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Pourquoi y a-t-il si peu de foot au JT ?

Hier soir, Didier Deschamps a révélé la liste des 23 élus lors la grande messe du 20h de TF1. Si l'apparition du sélectionneur français au JT avait quelque chose de solennel, il s'agit d'une exception qui confirme la règle. À la différence d'autres pays, le foot reste souvent relégué en fin de journal, quand il n'est pas tout simplement zappé. Mais à quoi peut bien tenir cette autre exception française ?

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Il a existé une époque où le football envahissait le petit écran. Mardi soir, mercredi soir, parfois jeudi soir, tout était prétexte à bâcler ses devoirs et à engloutir son dîner pour enfin pouvoir se délecter du match de Ligue des champions ou la défunte Coupe UFA dont on avait causé toute la journée avec les copains du collège. Si les parents étaient dans un bon jour, on pouvait pousser le vice jusqu'à la 60e minute, mais sinon, c'était dodo à la mi-temps. École oblige, et aussi parce que maman n'avait pas spécialement envie de passer sa soirée devant TF1 à écouter les commentaires de Thierry Roland et Jean-Mimi. Mais ça, c'était avant. Avant beIN Sport, avant les Qataris, avant L'Équipe du soir et BFM TV. En 2014, profiter du football à la télé signifie mettre la main au portefeuille. Et pas question de compter sur les JT pour combler le manque. Généralement, Pernaut, Pujadas, Chazal ou Delahousse terminent leur journaux par « un mot de foot » et proposent un but sans ralenti et prononciation aléatoire du nom de son auteur.

C'était mieux avant

Pour Bruno Masure, ancien présentateur du 20 heures de TF1, puis de France 2, le problème est plutôt culturel. «  Lorsque je faisais le journal sur la Une ou sur la 2, c'était très souvent le weekend. À France 2, j'étais entouré de journalistes qui ne voyaient pas du tout l'intérêt de parler du championnat de France. J'essayais d'argumenter en disant : "Vous êtes des intellos, c'est très bien, mais il y a beaucoup de téléspectateurs qui veulent savoir si Lyon a battu Troyes." Je me retrouvais en face de journalistes, de rédacteurs en chef, ou de chefs de service qui avaient tous un mépris insondable du foot. » Un désamour problématique quand on sait que le propre d'un journaliste est d'informer et de transmettre l'information, peu importe l'intérêt qu'il porte au sujet en question. Là encore, Bruno Masure pointe un rejet de la culture foot pur et dur : « Quand je disais "Ça serait bien qu'on fasse deux minutes sur le championnat de France", ils me regardaient en se disant "Mais qu'est-ce que c'est que ce mec ?" En conférence de rédaction, le matin, il y avait la moitié de la table qui me disait "On en a rien à foutre." Il y avait un côté totalement méprisant. » . Ce dédain pour le ballon rond met évidemment en lumière la fameuse « non-culture foot » de la France si souvent rabâchée quand il s'agit de jouer les footix devant les matchs des Bleus. Ce que révèle l'ancien présentateur est symptomatique d'une société qui n'a pas cette culture dans les veines comme peuvent l'avoir l'Angleterre ou l'Espagne. « On ne peut pas décréter, du haut de sa suffisance, que c'est un truc sans intérêt, que le foot est con. Si on n'aime pas cela, on n'est pas obligés d'en dégoûter les autres » , termine celui qui présentait son JT en charentaises.

Le temps, c'est de l'argent

Si les comptes-rendus et les débriefings tactiques sont si peu présents dans les journaux télévisés, le désintérêt des programmateurs pour le football n'est pas le seul facteur à prendre en compte pour expliquer la raréfaction de l'offre. Comme l'explique Martin Tzara, directeur de la production des sports de TF1, l'aspect économique joue un rôle fondamental dans la diffusion des images. «  C'est un sport où les droits sont très élevés. Mis à part la Coupe du monde et les coupes nationales pour lesquelles il y a des obligations, ils sont tous monopolisés par des chaînes cryptées. » Comprenez : face au développement de beIn Sport et Canal+, il devient presque impossible pour TF1, France 2 et leurs JT de s'aligner sur les chaînes payantes. « Les détenteurs des droits protègent de plus en plus leurs épreuves, au détriment des chaînes en clair. Il y avait plus de football avant » , poursuit Martin Tzara. D'autant plus depuis la diffusion d'images de matchs est encadrée par des règles très strictes, comme le confirme Tzara : « On a le droit à trois extraits de match de 30 secondes chacun. On ne peut montrer que 3 extraits. Si un extrait est pris par le JT, Téléfoot devra prendre le même extrait. Du coup, on en passe de moins en moins. » Une solution ? Racheter les images, aux clubs, qui gèrent les droits de leurs rencontres à partir du lundi suivant le weekend où a eu lieu la rencontre : « Quand on veut racheter des images, par exemple si l'on fait un reportage sur Cavani et qu'on veut montrer un but qu'il a marqué il y a six mois, on va s'adresser au PSG. On discute du prix, mais c'est environ 1000 ou 2000 euros la minute. » Et encore plus cher à l'heure de la Ligue des champions, pour laquelle la chaîne n'a le droit de diffuser qu'un extrait : « Si on a deux clubs français, il faut acheter les images à l'UEFA, à 4000 euros la minute. » À ces éléments, Martin Tzara rajoute la multiplication des chaînes d'information sportive en continu, et le développement d'Internet, des freins évidents pour la diffusion du sport au JT : « Quand le JT arrive, les buts importants ont été vus 50, 100 ou 1000 fois. Cela n'est plus de l'information, parce que tout le monde l'a vu, ou est capable de le voir. Avant, les chaînes d'infos n'étaient pas sur la TNT, maintenant c'est gratuit. »


Évelyne Dhéliat

Une vision du journalisme que ne partage pas Bruno Masure : « On n'est pas là pour se faire plaisir, mais pour donner des infos qui intéressent les gens. Si on commence à se dire qu'on ne montre pas un but parce que les gens l'on déjà vu sur un ordinateur ou sur une chaîne d'info en continu, on ne traite plus de rien. Il y a des milliers de gens qui se gèlent les couilles dans un stade au mois de février. Notre boulot, c'est de parler de tout. Donc c'est aussi de dire que le PSG s'est pris une branlée. » Juste avant la météo de Évelyne Dhéliat, c'est quand même important de le savoir.

Par Morgan Henry et Paul Piquard
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