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Profitons encore de Xavi

En entrant en jeu face à l'Espanyol, Xavi Hernández a honoré sa 500e apparition en Liga. Toutes sous les couleurs blaugrana, elles lui permettent d'entrer dans un cercle très fermé. Espérons seulement que le Pelopo ne fasse pas ses adieux dès la fin de saison.

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L'estadio Luis Sitjar n'est plus. Abandonnée en 1999 par l'équipe première du RCD Majorque, délaissée par la réserve en 2007, partiellement brûlée par un incendie en 2011, l'enceinte des Baléares est en friche, seulement peuplée par de rares animaux et une végétation sauvage. Quelques années auparavant, le 18 août 1998, le spectacle répond à d'autres critères. L'antre majorquin fait alors le plein d'aficionados pour la finale aller de la Supercoupe d'Espagne. Pour y défier les Barralets, le FC Barcelone de Louis van Gaal se présente en grand favori. Entre Luis Enrique, Rivaldo et Cocu, un jeune Catalan glane la chasuble des titulaires. Xavi Hernández, sa toute fraîche majorité et son mètre soixante-dix s'en rappellent comme d' « un rêve devenu réalité » : « Le jour précédent, Louis était venu dans ma chambre d'hôtel et m'a dit qu'il allait me mettre d'entrée contre Majorque. Cette nuit-là, je n'ai pas pu dormir. C'était le moment que j'avais espéré depuis que j'étais petit, j'en étais si proche que j'étais devenu nerveux » . Le pion de l'ouverture du score plus tard, le stress a laissé place au plaisir. Et ça fait 17 ans que ça dure.

« Si Xavi s'en va, je divorce »


Du Pelopo à Maqui, les surnoms de Xavi Hernández suivent les différentes époques blaugrana. De ses brillants débuts sous la houlette du « Nain Vénéneux » - « Enano Veneno » en VO -, il connaît une longue période de turbulences. À l'instar d'un Barça qui a perdu de son ADN, il se retrouve perdu, esseulé. Et retrouve les joies de l'équipe réserve. Ce que raconte sa mère, Mario Merce Creus, dans les colonnes de la Gazzetta dello Sport en 2011 : « À l'époque, il jouait dans l'équipe B du Barça, il avait 19 ans et venait de remporter le Mondial des moins de 20 ans. Galliani s'est alors entretenu avec mon mari, Joaquín. Il avait suivi Xavi au Nigeria, où il avait réalisé un extraordinaire tournoi. Il lui garantissait une place de titulaire, et aussi une villa. Nous avons analysé la chose en famille et tout le monde était contre moi. J'ai alors dit à mon mari : "Si Xavi s'en va, je divorce" » . De rupture, la mairie de Terrasa n'aura nul besoin d'en consommer. Barré par Guardiola, Xavi suit les conseils maternels et résiste à la sale période de black-out du Mes que, incapable de remporter un titre majeur entre 2000 et 2005.

Le point d'inflexion de cette carrière mirifique se trouve en 2004, dans la banlieue madrilène. Convoqué par le nouveau sélectionneur, mais pas vraiment dans les plans de ses prédécesseurs, Xavi se retrouve face à un énergumène au sang colchonero. « Je venais d'arriver dans la Ciudad Deportiva de Las Rozas. En me voyant, Luis me dit : "Tu en penses quoi ? Que le vieux fils de pute n'allait pas t'appeler ?" Du coup, je lui dis : "Non, à aucun moment je n'ai pensé cela" » , raconte-t-il dans le magazine Panenka. De cette première rencontre s'ensuit une idylle avec Luis Aragonés qui change du tout au tout la perception footballistique de Xavi, qui poursuit : « Il nous répétait toujours que les conditions physiques, nous ne les avions pas, mais que techniquement, nous étions parmi les cinq meilleurs du monde. Alors, nous avons pris ce chemin : le style était la clé » . Ce périple le mène jusqu'à Vienne, capitale européenne d'un soir de juillet 2008. À la baguette de la Roja, il dicte le tempo et raconte une certaine idée du football. Avec l'apogée de Xavi Hernández Creus, le Barça peut espérer renouer avec son passé glorieux estampillé Cruijff.

« Regarder ton coéquipier avant ton individualité »


Car si la venue de Guardiola semble être la clé de voûte de la domination blaugrana, dans les titres et dans les esprits, rien n'indique que sans Xavi, et son faux frère Iniesta, la destinée aurait tant offert aux aficionados du Camp Nou. Ce débat enchante de toute façon peu l'intéressé. Ses exploits, son palmarès, il n'en tire qu'une seule gloire : celle d'avoir gagné en équipe : « Le football est ainsi, c'est un sport d'équipe qui te fait regarder vers ton coéquipier avant ton individualité » . De toute façon, le natif de Terrasa ne s'est jamais amusé au jeu des comparaisons. Il s'est toujours su perdant : trop frêle, pas assez rapide, pas assez sexy… Rien dans son bagage ne lui a jamais permis de truster les titres individuels. Qu'importe, il a eu « la chance de dépasser mes rêves. Je n'aurais jamais imaginé arriver sur le podium du Ballon d'or. Et collectivement, j'ai tout gagné, une chose impensable. Si on me l'avait dit en 2004, quand tout le monde me critiquait, je ne l'aurais pas cru » . De même, il n'aurait sûrement pas cru infliger une manita au Real Madrid ou un set au Santiago-Bernabéu…


Alors, que restera-t-il de Xavi une fois son départ officialisé ? Ce sens de la passe, du placement, de la gestion du tempo… Chef d'orchestre formidable du plus grand Barça de l'histoire, il reste avant tout un homme qui ne sait pas dire non. Comme l'été dernier, lorsque ses cliques et ses claques étaient prêtes à se faire la malle pour New York et une retraite dorée bien méritée : « J'étais sur le point de partir, mais Luis Enrique m'a convaincu de rester. Il a été très clair : si je le mérite, je vais jouer. Un peu comme durant toute ma vie » . Une vie bien remplie, donc, comme en atteste son palmarès long comme un livre. Avec ses 25 trophées, ses 131 sélections, ses 751 matchs avec le Barça, il restera à jamais le plus grand des petits Catalans. Et ne cesse de renvoyer l'espoir, un peu fou, de le revoir, d'ici quelques années, sous une guérite : « Cruijff m'a un jour dit que la plus belle chose de notre vie était de jouer, mais ce qui se rapprochait le plus de cette sensation était d'entraîner. J'aime me lever et sentir l'odeur de la pelouse, entendre le ballon : c'est ma vie » . Une vie footballistique qui touche bientôt à sa fin, et qui rendra le football un peu plus vieux. Alors profitons encore quelques week-ends de Xavi.

Par Robin Delorme, en Espagne
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