PSG, like a Virgin

Le PSG était hier sur les Champs-Elysées. Pas pour défiler avec le trophée de L1, mais pour signer un nouveau livre, « PSG, 40 ans de Passion » . C'est déjà ça.

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Mercredi après-midi. A part les touristes, pas grand monde sur les Champs avec ce froid. Dans la boutique du PSG, les photos de Hoarau, Erding, Jallet, Makelele et Sakho trônent en vitrine. Et Cristiano Ronaldo aussi, mais le Portugais ne doit sa présence qu'à une pub Nike. Au vrai, c'est au Virgin Megastore que notre affaire se passe. Pas de file sur le trottoir, mais du monde dans le magasin jusqu'en haut du grand escalier. Un retardataire : « Je suis en retard parce que je jouais à FIFA 11. J'ai le seum, le mec a pris le Real et moi Paris. Bon, il a gagné mais après, je l'ai tapé avec le Barca » . Pas de Leo Messi ou Xavi ici, mais bien Jallet et Nenê en dédicace. Dans la foule, beaucoup de jeunes ont fait le déplacement. Quelques écharpes, un peu de maillots, la mode est à la tenue civile chez le supporter.

Vincent tente une analyse, en habitué des signatures : « S'il y avait la crise de novembre, il y aurait moins de monde, notamment chez les très jeunes qui ne connaissent pas l'histoire du club. Mais j'ai déjà vu plus de monde que ça, l'an dernier par exemple avec Sakho et Giuly. Honnêtement, je m'attendais à voir même des gens attendre sur le trottoir... Mais il n'y a pas eu beaucoup de com' sur l'événement, moi j'ai bien reçu un mail, c'était pas bien indiqué sur le site du club... » . Son pote vient d'arriver et s'impatiente déjà : « On attend trois heures pour un autographe et une photo, c'est ça ? » . A peu près, ouais. L'heure avance, mais pas la queue. Déjà vingt minutes de retard pour les Parisiens. Alors, les familles s'organisent. Papa fait la queue tout seul comme un con pendant que Maman va occuper les enfants. Un kid tente un « Allez Paris » timide. Pas assez fort, un beau bide. En attendant, les cadreurs font des plans de la foule. Un gars : « Il y a France 2, fais coucou à la caméra » . L'autre : « Non attends, je suis censé bosser là... » .


17h40. Un frémissement. Ça s'agite derrière le grand panneau. « Ça va, c'est pas Brad Pitt ! » balance un aigri. N'empêche, le public n'a pas bronché malgré les quarante minutes de retard. Heureusement que Paris est quatrième du championnat. Les deux Parisiens ont même droit à des applaudissements nourris à leur montée sur le podium. Et c'est parti pour le marathon : écharpes, posters, maillots, livres. Tout y passe. Et si on peut gratter une bise ou une poignée de mains, c'est du bonus. Les joueurs se plient à l'exercice avec le sourire. Ils ne bronchent même pas quand on leur demande de signer un maillot de Liverpool... Une pensée pour toi, David Ngog. La cadence est soutenue, deux gardes du corps sont chargés de maintenir le tempo élevé. Du coup, quelques marioles tentent de se faire remarquer parmi les anonymes. La palme revient à cet ado, muni d'un bouchon rouge sur le nez : « Hé, moi aussi j'ai un nez-nez ! » . L'humour a de la chance, la relève est prête. « Il y a du monde, c'est cool, ça fait plaisir, reconnaît Christophe Jallet. Si ça flatte l'ego ? Oui et non. S'ils sont là, c'est parce qu'ils sont derrière. Après c'est sympa d'échanger avec les gens » . Un supporter interrompt justement le défenseur : « T'es un bon toi, continue. Toi tu cours, il y en a qui courent pas dans l'équipe ! » . Cri-cri se marre, remercie et appuie sur Next. Comme sur Chatroulette, mais en live.

Les fans ont tous un mot gentil. « Bon match samedi » , « Jallet, tu mérites l'Equipe de France » , « Nenê, tu vas finir en Seleçao, c'est sûr ! » . Marrant. « En général, ceux qui font l'effort de se déplacer ne viennent pas nous en mettre plein la tête, ils restent cool, précise l'ancien Lorientais. L'an dernier, je l'avais fait avec Melvut et ça s'était bien passé malgré le classement » . Au pire, certaines personnes essayent de se placer : « Salut, je suis photographe professionnel, je vous laisse ma carte » . On a même entendu un très classe : « Venez dans mon resto, pour vous, c'est gratuit ! » . Nenê se montre aussi agile du marqueur que du pied gauche. Mais un poster l'interpelle : « C'est moi ça ? Elle est moche la photo... » . En deux secondes, la signature est posée. Vu le monde encore présent, fini les photos et le bla-bla, on passe à une seule signature par personne. Les mecs de la sécurité font passer la pilule avec un classique « Merci, bonne soirée » façon videur de boite de nuit. Au bout d'une heure, on va prendre des news du poignet de Jallet : « Ça va, je n'ai même pas encore mal. Je n'ai pas beaucoup bu d'eau ? Je préfère le vin, mais je n'ai pas le droit en public » . Justement, c'est l'heure de l'apéro. On rentre. Dehors, un cinglé fait des bulles de savon géantes. C'est aussi ça Paris.


Par Thomas Bohbot

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