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Pourquoi y a-t-il autant de bons coachs néerlandais ?

Encore un ! Clarence Seedorf vient de signer en tant que nouvel entraîneur du Milan AC. Les techniciens hollandais ont toujours autant la cote à l’étranger. Explications…

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Entrons dans le vif du sujet en plaçant d’emblée la barre très haut : pour « l’invention » de son football total, Rinus Michels a été sacré meilleur entraîneur du XXe siècle par la Fifa. Un plébiscite jamais contesté… C’est un fait : les Pays-Bas partagent avec l’Italie le privilège particulier de fournir au monde entier des entraîneurs de qualité. Mais quand on tient compte de la petitesse du royaume batave et de son entrée plus tardive que l’Italie dans le foot de haut niveau (en gros, depuis 50 ans), la Hollande pourrait postuler sans problème à la première place. Afrique, Asie, Océanie, Amériques, en clubs ou en sélections : ils sont demandés de partout. Et pour bien mesurer l’ampleur du phénomène, il faut d’abord récapituler un peu tous ces noms au profil de winner qui illustrent l’excellence néerlandaise et sa grande attractivité. C’est indispensable pour bien visualiser comment les Pays-Bas exportent leurs compétences à l’international. Surtout comparé à la France (et paf !). Attention, c’est long !

Rinus Michels (C1 1971 avec Ajax, Liga 1974 avec le Barça et Euro 1988), Johan Cruyff (C1 1991 et 4 Ligas avec le Barça), Louis van Gaal (C3 et C1 avec l’Ajax, 2 Ligas avec le Barça, Bundesliga 2010), Léo Beenhakker (3 Ligas avec le Real 87-88-89), Guus Hiddink (C1 88 avec le PSV, FA Cup 2009 avec Chelsea, 4e au Mondial 2002 avec la Corée du Sud), Frank Rijkaard (C1 2006 et 2 Ligas avec le Barça), R. Koeman (Coupe d’Espagne 2008 avec Valence), Ruud Gullit (FA Cup 97 avec Chelsea), Co Adriaanse (doublé coupe-championnat 2006 avec Porto), Dick Advocaat (Champion d’Écosse avec les Rangers, champion de Russie et Coupe UEFA 2008 avec le Zénith), Wiel Coerver (C3 1974 avec Feyenoord), Jo Bonfrère (médaille d’or aux JO 1996 avec le Nigeria), Johan Boskamp (champion de Belgique 93-94-95 avec Anderlecht, champion de Géorgie 1999), Kees Rijvers (C3 78 avec le PSV), Huub Stevens (C3 97 avec Schalke 04), Henk Ten Cate (Coupe de Hongrie 2000), Bert van Marwijk (C3 2002 avec Feyenoord, finaliste du Mondial 2010), Clemens Westerhof (CAN 90 avec le Nigeria), Aad de Mos (C2 88 avec Malines), Rudy Krol (Champion d’Afrique du Sud, puis de Tunisie 2013), Mario Been (Coupe de Belgique 2013 avec Genk). Ouf !

L’école hollandaise

Vous croyez en avoir fini ? Eh bien, non ! Outre Seedorf au Milan AC (qui pourrait appeler au choix en adjoints Davids, Staam ou Kluivert), n’oubliez pas l’entraîneur qui monte en Europe : Frank de Boer. Contacté il y a deux ans par Liverpool, il a été approché par Tottenham pour remplacer Villas-Boas. FDB sera de plus en plus demandé à l’avenir en Europe. L’excellent Peter Bosz, coach actuel de Vitesse Arnhem, pourrait lui aussi accéder à de hautes fonctions à l’étranger. Edgar Davids se tâte. Van Bronckhorst (adjoint de R. Koeman à Feyenoord) coachera bientôt une équipe première. Marco van Basten se refait joliment la cerise à Heerenveen quand Van Bommel et Van Nistelrooy passent leur diplôme d’entraîneur. Louis van Gaal serait bien placé pour coacher Tottenham après le Mondial 2014 (il s’est rendu récemment à White Hart Lane pour rencontrer le boss des Spurs). Enfin, pour clore cette liste non exhaustive, un dernier petit rappel... Lors du Mondial 2006 en Allemagne, ils étaient quatre techniciens hollandais : Beenhakker (Trinidad & Tobago), Advocaat (Corée du Sud), Hiddink (Australie) et Van Basten (les Oranje). Pas mal, non ?

