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Président Bourgaud

En 2017, Emmanuel Macron a établi ses quartiers à l’Élysée et François Ruffin - le réalisateur césarisé de Merci Patron ! - a cassé les portes de l’Assemblée nationale. Mais l’homme de l’année en Picardie restera Emmanuel Bourgaud, héros de la première montée en Ligue 1 de l’Amiens SC. Portrait d'un mec unanimement apprécié, qui a ressuscité l'appellation de numéro dix de province.

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Ce vendredi 19 mai, le sprint final de la Ligue 2 touche à sa fin. Six candidats pour trois places : la lutte pour l’accession n’a jamais été aussi serrée lors d'une dernière journée. Il est 22h21. Strasbourg célèbre déjà son titre, Troyes et Lens attendent la délivrance. Tous les matchs sont terminés sauf à Reims. C’est le coup franc de la dernière chance pour Amiens. On joue la 95e, bientôt la 96e, le gardien Régis Gurtner déserte sa cage. Puis, un coup franc, une déviation de la tête, la remise au milieu de la surface, encore une tête... « sur Bourgaud qui FRAPPEEE... ET QUI MARQUEE !!! » Un rugissement parcourt le stade Auguste-Delaune. Vite, tout le banc amiénois court ensevelir le buteur à l’autre bout du terrain. Amiens s'impose (2-1) et Emmanuel Bourgaud vient d’envoyer le club picard dans l’élite, pour la première fois de son histoire, à la dernière seconde de la saison. Magique.




Le « but de [sa] vie » est un coup du destin. Jusqu’à ce dernier ballon, Bourgaud, entré en jeu à un quart d’heure de la fin, ratait tout ce qu’il entreprenait, frustré par le scénario de la soirée. « Je ne l’ai jamais vu tirer aussi mal les coups de pied arrêtés. Il y en a même un qui est directement parti en six mètres » , remet le coach Christophe Pélissier. Alors, sur le coup franc de la dernière chance, Thomas Monconduit, le capitaine, prend les choses en main : « Manu, va devant le but, je vais le frapper. » La suite, tout le monde l’a vu, revu et re-revu : c’est un coup de billard et une frappe croisée qui donne des frissons.

Monsieur coups de pied arrêtés


Dès le départ, la vie d’Emmanuel Bourgaud est une histoire de coups de pied arrêtés. Pour revenir sur les traces du numéro 10 amiénois, il faut faire étape à Corné, une petite bourgade de campagne nichée en Anjou. Là où le garçon passe son enfance et prend sa première licence. « Un jour, on a joué contre le SCO Angers, j’ai marqué deux buts. C’est simple, on a gagné 2-0, j’ai mis deux corners rentrants. Je devais avoir 8 ans. » Direction le SCO, naturellement, où Bourgaud vivra toute sa formation.


« Mon papa, routier dans la région, se levait exprès de bonne heure pour pouvoir venir me chercher à 16h au collège et m’emmener à la Baumette (le centre d’entraînement du SCO, ndlr) » , remet-il. Pour ce dernier, passionné de foot et aujourd’hui toujours bénévole au SCO, c’est aussi une manière de réaliser son rêve à travers son fils. « Il m’a raconté son histoire : qu’il avait les qualités pour être pro, mais pas forcément les moyens à l’époque. Alors, il a tout mis en œuvre pour que je réussisse » , narre le fiston, qui vibra d’abord pour le grand Nantes de Coco Suaudeau avant de supporter le PSG une fois les pieds mis dans les tribunes du Parc des Princes pour la première fois.


En dépit des efforts du paternel et de la panoplie technique de l’espoir angevin, l’acte manqué ne passe pas loin. « À l’époque, ils recrutaient que des grands, costauds, alors que moi j’ai grandi tardivement. En moins de 15 ans, j’évoluais avec la C - la troisième équipe du club -, j’étais à la limite d’être viré, témoigne Bourgaud. On me mettait un coup d’épaule, je ne tenais pas sur mes jambes. Après, en un an, j’ai pris dix centimètres d’un coup, ça m’a permis de remonter la hiérarchie. Mais la technique, je l’avais... » Finalement, le contrat pro est au bout. « Je suis devenu le premier Angevin à signer pro au SCO. Avant les (Vincent) Manceau, (Sofiane) Boufal... » , assure-t-il fièrement.

Le coéquipier modèle


Reste que le début de carrière de l’Angevin ressemble à un yo-yo incessant entre la Ligue 2 et la CFA 2. Stéphane Moulin, qui entraînait l’équipe réserve jusqu’en 2011, se souvient d’un « garçon très respectueux, pas dans les excès. Il aimait le jeu (...) Le coéquipier dont tout le monde rêve. » Après être allé trouver du temps de jeu à Créteil, en National, Bourgaud coupe le cordon, mais pas complètement, en signant au Poiré-sur-Vie, à une heure et demi de route de ses racines. « C’est quelqu’un qui a besoin d’affection, décrypte Oswald Tanchot, le coach avec qui il a évolué pendant trois saisons en Vendée. Au départ il était en retard pour s’acclimater. Les dirigeants l’ont convoqué, il était assez émotif. En fait, il fallait juste être un petit peu patient. »


Avec sa vision du jeu périphérique et une patte droite habile sur coups de pied arrêtés, Bourgaud devient une valeur sûre du National. Pourtant, personne ne toque à la porte à l’étage supérieur. « Au bout d’un moment, je commençais à ne plus y croire à la Ligue 2. Je faisais des très bonnes saisons en National, mais aucun club de Ligue 2 me demandait.  » Après le Poiré-sur-Vie et Colmar, à l’intersaison 2015, la mission est simple : rejoindre un prétendant à la montée. Ce sera Amiens. Deux ans plus tard, Emmanuel Bourgaud découvre la Ligue 1 à presque 30 ans après l’ascension en accéléré du club picard.

« Mes coéquipiers me respectent plus »


La folie Bourgaud à Reims, Damien Ott, son ancien coach à Colmar, l’a vécu à l'écoute de la radio : « On rentrait de Sedan (avec l’équipe d’Avranches, ndlr). Quand j’ai entendu l’annonce du but, j’ai sauté de joie. C’était un truc de dingues ! » Depuis ce vendredi de mai, le numéro dix amiénois reconnaît volontiers que sa vie a basculé dans une autre dimension. « Maintenant on me reconnaît dans la rue, alors qu’avant, pas plus que ça. Mon image a changé, par rapport aux supporters, mais aussi aux coéquipiers, note Bourgaud. Je sens qu’ils me respectent plus. Sur le terrain, je suis plus imposant. Avant, j’étais un joueur de National, Ligue 2, maintenant, je suis celui qui a fait monter le club en Ligue 1. » À jamais le premier.



Par Florian Lefèvre Tous propos recueillis par FL.
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