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  2. // PSG/Auxerre (3-2)

PSG, la victoire du sursis?

Antoine Kombouaré et son PSG ont battu Auxerre (3-2) avec un grand Nenê et un bon Ménez. Pour autant, le coach francilien a-t-il sauvé sa tronche ? Rien n'est sûr avec ce club où le bordel est permanent.

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« C'est à travers les défaites qu'on voit les hommes et si les équipes ont une force de caractère » . Force est de constater que de ce côté-là, le PSG a vu. Trois défaites de suite, zéro but marqué, Antoine Kombouaré en mode jubilé, ce PSG-Auxerre promettait un torrent d’émotions. Histoire de crever avec ses idées, AK part à la guerre avec ses mecs. Retour de Tiéné et Camara dans le onze, et continuité offensive avec le quatuor Nenê/Pastore/Menez/Gameiro via son immuable 4-2-3-1. Pour calmer le bordel ambiant, il faut une réaction et des points. La donne est simple. Aussi simple que la composition auxerroise de Laurent Fournier (4-3-3 maison avec un milieu Segbefia, Ndinga, Chafni tout en muscles). Une équipe bourguignonne qui tire également la tronche, au passage. Encore plus après cette nouvelle défaite face à un PSG plus réaliste mais toujours aussi suffoquant (3-2).

Et comme rien n’est jamais simple au PSG, l’accueil du Parc des Princes est glacial. Des insultes, des sifflets et des applaudissements pour Antoine Kombouaré, et seulement lui. Autrement dit, il faut se bouger pour les Franciliens. Un postulat très vite respecté par Nenê qui va remuer le côté droit de la défense adverse enchaînant centres et débordements. Jouant beaucoup plus haut qu’au Vélodrome, les locaux se rendent maîtres de la gonfle et semblent beaucoup plus amoureux du combat physique qu’il y a une semaine. Les idées sont là. Comme la fébrilité défensive parisienne, à l’image d’un Tiéné souvent en retard sur Oliech. Le match, bien parti, tombe très vite dans un faux rythme. La frappe soudaine d’Alain Traoré en dehors de la surface n’empêche pas les premiers bâillements. On est à deux doigts de s’enflammer quand Sissoko boxe le cuir du crâne sur un corner de Nenê. Bon, la balle part à sept mètres du but auxerrois. Pourtant, ce temps fort coïncide avec une bonne période parisienne. Le jeu est plus rapide, porté vers l’avant, malheureusement, le PSG est inapte au jeu aérien. Et chaque corner est galvaudé. Cette première période s’est donc résumée à regarder Nenê tirer des coups de pieds arrêtés. C’est stérile. Terriblement stérile. Mais les intentions sont là. C’est le minimum. Matuidi se pète, Bodmer rentre, la nonchalance va être de mise. Le match est atypique. On observe des choses inhabituelles, comme Pastore qui se bat. Physiquement, on entend. Comme convenu, aucun but claqué à la pause, ça siffle, ça pleut. Le jubilé Kombouaré suit tranquillement son cours.

Poissards ou maladroits ?

Ça a forcément dû gueuler à la pause car les Parisiens sont plus toniques au retour des vestiaires. Sur un enchaînement Jallet-Menez, Pastore rate sa reprise, seul à deux mètres de Sorin. Mais ce n'est pas rien avec le raté de Nenê soixante secondes plus tard. Sur un nouveau numéro de Menez côté droit, Nenê se foire complètement sur la reprise, face au but presque vide, et tapote le poteau. En deux minutes, le PSG a croqué deux fois la feuille de match. La troisième sera la bonne. Sur un centre dévié de Nenê, Gameiro remise intelligemment de la tronche pour Jérémy Menez qui décale dans la profondeur Jallet. Du droit, l'ancien Lorientais flingue Sorin. 1-0, le plus dur est fait grâce à une nouvelle galette du trappeur Davy Crockett Menez. Mais avec Paris, il faut s'attendre à tout. Oliech égalise suite à une nouvelle apathie défensive du PSG. Tiéné est mangé, Camara aspiré, et le Kenyan peut frapper deux fois en cinq secondes pour égaliser. Décidément, ce PSG est malade et terriblement friable mentalement. Sur une énorme erreur de communication entre Sakho et Camara, Le Tallec est à un mètre de crucifier Sirigu. On sent les Parisiens paralysés, stressés, asphyxiés, apeurés. On sait comment ça se termine ce genre de soirée...


Le but d'Oliech a sonné la Porte de Saint-Cloud. Aussi bien en tribunes que sur le pré, les locaux sont KO. Et c'est pourtant au moment où l'on sent le PSG au fond du gouffre qu'il reprend l'avantage. Sur un décalage génial de Pastore, Nenê profite de l'appel de Tiéné pour ouvrir la défense auxerroise et délivrer un caviar pour Ménez qui plante son troisième but de la saison. Pour une fois, les hommes de Kombouaré ont fait preuve de mental. A l'image d'un Nenê survolté qui s'amuse de Cédric Hengbart pour provoquer une pénalty. Qu'il transforme. Facilement. En trois minutes, Paname plante deux buts. C'est fou. Comme le Parc des Princes qui est a deux doigts de faire une ola. Le missile de Dudka dans la lunette de Sirigu sur coup franc remettra les pendules à l'heure. L'ensemble parisien est encore trop fragile. Finalement, c'est dans la douleur que le PSG l'a emporté. Pour autant, l'avenir est toujours aussi confus. Sur la rencontre, on n'a rien appris. Pastore est encore dans ses chaussettes, Menez et Nenê sont parfois irritants, mais ils sont impliqués dans les trois buts, quant à la défense, elle a encore pris deux pions et n'a présenté aucune garantie. Difficile de tirer des conclusions, donc. Au coup de sifflet final, Kombouaré avait endigué le malaise. Sur le plan comptable en tout cas. Pour la suite, tout est possible.


Par Mathieu Faure
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