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  2. // Lech/Juventus (1-1)

Poznan gèle la Juve

Quatre nuls en quatre matches : pour avoir le droit de jouer sa petite finale face à Manchester City dans deux semaines, la Juventus devait battre le Lech Poznan. Fastoche, sur le papier. Beaucoup plus compliqué, quand ce papier est glacé.

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Ce n'était pas une Bérézina, mais presque. Les Bianconeri, à l'instar des soldats piégés dans l'infernal hiver russe, sont tombés dans le froid de Pologne. Après quatre matches nuls consécutifs, la Vieille Dame avait impérativement besoin d'une victoire pour avoir son destin en main lors du dernier match. Mais comme à l'aller, les surprenants joueurs de Poznan, entraînés par l'ancien Barcelonais José Maria Bakero, ont tendu un traquenard. Et la Juve est tombée dedans, ou plutôt a glissé dedans. Sur un terrain devenu impraticable au cours de la rencontre et sous une tempête de neige apocalyptique digne des meilleurs blockbusters américains, le Lech a su dicter sa loi. La Juve, peu habituée à de telles conditions, s'est contentée de subir le jeu et le climat, tentant seulement une réaction d'orgueil dans les dernières minutes. Les illusions européennes s'envolent en même temps que le blizzard, le retour en Italie sera froid, très froid. En revanche, pour le Lech Poznan, le rêve continue. C'est seulement la deuxième fois de son histoire que le club se qualifie pour le second tour d'une compétition européenne. « Gratulacje » , comme on dit là-bas.

Première constatation dès l'entrée des joueurs : il caille. Avec -15°C au thermomètre, le terrain pourrait presque être recyclé en parquet de patinage artistique. Les joueurs ont tous des énormes cache-oreilles (pas les Polonais, eux ils sont limite en manches courtes), et du coup, Krasic ressemble à un personnage de Dragonball Z. Surprise à l'annonce des formations : la titularisation côté Juve de Vincenzo Camilleri, 18 ans, sur l'aile droite. Avec Chiellini, Bonucci et le Français Armand Traoré, ça fait une défense à 22 ans de moyenne d'âge. Del Neri ne mise donc pas sur l'expérience, mais plutôt sur la fougue de jeunes qui n'ont pas froid aux yeux. Et pas froid tout court. Oui mais l'expérience, ça sert, notamment sur les corners. Dès le premier coup de coin des Polonais, Chiellini, pourtant le plus capé de l'arrière-garde, se laisse avoir comme un bleu par Rudnevs, qui avait déjà inscrit un triplé au match aller. 1-0 après 12 minutes : la Juve est glacée. Krasic tente bien quelques réactions (15ème et 19ème) mais ses frappes n'impressionnent pas plus que sa coiffure. Côté Poznan, on se contente de gérer le but d'avance, les joueurs de Bakero ne se rendant dangereux que sur une frappe lointaine d'Injac. Presque Gignac. La neige s'intensifie au fil des minutes. Si bien qu'à partir de la demi-heure de jeu, le terrain est quasiment tout blanc. Problème : le ballon aussi. Bah non messieurs, blanc sur blanc, ça ne fonctionne pas. Toutefois, personne ne pense à prendre un ballon orange et la première mi-temps se termine avec des joueurs qui semblent jouer sans balle. Dommage, car la Juve s'est créé des occasions par Bonucci (32ème), Pepe (39ème) et Iaquinta (42ème). Mais on ne les a pas vues, hormis au ralenti.

Au retour des vestiaires, la tempête de neige ne s'est pas calmée, mais quelqu'un a trouvé un ballon orange. On va enfin pouvoir y voir quelque chose. Dommage qu'il ne se passe strictement rien pendant vingt minutes, jusqu'à une glissade façon triple-Lutz de Chiellini, dont Kikut, seul face au portier turinois, ne profite pas. La Vieille Dame réalise alors que ce score, cumulé à la victoire de Manchester City, est éliminatoire. Alors les cadres se rebiffent. Krasic, le seul qui réussit à tenir debout malgré la neige (ses années au CSKA Moscou y sont pour quelque chose), dépose un centre sur la tête de Del Piero : cela se termine juste à côté (69ème). Melo entre, Lanzafame aussi, mais rien n'y fait. C'est même le petit Kikut qui est tout proche de doubler la mise d'une frappe lointaine (72ème). Les supporters sont déjà en train de fêter la qualif', lorsque Iaquinta sort de nulle part et égalise d'une frappe croisée. Un bon but iaquintesque, qui réchauffe les cœurs. Il reste alors six minutes. La Juve se rue à l'attaque, mais le hockey sur glace, ce n'est pas la spécialité de la maison. Une dernière occaz pour le jeune Libertazzi, qui aurait pu faire honneur à son nom en libérant les siens, et la Juve dit adieu à la compétition. Le Lech Poznan, bourreau des Turinois, se qualifie pour le tour suivant, rendant inutile le dernier match de poule. Nul doute que demain, à leur retour à Turin, les Bianconeri auront, en plus de la gueule de bois, une bonne crève.



Eric Maggiori

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