PSG-OM, huit mois après

Le dernier clasico s'était joué sans les supporters marseillais. Celui de dimanche se jouera carrément sans Ultras des deux bords. Une des nombreuses conséquences du plan sécurité mis en place par le PSG.

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On ne supprime pas 13 000 abonnements sans se faire quelques ennemis. Quatre mois après la mise en place du plan sécurité du président parisien Robin Leproux (baptisé “Tous PSG”), le visage du Parc des Princes a changé. La venue de l'Olympique de Marseille dimanche soir ne devrait pas améliorer l'ambiance. Néanmoins, il faut rendre à Robin ce qui appartient à Leproux. Depuis l'ouverture de la saison, aucun incident n'est à signaler en marge des rencontres parisiennes. La mixité souhaitée par le président est présente, Boulogne n'est plus une tribune blanche et l'action est largement saluée. Mais le reste ?

Tout d'abord, comment expliquer le maintien en l'état de l'ensemble du département supporters du club (rebaptisé “cellule sécurité”) compte tenu de son bilan ? Jean-Philippe D'Hallivilée, le responsable, est constamment montré du doigt par une bonne partie des supporters. Difficile de parler de réussite le concernant. Pis, à quoi sert cette cellule aujourd'hui ? Sa composition et son activité ont longuement été vilipendées par les anciens ultras. La cellule dispose pourtant des mêmes prérogatives que l'année dernière. Une stabilité qui étonne d'autant plus que le PSG prétend vouloir tourner une page de l'histoire de ses relations avec ses supporters...

Depuis le début de la saison, le dialogue est rompu entre la direction du club et les anciens pensionnaires des virages. Surtout avec ceux d'Auteuil. Pour protester contre la fin des abonnements et le placement aléatoire, de nombreux supporters, dont l'ensemble des leaders des anciens groupes, ont décidé de boycotter le stade et de ne plus y remettre les pieds tant que le plan Leproux serait en vigueur. Après les interpellations et interdictions de stade massives suite aux manifestations hostiles au plan lors de la reprise du championnat, les contestataires ne se font plus guère entendre au Parc ou à ses abords, à l'exception des 200 habitués de Boulogne qui se sont regroupés en tribune Paris à l'occasion de la venue de Rennes. Récemment, une réunion était prévue entre le board et les anciens résidents des virages pour renouer le dialogue. Un rendez-vous annulé par les supporters. Pas envie de négocier.

Pour démontrer leur motivation, les deux franges se sont déplacées de manière "sauvage" à Dortmund, par leurs propres moyens. Près de 400 "bannis" parisiens garnissaient, chaque camp dans son coin, l'enceinte allemande. Une manière visible de contester. Pour tenter de reprendre contact en vue d'un retour des abonnements -aléatoires ou non-, Robin Leproux et son équipe ont fait appel à une aide extérieure. Ainsi, Alain Cayzac et Franck Borotra ont été désignés médiateurs dans le dossier des supporters. En nommant deux figures du club, Robin Leproux espère (re)nouer un dialogue constructif avec les anciens habitués des tribunes. Car mine de rien, 13 000 abonnés en moins, c'est un manque à gagner. A priori, seuls les anciens leaders du kop de Boulogne sont déjà entrés en contact avec Alain Cayzac. Il faut dire que la volonté de retrouver le stade est très présente chez les historiques du KOB, nettement moins chez les ex-leaders du virage d'en face, à quelques exceptions près. Visiblement, le vent a tourné. Leproux semble avoir besoin des fans, eux moins.

D'ailleurs, non contents de boycotter complètement les travées du Parc, certains supporters n'hésitent pas à se rendre en déplacement pour supporter les sections "amateurs" du Paris-SG. Ainsi, début novembre, ce sont 200 anciens pensionnaires du virage Auteuil qui se sont rendus à Hénin Beaumont pour encourager les féminines. Une manière de montrer ouvertement leur dégoût du plan mis en place par Robin Leproux. Une guerre des nerfs à taille humaine.

Invitations, dissolutions des PSG-Club et stade vide

Le gros point faible du plan sécurité tient dans la fréquentation du stade. Malgré les nombreuses invitations distribuées à chaque match, l'affluence moyenne du Parc tire la gueule. A l'heure actuelle, le taux de remplissage du stade affiche 53% avec une moyenne de 25 000 spectateurs par match, invités compris (6 000 personnes de moins que l'an dernier, 15 000 de moins qu'en 2008/2009). Ceci sans parler de l'ambiance littéralement absente depuis le début de saison, à l'exception de légers frémissements lors du choc perdu contre Bordeaux. Le plan a même eu raison de certains PSG Club. Début septembre, le PSG Club Picardie mettait la clé sous la porte devant les difficultés pour venir encourager leur équipe en toute convivialité. Le PSG Club Gers serait dans la même optique. C'est moche. Au contraire, la mouvance "liberté pour les abonnés" a pris du poids. Ce collectif réclame le retour à l'ancien système des abonnements en estimant être la victime collatérale du plan sécurité. Si leur position n'est pas toujours facile, puisque certains ultras leur reprochent de vouloir prendre leur place, ils commencent à se faire entendre en cherchant à rassembler largement les anciens abonnés. Une épine de plus dans le pied de Robin Leproux.

On en oublierait presque que le club espérait fêter dignement son quarantième anniversaire. Force est de constater que l'année s'annonce difficile. Même Germain le lynx est en arrêt maladie. Quant aux retours des tifos et des chants au Parc des Princes, il faudra du temps. Beaucoup de temps. Et même si les abords du stade sont devenus calmes, le conflit entre Auteuil et Boulogne est toujours présent. Il a juste été mis de côté. Pour le moment. Malgré quelques escarmouches mineures aux quatre coins de Paris, les deux franges s'ignorent depuis la reprise du championnat. En revanche, la nouvelle orientation ouvertement politique de certains jeunes indépendants interpelle. Récemment, on a pu voir des jeunes durs du KOB trainer dans les rassemblements nationalistes. A l'inverse, les leaders gauchistes n'ont pas constaté un renfort substantiel de la part des anciens d'Auteuil, malgré les stickers antifascistes visibles dans le métro. La preuve que le postulat d'une connexion politique ne marchait pas forcément dans les deux camps...

Jean-Paul Merthod

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