Ligue 1 - PSG - Supporters

Par Antoine Aubry et Anthony Cerveaux

PSG, les interdictions administratives de stade en question

Alors que des interdictions administratives de stade (IAS) tombées après PSG-Saint-Etienne, le 07 août 2010, viennent d’être cassées en appel par les tribunaux administratifs, de nouveaux supporters parisiens viennent de faire l’objet d’IAS suite à l’épisode du Camp des Loges*. L’association Liberté pour les Abonnés (LPA), qui regroupait depuis deux ans d’anciens abonnés d’Auteuil et de Boulogne, a décidé de s’auto-dissoudre en protestation.

Note
45 votes
45 votes pour une note moyenne de 4.54/5
Cliquez sur une étoile pour donner la note

PSG, les interdictions administratives de stade en question
PSG, les interdictions administratives de stade en question
Il s’appelle Damien. Bientôt la trentaine, et huit années d’abonnements au Parc des Princes derrière lui. Il a été interdit de stade pendant quatre mois à la fin de l’été 2010. Son seul tort ? Avoir été interpellé lors d’une manifestation contre le plan de sécurité du Parc des Princes, dit « plan Leproux », à l’occasion de la rencontre PSG-Saint-Etienne, le 7 août 2010. Il n’avait aucun antécédent judiciaire.

IAS cassées par les tribunaux administratifs

Après cette interpellation, au commissariat, les supporters se sont échangés leurs adresses mails dans le but d’en parler à la presse. Alors qu’ils pensaient avoir simplement été arrêtés pour un contrôle d’identité, Damien et ses potes reçoivent, quelques jours plus tard, une interdiction administrative de stade, délivrée par la préfecture de police de Paris. Quatre mois chacun. Sale nouvelle. C’est le début du « collectif 07/08 », en référence à la date de l’incident, pour faire annuler ces décisions préfectorales.

Plus d’un an et demi après, chaque IAS traitée par le collectif a été annulée par les tribunaux administratifs chargés de les examiner « avec en moyenne 1000 € de dédommagement au titre des frais engagés » précise le « collectif 07/08 », dans un communiqué. Seule ombre au tableau, tous ces jugements interviennent bien après la fin de leurs interdictions de stade. «  C’est fatiguant. Et très frustrant de voir qu’il n’y a eu aucune exposition médiatique, ou très peu », déplore Damien. Maître Jérôme Triomphe, avocat des membres du collectif 07/08 et d’autres supporters parisiens interdits de stade depuis 2007, dénonce : « Ca fait 5 ans que le préfet prend des interdictions administratives pour des motifs fourre-tout, pas du tout individualisés et au final injustifiés et ça fait 5 ans que quasiment toutes les IAS qu’on a eu à traiter ont été annulées car le préfet n’a pas pu prouver, derrière, les faits qui étaient reprochés aux supporters».

IAS, attention danger ?

En France, il existe deux types d’interdictions de stade. Les interdictions judiciaires de stade (IJS), prononcées lors d’une procédure pénale, et les interdictions administratives (IAS) qui sont le fruit d’une décision du ministère de l’Intérieur ou d’une Préfecture. « Le problème avec les IAS, c’est qu’avant elles n’étaient pas très utilisées par le ministère de l’Intérieur et les Préfets. Mais quand ils se sont rendus compte que personne ne contestait, ils ont commencé à les généraliser », indique Damien. À la base, le but était de trouver une parade à la lenteur de la procédure des IJS pour des faits graves. Mais pour Damien, elles « peuvent devenir un réel souci pour la démocratie. Quand on voit comment Jean-Louis Fiamenghi, (le directeur de cabinet du préfet de police de Paris, ndlr) s'en sert à outrance pour tout et n'importe quoi, on est en droit de s'inquiéter ». Maître Jérôme Triomphe, corrobore : « Les IAS sont utilisées à des fins non pas de sécurité mais de communication médiatique pour donner l’illusion de l’action alors que ces arrêtés sont non seulement inefficaces mais illégaux et gravement attentatoire à la liberté d’aller et de venir puisqu’elles sont pratiquement toujours assortie d’une obLigation d’aller pointer au commissariat ».

Les décisions obtenues par le collectif 07/08 n’ont pas fait jurisprudence. La récente visite d’une cinquantaine de supporters parisiens au Camp des Loges, pour protester contre l’absence de dialogue de la part du club, a connu le même traitement. Plusieurs supporters ont reçu des coups de téléphone de la part du commissariat les informant d’interdictions administratives de stade prises en urgence. « Tous les leaders des entités présentes ce jour-là », assure Jérémy Laroche, responsable du défunt collectif Liberté pour les Abonnés (LPA). Motif : avoir fait partie d’un groupe de supporter du PSG qui est entré dans le camp d’entraînement du club avec des engins pyrotechniques. « Tout cela est faux, proteste Jérémy Laroche, on est rentré seulement dans le parking, c’était pas une manifestation sportive, donc ça ne justifiait pas d’IAS. Et les engins pyrotechniques ont été allumés à la fin dans la rue lorsqu’on a quitté le Camp des Loges. Il y a avait trois services de police différents qui étaient présents, si on avait dans l’illégalité, ils nous auraient interpellé. Or ça n’a pas été le cas ».