Alors… Pourquoi donc les coachs néerlandais sont-ils « les meilleurs » (on exagère un peu, là, hein !) ? Une première explication nous a été donnée par l’immense Louis van Gaal dans l’excellent livre de D. Riolo et C. Paillet, Secrets de coachs (Hugo & Cie, 2011 : lisez-le ou volez-le !). À la question de savoir pourquoi Van Gaal, Hiddink, Beenhakker, Advocaat, Michels avaient cartonné à l’export, Louis le Grand répondit : « Tout est une question d’éducation. Nous étudions quatre, cinq, voire six ans, pour devenir entraîneur. Auparavant, les anciens grands joueurs étaient "favorisés". Désormais, vous pouvez constater qu’il n’y a pas que des anciens pros qui sont devenus de bons coachs. L’enseignement est primordial. Rinus Michels a étudié. Hiddink a étudié. J’ai étudié dans une académie d’éducation physique. Beenhakker a étudié le sport avant d’être coach. Sur les noms que vous avez cités, aucun n’était une star, mais ils ont beaucoup étudié. » À une autre question perfide sur la comparaison avec la grande Espagne ( « L’Espagne, grand pays de football, n’a pas eu autant d’excellents entraîneurs » ), Louis le Altier enfonce le clou : « Ils ont privilégié les anciens joueurs. En Espagne et en Angleterre, les anciens joueurs sont devenus entraîneurs. Ils n’ont pas étudié, pas appris à s’exprimer en public. S’ils deviennent entraîneurs sans étudier, ils auront des difficultés à faire passer un message à tout un groupe. Cela s’apprend. » CQFD.

Missionaires et businessmen…

Formation poussée et très bonne pédagogie du foot (notamment psychologique) expliquent donc la qualité des techniciens bataves. Mais encore ? Il y a encore que la Hollande est un vrai grand pays de football. Tout simplement. Et ça va loin… À la télé, notamment, où depuis des décennies de très bons talk-shows, de très bons débats et autres émissions et reportages font la part belle aux entraîneurs du cru. C’est plutôt relevé, et ça parle vraiment de foot. On peut y voir Johan Cruyff en prof émérite au tableau noir débattre avec des journalistes et des entraîneurs ! C’est passionnant… Imaginez un long documentaire à la télé française sur l’art de coacher dans lequel témoignent des pointures comme Hiddink, Van Gaal, Advocaat, Adriansee, Van Marwijk, Foppe de Haan (Euro espoirs 2006 et 2007 avec les Oranje). Ici encore, ça vole très haut. Les soirées foot (Eredivisie, Coupes d’Europe, etc.) convient des personnalités très respectées comme FDB, l’immense chroniqueur Wim van Hanegem (ex-Feyenoord, C1 70 et Hollande 74, et ex-coach) et Ruud Gullit ! Ce cher Ruud un peu perdu de vue démontre des grandes capacités d’analyse. On sent aussi chez tous les techniciens néerlandais la conviction intime qu’ils appartiennent à une caste où la réussite à l’étranger les y installe de plain pied... Bref ! Les Pays-Bas respirent football, jouent au football, forment bien au football (joueurs et coachs) et parlent bien football.


Et d’où vient leur facilité à exporter leur savoir-faire ? Il y a d’abord la longue tradition de voyage et de commerce d’un peuple navigateur et entrepreneur tourné vers le monde. La Compagnie hollandaise des Indes orientales fondée vers 1602 fut la première multinationale « mondialisée » . Par extension, c’est cet attrait lointain pour le business observable chez les footeux néerlandais (joueurs et coachs) qui parfois leur a collé cette réputation de « mercenaires » du foot. Une réputation pas toujours fausse… Pour So Foot, l’excellent journaliste néerlandais du Financial Times, Simon Kuper, avait évoqué, lui, un certain élan messianique propre à la mentalité néerlandaise : « Même en foot, nous avons un côté missionnaire. Dès le XIXe siècle, la majorité des missionnaires dans le monde étaient hollandais ; nous sommes un pays de missionnaires qui voyageons beaucoup pour "porter la bonne parole", dire au monde ce qu’il faut faire car "on connaît la Vérité". » « Apporter la bonne parole » … Vous comprenez pourquoi, sous ses airs de bon Samaritain, un Guus Hiddink est devenu le coach à succès qu’on connaît ? Comme de nombreux compatriotes entraîneurs, ce grand voyageur a écumé la Terre entière (il a même joué pro aux USA, au San José Earthquakes, avec George Best), il est polyglotte (il parle 6 ou 7 langues), il s’adapte à toutes les cultures sous toutes les latitudes (du fait notamment de leur grande tolérance, les Hollandais ont cette incroyable faculté à « se poser » n’importe où dans le monde). Et puis surtout, comme ses pairs bataves, ce bon vieux Guus fait monnayer très cher cette « dutch touch » si prisée dans le foot international. Nobody’s perfect…

Par Chérif Ghemmour

PS : la Coupe du monde 2022 n’aura pas lieu au Qatar

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