France - Ligue 1 - 26e journée - PSG/OM

Par Grégory Blasco, Emmanuel Guérin et Romain Duchâteau.

PSG/OM : Les origines

En cinéma, on parlerait de prequel. En décembre 1971, l’OM et le PSG se croisent pour la première fois dans une indifférence générale. Loin, très loin du choc médiatique et sportif de dimanche soir.

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L'équipe du PSG lors de la saison 71-72
L'équipe du PSG lors de la saison 71-72
« Honnêtement, j’ai du mal à me souvenir de cette rencontre, mais ce que je sais, en tout cas, c’est qu’à l’époque, Paris était un club comme un autre. Ça n’avait rien à voir avec aujourd’hui. Il n’y avait aucune rivalité. » Benard Bosquier peine à se remémorer avec exactitude le premier clasico de l’histoire, disputé le 12 décembre 1971, au Stade Vélodrome (4-2). Mais il se souvient, en revanche, que la rivalité entre Marseille et Paris était loin de ressembler à la « guerre d’aujourd’hui ». Il faut dire que, pour l’ancien défenseur olympien et le grand Marseille des Skoblar et Magnusson, le PSG de l’époque ne représente rien. Cette rencontre était celle des extrêmes. D’un côté, un OM champion de France en titre, de l’autre un PSG né en 1970 de la fusion entre le Paris FC et l'équipe première de Saint-Germain-en-Laye. Une équipe qui venait de monter en première division. « Paris était un club qui venait d’être créé. Il disputait sa première année en D1. Les deux clubs avaient des objectifs bien distincts : Marseille jouait le titre et Paris voulait se maintenir », explique Michel Kollar, historien du PSG.


« Le vrai rival, c’était Sainté »

Malgré une honorable seizième place, l’année 1972 est celle de la rupture entre Parisiens et Sangermanois. Le PSG repart, la saison suivante, en bas de l’échelle (D3). La division interne du club de la capitale éloigne un peu plus Paris de l’OM. Une rivalité entre les deux clubs est alors inconcevable. Surtout qu’à l’époque, le club phocéen a un autre adversaire. « Le vrai rival, c’était Saint-Étienne », explique Bosquier. En 1971, Marseille ravit le titre aux Stéphanois, pourtant champions de France depuis quatre ans. La concurrence sportive instaurée entre les deux clubs est souvent secondée en coulisses par les vannes entre dirigeants. « On venait d’être champions donc il y avait une vraie rivalité entre les deux équipes sur le terrain. Mais les matchs ASSE-OM prenaient aussi des proportions énormes à cause des deux présidents (Marcel Leclerc à l’OM et Roger Rocher à l’ASSE, ndlr). Ils avaient de très fortes personnalités et n’arrêtaient pas de se chambrer », se rappelle Bernard Bosquier.


D’où vient donc l’antagonisme entre Parisiens et Marseillais ? Pour Michel Kollar, il faut remonter à 1974 pour trouver la trace des premiers échanges musclés entre les deux équipes. « On parle souvent du hooliganisme des années 90 mais, déjà, en 1974, il y a eu un match de Coupe de France qui a dégénéré. Au match aller, au Vélodrome, les Marseillais, qui comptaient sur la Coupe pour sauver leur saison, dominaient la rencontre 2-0. Mais il y a eu des erreurs d’arbitrage et Paris, qui était le petit Poucet, a égalisé (2-2). Après la rencontre, le bus du PSG a été caillassé, c’était assez chaud. Contrairement à ce que certaines personnes peuvent penser, tout n’a donc pas débuté avec l’ère Canal. 1974, c’est le premier vrai fait d’armes entre les deux équipes. »

« A l’époque, c’était surtout pour faire du business »