Auto-dissolution du collectif Liberté pour les abonnés

En protestation « face à un système injuste et ultra répressif », comme l’explique leur communiqué, le collectif LPA qui regroupait 400 supporters, anciens abonnés d’Auteuil, de Boulogne et de la tribune G, et qui voulait être un interlocuteur identifié pour discuter avec le PSG, a décidé de s’auto-dissoudre. « Il n’y a plus de discussions officielles avec le club, ils n’ont de toute façon jamais été réceptifs à toutes nos tentatives pour ouvrir le dialogue, explique Jérémy Laroche, et puis c’est un moyen de couper l’herbe sous le pied des autorités, dont notre dissolution était un objectif ». Les membres de LPA dénoncent également, par ce biais, les IAS reçues en marge des opérations de contestation, moyen selon eux de « décapiter la lutte » et pour lesquelles, ils prévoient de mener tous les recours possibles. « Le préfet ne tient aucun compte des dizaines d’annulations de ces IAS qui ont été prononcées devant les tribunaux administratifs. Il s’en moque car de toute façon ces mesures sont exécutoires et produisent leurs effets bien avant l’annulation des interdictions de stade », regrette maître Triomphe.

Cette auto-dissolution n’est pas un « aveu de faiblesse », assure le responsable de l’ancien collectif : « Elle n’annonce pas l’abandon de la lutte, au contraire on va continuer à contester mais d’une nouvelle manière, chacun dans son camp, et il n’y aura plus d’association sur qui taper ». Damien, de son côté, n’est désormais plus interdit de stade, mais après l’attitude du PSG dans cette affaire, pas question pour lui de remettre les pieds au Parc des Princes.

* Lire : Bordel au Camp des Loges


Suivre Anthony Cerveaux sur Twitter Par Antoine Aubry et Anthony Cerveaux

Parier sur les matchs de Paris Saint-Germain

 





Votre compte sur SOFOOT.com

3 réactions ;
Poster un commentaire

  • Message posté par AlertaBordeaux le 23/03/2012 à 20:51
      

    Très intéressant comme article, à quand par contre un article sur les IAS en elles même. Je m'explique, les IAS ne sont pas justifiés et sont adressé à toute personne étant susceptible de faire des actes répréhensibles dans un stade (déjà que le champs des possibles dans un stade est limité aujourd'hui). Personnellement ça me rappelle une phrase de Hannah Arendt (pas n'importe qui donc) qui dit que la terreur dans les totalitarismes touche des personnes susceptibles de de faire des actes répréhensibles c'est-à-dire en fait tout le monde. La comparaison est disproportionné entre par exemple l'URSS stalinienne et la France actuelle mais certaines réalités existes. Là dessus ça m'étonne que des procédures juridiques plus importantes n'ait pas lieu (même si quand ça concerne les supporters les affaires sont étouffés, exemple des plaintes lors de Lyon-Bordeaux où la SIR pour sa première intervention va matraquer et gazer hommes, femmes et enfants dans le parcage visiteur pour un majeur tendu, une centaine de plaintes classés sans suites) où même que ce n'est que peu évoqués dans les médias même si l'ont ne peut pas vous reprocher ça à so foot sachant que vous êtes un des seuls médias important à dénoncer ce qui se passe dans les tribunes aujourd'hui.

  • Message posté par abbesses le 23/03/2012 à 21:56
      

    à la lecture d'un paquet de posts içi (les miens y compris bien sûr), comme par exemple "Jean Jacques Goldman est un dieu d'la musique"(ps le dernier musicien français étant Maurice Ravel). j'voulais bazarder ma collec' de sofoot à la poubelle et me concentrer sur les cahiers.mais bordel, alertabordeaux.. tu cites Hannah Arendt et là, bah bravo! me disais que l'profil du lecteur de SF était bien tombé bas, mais d'un coup j'ai le sourire. MERCI

  • Message posté par kukrapok le 24/03/2012 à 05:20
      

    merci aux pouvoirs publics d avoir fait du bien au football populaire et d avoir stygmatise des centaines de passionnes...merci vraiment...vos mandats sont pourris, vos ideaux sont nauseabonds...degagez


3 réactions :
Poster un commentaire