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Pourquoi y a-t-il un pont Mazembe à Porto Alegre ?


Cette nuit, André-Pierre Gignac va jouer son premier match de Copa Libertadores avec les Tigres de Monterrey, contre l'Internacional Porto Alegre. Sur la route du stade, il croisera le « viaduto Mazembe » . Mais que fait-il ici, ce pont ?

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C'est Rafael Sóbis qui le dit : « Gignac sera la principale différence des Tigres » pour la demi-finale aller de Copa Libertadores, cette nuit à Porto Alegre, entre l'Internacional et les Tigres. L'attaquant brésilien, vainqueur de ladite Copa en 2006 et en 2010 avec l'Internacional, oublie une autre différence, moins agréable et plus personnelle : il risque d'être sévèrement moqué par les supporters du rival Grêmio Foot-Ball Porto Alegrense. Qui lui ont sans doute même rappelé, à l'heure où les Tigres s'entraînaient sur le terrain des Tricolors, qu'il était bien présent un douloureux soir de décembre 2010. Ou joyeux, tout dépend du point de vue.

Nous sommes le 14 décembre 2010 au stade Mohammed-Bin-Zayed d'Abou Dhabi, Émirats arabes unis. L'Internacional, tenant de la Libertadores, joue le TP Mazembe, vainqueur de la Ligue des champions d'Afrique. Le match devrait être une formalité, jamais, dans les 6 éditions précédentes (2000, puis à partir de 2005), la finale n'ayant échappé à un affrontement latino-européen. Mais ce soir-là, devant 22 000 personnes, le TP Mazembe crée l'exploit, bat les Colorados 2-0 et se qualifie pour la finale. Première pour un club africain (imité depuis par le Raja Casablanca en 2013), désillusion pour O Clube do Povo, le club du peuple. Et rires infinis pour les supporters du Grêmio.

Mazembeday et Mazembier


Dès l'année suivante, la Geral do Grêmio décide de célébrer le jour béni en célébrant le « Mazembeday » : tous les 14 décembre, la barra brava du premier club de Ronaldinho se réunira pour trinquer à la défaite de l'ennemi. Un supporter, Ilgo Wink, pousse même le bouchon plus loin, ou la capsule en l'espèce, et crée 2 bières, la « Mazembier » et la « Kidiaba » , du nom du gardien du TP Mazembe qui a écœuré les attaquants de l'Internacional. Il s'en explique : « Il y a moins d'un an, c'était le grand jour. L'inoubliable, mémorable 14 décembre 2010. Je sais que profiter des échecs du voisin n'est pas la meilleure chose. L'idéal serait de célébrer la victoire dans un Brasileirão. Mais aujourd'hui, ce qui reste de plus récent, c'est le doux souvenir des événements du 14 décembre 2010. Comment oublier les moqueries des Colorados, dans le passé, après que Grêmio avait perdu contre l'Ajax ? L'Inter en était venu à lancer une chemise Ajax identique, juste avec un écusson différent… Donc, nous allons chasser la morosité, cet état d'inertie, et célébrer ce premier anniversaire (...) le jour où une vaillante équipe du Congo a illuminé le ciel d'Abu Dhabi et fait la joie de tous les Gremistas du monde. » La rancune est tenace, la joie contagieuse : la date est, encore aujourd'hui, dûment fêtée.

Deux piliers pour se moquer


Mais c'est en juin 2014 que la Geral a reçu son plus beau cadeau. Peu avant le début du Mondial, aux abords du stade Beira-Rio de l'Internacional (retenu pour accueillir des rencontres du tournoi, au contraire de l'Arena do Grêmio), est inauguré le Viaduto Abdias do Nascimento, du nom du militant de la cause noire au Brésil. Là où les fans du Grêmio chantent, c'est en admirant l'architecture de l'ouvrage : les piliers dessinent un énorme M, à quelques centaines de mètres du stade du rival honni. Évidemment, les lascars ne perdent pas de temps, le pont n'est pas encore ouvert à la circulation qu'on y retrouve des mecs, maillot bleu-noir-blanc sur le corps et cachaca dedans, gambadant joyeusement sur le revêtement. Peu après, le nom est lancé, le Viaduto Mazembe est né, l'inauguration virtuelle rassemble 14 000 fans. Désormais, la moitié de la ville utilise très naturellement le nouveau nom.


Nouveau nom qui a même voyagé jusqu'au Congo, où les Corbeaux de Lubumbashi s'amusent, sur Twitter, à rappeler la date anniversaire en 2014, photo du pont à l'appui. Pour les supporters de l'Internacional en revanche, la pilule est plus dure à avaler. Eux aimeraient, au contraire, donner au pont le nom de leur illustre capitaine Fernandão, présent lors du triomphe mondial de 2006. Sans succès – il ne fallait pas compter sur les voix de la Geral pour le vote populaire proposé. L'éphémère marseillais et toulousain, tué dans un accident d'hélicoptère, se contentera d'un mur au pied du stade, devant lequel défileront tous les supporters se rendant au Beira-Rio ce soir. Après être passés, têtes baissées, sous le M de la honte. Mais qu'ils ne s'en fassent pas trop : les bâtiments en G sont rares.

Par Éric Carpentier
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