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PSG-Málaga, le mariage impossible

La rumeur avait belle gueule : le proprio du PSG devait racheter Málaga, joujou de son cousin. Sauf que voilà : entre un montage financier impossible et une situation où il n’y a finalement pas besoin de gros sous qui seraient vains, il n’en sera rien. Explications.

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Tout ne serait qu’une histoire bateau. De yacht plus précisément. Désireux d’amarrer sa barque dans le port de Málaga, Abdullah Ben Nasser Al Thani rachète le club de la Rosaleda durant l’été 2011. Dans le deal, il est négocié avec la mairie locale pour que la rade soit agrandie, histoire que son yacht puisse s’y garer. Pas peu fier de son nouveau joujou, le cheikh y va tout de même de son recrutement footballistique ronflant. Cazorla, Mathijsen, Demichelis, Toulalan et Van Nistelrooy débarquent sur la côte andalouse. Rien que ça. Un été plus tard, et pour la première fois de leur histoire, les Boquerones sont qualifiés pour la plus prestigieuse des compétitions européennes. Un rêve qui va vite prendre du plomb dans l’aile puisque dans les semaines qui suivent, le Cheikh coupe les vivres. Le club, sans un kopeck en poche, voit ses meilleurs éléments se faire la malle et l’UEFA lui coller, dès décembre, une sévère suspension. Tout juste qualifié en quart de finale d’une compétition qu’il ne retrouvera sans doute pas la saison prochaine, Málaga a vu en ce début de semaine une rumeur un peu folle faire son arrivée : et si le boss du PSG rachetait les Boquerones ?

La famille, toujours la famille

À première vue, l’histoire paraît bien ficelée. Pas vraiment amateur de football, Abdullah Ben Nasser Al Thani demande à son cousin, Tamin ben Hamad Al Thani, de reprendre son affaire andalouse. Le Tamin en question – qui n’est autre que le propriétaire exclusif du Paris Saint-Germin – n’est pas franchement opposé à ce rachat. Après quelques tergiversations, il acquiesce et s’accapare un nouveau jouet voué au rayonnement de son émirat. Sauf que le montage financier est des plus complexes : l’UEFA interdisant à une même personne de détenir deux clubs dans une de ses compétitions (jurisprudence Abramovitch oblige), la famille royale doit se trouver un prête-nom. Détail de poids pour que ce rachat ait un sens, il doit se faire avant le 31 mars prochain, date butoir pour le paiement de l’amende de trente millions d’euros infligée au club andalou par l’instance européenne pour ses arriérés et impayés. Mais voilà : tout ce beau scénario ne restera qu’au stade de la science-fiction.

D’abord parce qu’il est en pratique impossible de monter un tel dossier avant le 31 mars. Donc malgré les milliards d’euros dans le compte en banque du cheikh andalou, son cousin ne va pas lui demander de payer avec le risque que la candidature - pour une raison ou pour une autre - n’aboutisse pas. Sauf que, peu enclin à verser le moindre centime pour les beaux yeux de Platini, le réglement prévoit qu’en cas de non-paiement, la suspension de Málaga serait ainsi doublée : déjà hors-course pour la prochaine compétition européenne pour laquelle il se qualifie, son exclusion vaudrait pour une nouvelle année. Quel intérêt donc pour le PSG de racheter un club qui ne peut pas jouer la Ligue des champions ? Un scénario qui pousse au pessimisme : personne parmi les personnes interrogées n’imagine le club se relever d’une telle situation. D’où la déclaration de Vicente Casado, directeur général du club, aujourd’hui mercredi lors d’une conférence de presse : « Je nie complètement tout type d’offre ou d’intérêt de n’importe quel club pour acheter Málaga. On a parlé d’un club, le PSG, ce qui est totalement faux. » Dans le même temps, le toujours propriétaire du club s’est fendu d’un commentaire en 140 signes : « Je ne sais pas quand prendra fin la rumeur : pourquoi seulement Málaga ? Il n’y a pas d’autre club au monde ? » Le problème de Málaga est aujourd’hui devenu bien plus politique qu’économique.


Pour l’exemple ?

La rumeur de la radio Canal Sur, balayée par les voies officielles, ne prend pas non plus chez les autres journaux locaux. Ainsi, pour Juan Calderón, journaliste chez Diario Sur, « il n’existe pas de lien pour ce rachat » . « Le problème de Málaga est beaucoup plus profond qu’un simple manque d’argent, poursuit-il. Le cas de Málaga est vraiment symbolique car sa dette n’excède pas 15 millions d’euros. Tu peux prendre des clubs comme l’Atlético, Osasuna, ou encore Valence avec ses 340 millions d’euros de dette, ils n’ont aucun problème avec l’UEFA. Si Málaga est dans cette situation, c’est parce qu’il n’a pas trouvé d’accord avec le ministère du Trésor Public. Le même ministère qui a alors demandé à l’UEFA de prendre des sanctions… » Du haut de ses 15 millions d’euros de dette, le cas Málaga est un cas symptomatique de ce football espagnol qui accumule les pépins économiques. Dans de telles circonstances, personne n’imagine dans le Sud de l’Espagne qu’une issue soit vraiment favorable pour le club des anchois (Boquerones en VO). Le recours devant le TAS prévu le 14 mai prochain sera donc juge de paix. Le bateau, lui, n’est toujours pas arrivé en port de Málaga, il a été dérouté vers Marbella. Tout va bien.

Par Robin Delorme, à Madrid
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