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Prendre Javier par la main

Titularisé pour la quatrième fois consécutive en Ligue 1 dimanche soir face à Lyon (2-1), Javier Pastore a une nouvelle fois porté le PSG dans le rôle qu’a toujours voulu lui offrir Emery : en meneur de jeu, avec un numéro dix dans le dos et entre les lignes, soit la terre des hommes libres. Quatre-vingt minutes dans un fantasme.

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Entre deux effluves cubaines, Roland Topor aimait dire que théâtre et fantasme sont faits l’un pour l’autre. Dans son cercle privé, le football se joue sur scène et certains hommes sont des artistes plus que des joueurs. Certains aiment être des comédiens formidables, d’autres des héros tragiques. Lui a depuis toujours décidé d’être un penseur de l'espace et un danseur de l'instant. À quoi reconnaît-on un artiste ? À l’émotion qu’il déclenche, d’abord, mais aussi au torse qu’il aime bomber pour avancer sur scène. Quand Javier Pastore est sur scène, souvent, on se tait. La rareté provoque souvent ce type de réactions. On sait l’homme fragile, l’artiste intermittent, donc on capte chaque minute, chaque image, chaque geste. Certains soirs, il est là sans agir. D’autres, il est là pour changer les choses. Dimanche soir, au Parc des Princes, Javier Pastore était titulaire pour la quatrième fois consécutive en Ligue 1.


Pour lui comme pour tous ses potes, c’était un soir particulier. Recevoir Lyon n’est jamais préparer un dîner comme les autres. Le faire onze jours après avoir été saccagé en mondovision à Barcelone et alors qu’on n’a pas encore revu sa famille pour s’expliquer, encore moins. Puis, la soirée a commencé, et Alexandre Lacazette a marché sur les doutes parisiens dès les premières minutes en profitant d’un marquage laxiste sur le premier corner de la partie. À cet instant, le PSG était secoué, contrôlé et sans génie. Pastore a alors décidé de s’élever, de grimper d’un cran pour enfin aller voir ce qu’il pouvait faire entre les lignes lyonnaises et le scénario a été renversé. Et il est assez fou de voir ce qu’un homme peut faire en six minutes.

Charmeur cruel


Car en six minutes, le bordélique argentin a pris le shaker, les platines et la piste de danse pour définitivement lancer la soirée d’un PSG encore traumatisé et où Marco Verratti a dansé entre l’exceptionnel et l’anecdotique. Deux inspirations, deux passes décisives et un sourire, il ne suffit pas de grand-chose pour réchauffer des cœurs. Quand en plus, ensuite, Pastore a défendu, a continué à frapper le rythme de la nuit avec Cavani, Draxler et les autres, sur une ouverture, une talonnade ou un regard, il ne pouvait finalement sortir que face à une foule levée pour hurler l’amour qu’elle lui porte. Homme du match, logique, mais putain, que cet homme est énervant ! Pourquoi un physique aussi susceptible ? Pourquoi un mental aussi faillible ? Pourquoi cette tendance à parfois se surprotéger ? On s’est désormais habitués.


Aimer Javier Pastore, c’est aimer un orgasme, un truc que l’on ne peut pas trouver à chaque fois, mais qu'on se plaît à imaginer tous les week-ends. C’est aussi une histoire du fantasme et du génie. Cette saison, pourtant, devait être la bonne. Unai Emery rêvait de lui offrir les clés du jeu dans un 4-2-3-1 où il a une liberté totale et un numéro 10 dans le dos. Le Basque n’a pu le faire qu’une poignée de fois (toutes victorieuses au passage) et devrait maintenant répéter la chose tant que le corps de son international argentin tient debout. Dimanche soir, Pastore a porté le PSG et a fait lever le Parc, ce devrait être normal, mais on sait que ça ne peut pas l’être, la faute à un physique incertain et à une étiquette d’intermittent impossible à arracher. Sans tout cet ensemble, Javier Pastore ne serait finalement pas Javier Pastore. Alors, quand il est à ce niveau technique, tactique, artistique, il faut savoir s’incliner et en profiter. Qu’on soit spectateur, observateur, partenaire ou supporter. Histoire de pouvoir dire un jour à son gosse : « J’ai vu jouer Javier Pastore, c'était grand. » Un truc rare et cher. Le charme et la cruauté d'un homme libre qui aurait pu, dans un autre monde, peut-être changer l'histoire, une nuit, à Barcelone.

Par Maxime Brigand
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