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Preciado, une star est née

Manolo Preciado, 53 ans, l'entraîneur à moustache du Sporting Gijon, est un type sympa et plutôt marrant. Un moustachu quoi. Mais quand Mourinho s'en prend à ses joueurs, là, une star se réveille. Magnéto.

« J'aime pas Mourinho. Je ne comprends pas ce type. Dire d'une petite équipe comme la nôtre (le Sporting Gijon, ndrl), de son propre championnat, qui s'est arrachée pour monter en première division, qui tous les week-ends se bat jusqu'à la 90ème minute pour espérer se sauver, dire de nous qu'on a ‘offert' un match au Barça, c'est absurde. (...) Il vient d'où lui ? J'en ai plein le cul de ce mec » . Manolo Preciado, le Lénine du foot espagnol, l'a mauvaise : « Mais putain c'est qui ce type ? Pour moi c'est une canaille et un mauvais camarade. Ils nous a manqué de respect. (...) On est peut-être une équipe de village mais nous méritons autant de respect que lui avec tous ses titres à la con. Derrière moi, il n'y a peut-être pas autant de titres mais quelques montées et surtout beaucoup d'amis. Lui il n'a que ses titres » . On appelle ça avoir des “huevos” en Espagnol. Toujours mieux en VO.

En même temps, c'est “Mou” qui avait commencé. Le meilleur entraineur portugais du monde en voulait au Sporting. Il faut dire que le 22 septembre dernier, l'équipe de Preciado se présente au Camp Nou avec sept remplaçants dans le onze titulaire. Le Barça s'impose 1-0 (but de Villa 48') et le “Mou” est énervé : « Il y a des équipes de première division qui font cadeau de leur match au Barça » . Pep ne réagit pas. Vendredi soir, deux jours avant d'affronter ledit Sporting à son tour, il remet le couvert : « Le Sporting n'a pas fait jouer ses meilleurs joueurs (contre le Barça), je ne trouve pas ça digne d'une équipe de première division » . Sauf que cette fois-ci, la blague du “Mou” n'a fait rire personne. Taper sur le Barça, c'est drôle, se moquer de Manolo Preciado, c'est péché.

Car sous sa moustache de mec sympa, Preciado, c'est : l'entraineur en place depuis le plus longtemps (cinq saisons consécutives, dont deux en deuxième division) ; un type qui ne s'est fait virer qu'une seule fois dans sa carrière (de Murcia en 2005), qui démissionne du club de sa vie (le Racing Santander en 2006) en renonçant à ses primes et en disant : « Je ne peux pas me faire à l'idée de voir mourir le club de chez moi. Je l'aime trop pour être un obstacle » ; bref, un des personnages les plus charismatiques et les plus respectés de la Liga. Héros des Ultras du Sporting, Manolo est de ces hommes qui n'en ont pas grand chose à faire des micros, des spots et des bonnes manières. Proche de Guardiola, collègue de Butragueño et sosie d'Albert Einstein, le moustachu n'est pas un cul-pincé à la mode madriléno-barcelonaise et le pire c'est qu'il le sait : « La vie m'a tapé dessus très fort. J'aurais pu devenir vulnérable et finir par me tirer une balle, ou bien regarder le ciel et grandir. J'ai choisi la seconde option » . En 2004, il perd sa femme d'un cancer et quelques mois plus tard son fils de 15 ans, d'un accident de moto. Du coup, Mourinho qui fait le guignol en face, c'est du pipi de chat.

Le traducteur est muet

Aujourd'hui Preciado va mieux et quand on s'en prend à lui, tous ses collègues le soutiennent. Pochetino (Espanyol) « Je suis totalement d'accord avec ce qu'a dit Preciado, j'aurais pu le dire aussi » , Lotina (Deportivo) « Si à moi on me dit que mon équipe se laisse battre et si en plus c'est un collègue qui le dit, je serai vraiment très énervé » , Michel (Getafe) « Mourinho n'a jamais travaillé pour une équipe comme le Sporting, le Dépor ou Getafe » , Xavier Julia (président de l'Association des Entraîneurs) « On n'a pas le droit de douter du professionnalisme d'un collègue. C'est un manque de respect à la profession » . Mais Mourinho ne répond pas. Du coup, le Real annule ses conférences de presse et envoie ses plus fidèles soldats au turbin. Capitaine Casillas fait du Bayrou : « Je respecte Preciado. Mais il s'est trompé » , Butragueño, lui, c'est plutôt du Sarko : « Nous avons fait venir Mourinho pour gagner des titres, pas pour nous faire des amis » . Drôle d'ambiance à la maison blanche.


Sauf que le “Mou” a (encore) réussi son coup. Mercredi dernier, il a inauguré sa première expulsion contre Murcia en Coupe du Roi. Le boss réduit au silence, le malheureux Karanka (adjoint du “Mou”) et ses brebis égarées auraient été les cibles de toutes les déstabilisations avant le Clasico de la fin du mois. En un seul coup, le “Mou” a réussi deux miracles. 1 : faire bloc derrière et/ou contre lui en tapant sur le plus petit. Les madridistes serrent les rangs et les adversaires se défoulent contre le grand absent. Résultat : le Real gagne le combat de Gijon (1-0, Higuain 80') malgré les coups de latte et une ambiance franchement hostile (certains médias locaux parlent même d'une baston entre Rui Faria, le préparateur du Real, et Preciado). 2 : il fera son retour sur le banc et les confs de presse du Real le 29 novembre. Au Camp Nou. Mais le match a déjà commencé. Merci qui ?

Thibaud Leplat, à Madrid.

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