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Prandelli a-t-il raison de se priver de Rossi ?

C’est la nouvelle à laquelle on s’attendait, mais sans vraiment s’y attendre : Giuseppe Rossi n’ira pas au Brésil. Cesare Prandelli a hésité jusqu’au bout, mais a finalement choisi de le laisser à la maison, le jugeant encore trop court physiquement. Sage décision, ou absurdité ?

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La nouvelle est tombée hier, en début de soirée. «  Insigne in, Rossi out » , titrent tous les sites des quotidiens sportifs transalpins. Pas besoin d’être un expert en langage codé pour comprendre : Lorenzo Insigne part au Brésil, Pepito Rossi, lui, reste à la maison. Pour quelqu’un qui n’a pas suivi la saison de Serie A et qui jette juste un œil aux statistiques des deux attaquants, il y a de quoi se taper la tête contre les murs. Insigne a, cette saison, disputé 36 matchs, soit 2399 minutes, et inscrit trois buts. Moyenne : un but toutes les 799 minutes. Giuseppe Rossi a, de son côté, été aligné à 21 reprises par Vincenzo Montella, pour un total de 16 buts en 1542 minutes. Moyenne : un but toutes les 96 minutes. Pourtant, hier soir, Prandelli a tranché et a choisi le premier. Une folie ? Pas tout à fait. Car Rossi, malgré cette magnifique moyenne, est resté hors des terrains pendant quatre mois à cause d’une blessure au genou. Ce même genou qui l’avait contraint à une absence de près de deux ans lorsqu’il était à Villarreal. Pepito a tout fait pour revenir à temps. Il a bossé dur. Et il y est parvenu. Il est revenu à quelques semaines de la fin du championnat, a même marqué des buts, et a ainsi signalé à Prandelli qu’il était prêt à en découdre. Mais le stage pré-Coupe du monde n’a pas convaincu pleinement le sélectionneur qui, à contrecœur, a décidé de ne pas l’emmener. Cruel.

Dernière chance pour lui

Forcément, la décision de Prandelli prête au débat. Giuseppe Rossi est, en toute objectivité, l’attaquant italien le plus décisif, dans tous les sens du terme. Dès qu’il joue, il marque, il est brillant, il change le visage de l’équipe dans laquelle il évolue. Typiquement le genre de joueur qui peut flinguer ses adversaires en Coupe du monde. D’août 2013 à janvier 2014, avec la Fiorentina, il a affiché un niveau énorme (tout le monde se souvient de son triplé face à la Juve), à tel point que sa place de titulaire sur le front de l’attaque de la Nazionale ne faisait pas un pli. Mais cette blessure, le 5 janvier, a tout changé. Malgré un très gros boulot physique et mental pour revenir à temps pour le Mondial, Rossi n’a pas atteint le point que Prandelli espérait. Samedi soir, face à l’Irlande, Pepito a été aligné en tant que titulaire. Après une semaine de stage, le sélectionneur savait certainement déjà, à ce moment-là, qu’il ne l’emmènerait pas avec lui. Mais il a voulu quand même voir. Car Rossi est son chouchou, il ne l’a jamais caché. Alors il a souhaité lui offrir une dernière chance. Si l’attaquant florentin avait été énorme et avait planté un doublé, peut-être que Prandelli aurait cogité toute la nuit, et se serait convaincu qu’il fallait l’emmener avec lui.

Manque de bol, Rossi n’a pas offert la prestation qui aurait pu faire changer d’avis le c.t. Pendant 71 minutes, il a pratiquement été transparent, ne s’est pas procuré d’occasion et a finalement été remplacé par Cerci qui, lui, ira au Brésil après une saison pleine. Non, Prandelli a jugé que ce Rossi-là était trop juste physiquement, tel est le constat. La décision finale n’a évidemment pas été facile. Le sélectionneur a organisé hier une longue réunion avec tout son staff. Pepito était au centre des discussions : sa condition physique a été jugée trop juste, ce qui est plutôt compréhensible pour un joueur qui est revenu sur les terrains il y a moins d’un mois. Mais surtout, le match face à l’Irlande a permis à Prandelli de voir une chose essentielle : Rossi avait en lui une sorte de peur psychologique qui l’empêchait d’aller au duel. Là aussi, plutôt compréhensible. Sauf que, dans quinze jours, l’Italie affrontera l’Angleterre et l’Uruguay, deux équipes qui n’hésiteront pas à mettre de l’implication physique. Et Prandelli ne peut pas se permettre, face à de tels clients, d’aligner un joueur qui pense avant tout à ne pas se faire briser le genou.

Être prêt à tous prix


À 27 ans, donc, l’attaquant passe à nouveau à côté d’une grande compétition. En 2010, déjà, Rossi avait convoqué dans les 28 présélectionnés pour le Mondial en Afrique du Sud, avant finalement d’être écarté de la liste des 23 par Marcello Lippi. Deux ans plus tard, pas d’Euro en Pologne et en Ukraine pour le buteur, qui se rompt les ligaments du genou au mois d’avril 2012 alors qu’il semblait avoir pleinement récupéré de sa rupture des ligaments subie en novembre 2011. Une histoire sans fin pour cet attaquant si talentueux, mais pénalisé par un physique trop, trop fragile. Quelque part, Prandelli sait aussi que le fait de laisser Rossi à la maison va lui permettre de souffler. Depuis sa blessure, en janvier dernier, ce dernier a une idée fixe : aller au Brésil, et être prêt à tout prix. Une pression psychologique qui aurait même pu, inconsciemment, lui faire brûler des étapes dans sa convalescence. Non sélectionné, Rossi va d’abord digérer cette exclusion, puis, une fois la déception encaissée, va pouvoir se reposer, être plus serein, et prendre encore plus de deux mois pour revenir à son meilleur niveau.

Après, on peut évidemment comprendre la déception de certains. À titre comparatif, c’est un peu comme si le sélectionneur colombien décidait de laisser Falcao à la maison parce que l’attaquant monégasque n’est pas entièrement remis de sa blessure. Un joueur tellement fort qu’il vaut mieux l’avoir sur une jambe que ne pas l’avoir du tout. Un joueur qui peut être décisif même en ne disputant qu’un quart d’heure de jeu. Avec l’espoir, toujours, que ce joueur en question monte en puissance au fur et à mesure de la compétition. Mais avec le risque, parallèlement, que ce joueur se fasse mal à nouveau, et mette des mois et des mois à revenir. Prandelli n’a pas souhaité prendre ce risque. Il laisse Rossi à la maison, et emmène les jeunes Insigne et Immobile, avec le plus expérimenté Cassano. Il y a quelques jours, Lippi a annoncé que la non-sélection de Pepito en 2010 était l’un des seuls regrets de sa vie. Puisse Pandelli ne pas nourrir les mêmes regrets dans quelques semaines.

Par Éric Maggiori
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