Les matchs entre les deux clubs dépassent rapidement le cadre sportif pour toucher un aspect culturel, presque sociologique. Un match OM-PSG c’est avant tout un choc entre Marseille la rebelle et Paris la convoitée. La province contre la capitale, le Nord contre le Sud. « Avec cette stigmatisation, on en arrive à des excès. Maintenant, ça s’est calmé. Heureusement car à un moment donné, c’était trop. Les gens ne se rendaient pas compte que ça foutait un bordel terrible. Y avait des blessés, des bagarres. On en fait tout un plat alors qu’il y a des milliers de Marseillais qui visitent Paris et il ne se passe rien et inversement. C’est juste une stigmatisation de club à club », explique René Malleville, chroniqueur sur lephoceen.fr et supporter historique de l’OM. Les clasicos prennent une autre dimension au début des années 1990. Une période marquée par les arrivées presque simultanées de Bernard Tapie à l’OM et de Canal + au PSG. « La rivalité a été fomentée par les présidents de l’époque, Tapie et tous les autres dirigeants. Si les présidents n’avaient pas monté cette histoire, il n’y aurait pas eu de rivalité. Juste une petite aversion entre deux capitales qui se la pètent mais pas plus. A l’époque, c’était surtout pour faire du business », raconte Malleville. Un business nécessaire pour un foot français désireux de retrouver deux grands clubs mais aussi pour les intérêts de Canal +.

Pour Michel Kollar, un parallèle peut même être dressé entre les années 90 et l’ère qatarie des années 2010. « Aujourd’hui, on nous explique que le Qatar est venu sauver le PSG mais, pour moi, il est surtout venu pour crédibiliser ses investissements sur BeIn Sport et sur la Coupe du Monde de 2022. Un peu comme Canal à l’époque. Ils sont venus pour sauver le championnat de France, qui avait besoin d’un autre grand club mais aussi et surtout pour donner un sens au prix exorbitant qu’ils payaient pour le foot. »

Souvent pointée du doigt pour ses excès et sa violence, la rivalité entre Parisiens et Marseillais semble prendre, aujourd’hui, un nouveau tournant. Le PSG actuel n’a pas été créé pour battre Marseille et devenir champion de France. Non, ce Paris-là est né pour devenir l’un des meilleurs clubs du monde. Même si, pour cela, le « club doit être dépouillé de son âme » dixit Kollar. Quelque part et malgré le beau parcours olympien en Championnat, dimanche soir, David affrontera Goliath. Comme en 1971. Comme la toute première fois. Étrange parallélisme.

Par Grégory Blasco, Emmanuel Guérin et Romain Duchâteau.
Parier sur les matchs de Olympique de Marseille

 





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  • Message posté par starfash le 24/02/2013 à 13:24
      

    L'origine ? Simple : Canal+

  • Message posté par Al Bundy le 24/02/2013 à 13:26
      

    starfash

    euh tu pourrais peu- être rajouter la grande gueule de l'époque à savoir nanard tapie non ? Parce que c'est lui qui a proposé à C+ de lancer cette rivalité...

    Mon premier match dans les 80's a été contre l'OM ( victoire 2-1 du psg avec un but de susic ) et à cette époque, hors rivalité du match y'avait aucun problème ni aucun réel antagonisme...

  • Message posté par Al Bundy le 24/02/2013 à 13:27
      

    Putain*...

    Jean Djorkaeff quoi !!! mortelle la photo !!! d'ailleurs pour les histoires de logo, on peut voir qu'à l'époque il était tout autre et que les couleurs n'étaient pas les mêmes...

  • Message posté par Marek Hamsik le 24/02/2013 à 14:31
      

    C'est vrai que c'est une rivalité finalement assez artificielle, mais autant, une personne qui a grandi dans les années 70 ne voyait pas un PSG-OM comme un match entre deux équipes antagonistes, autant ceux qui sont nés dans les 90's ont grandi dans la rivalité Paris-Marseille et ont l'impression que celle-ci a toujours existé, c'est aussi pour ça que ces tensions, malgré l'aspect coup monté par C+ et Nanar, sont toujours vivaces aujourd'hui.

    Après, pour beaucoup de supporters marseillais, plus que les "Olympico" qu'on essaie de nous vendre, voire même plus que les "Clasicos", il existe aussi une vraie rivalité avec Bordeaux, qui perdure encore aujourd'hui. Les OM-FCGB sont historiquement assez chauds.

    En attendant,ne nous éloignons pas du match de ce soir, et allez l'OM !

  • Message posté par sissa le 24/02/2013 à 15:42
      Note : 1 

    Comme quoi, une rivalité forte entre l'OM et l'ETG dans le futur est très plausible.

  • Message posté par forza-OM le 24/02/2013 à 16:55
      Note : 1 

    Si on se fait racheter par Volvic pourquoi pas.

  • Message posté par Nurhachi le 25/02/2013 à 17:16
      

    Un très bon livre sur cette rivalité créée de toute pièce : "OM-PSG, PSG-OM. Les meilleurs ennemis, enquête sur une rivalité".


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