 4-2-3-1 inadapté à certains de ses meilleurs joueurs. Il reste à l'ancienne hype de la Liga huit matchs pour convaincre qu'il peut bien être l'homme de la situation au Stade rennais, celui qui peut redonner la culture de la gagne et du beau jeu à un club un poil dépressif. Huit matchs, dont encore deux derbys à venir et quatre matchs à domicile devant un public un poil désabusé. Huit matchs pour répondre à la question : alors, qu'est-ce qu'on va faire de toi, Philippe ?

Par Régis Delanoë, à Rennes
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