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Pourquoi Monaco doit la jouer comme en 2004

Il y a treize ans, l'AS Monaco sortait l'une de ses plus belles prestations européennes pour terrasser le Real Madrid à Louis-II. Un contexte de David contre Goliath avec deux buts de retard à combler qui ressemble au duel contre Manchester City de ce mercredi. Souvenirs.

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Une victoire nette, 4-2, et selon certains médias de l'époque, une leçon de football, ou un Monaco qui n'a pas fait le poids. En quarts de finale aller à Santiago Bernabéu, la différence de niveau avec le Real des Galactiques que sont Zidane, Ronaldo, Beckham ou Raúl, a été manifeste. Le but de Fernando Morientes, qui ramène les Français à deux unités, en paraîtrait presque anecdotique, voire simplement honorifique. Mais en réalité, il change tout, et Didier Deschamps l'a bien saisi et le dit dans sa causerie d'avant-match : « Eux, ils ne sont pas prêts comme vous, les mecs. Je peux vous assurer qu'eux, dans leurs têtes, ils sont déjà qualifiés. Même si ce sont de grands professionnels, dans leurs têtes ils ne sont pas prêts à faire la bataille. » L'effectif du Real Madrid est alors un cran au-dessus de celui du Manchester City de 2017. Mais n'a peut être pas un entraîneur de la même trempe, Carlos Queiroz ne pouvant tenir la comparaison avec Pep Guardiola. Toujours est-il que le Monaco de Jardim est aujourd'hui, en apparence, moins loin des Citizens que Giuly, Rothen and co semblaient à des années-lumière des Merengues. Il n'y aura donc peut-être pas d'effet de surprise, l'Angleterre s'attendant à une ASM vendant chèrement sa peau alors qu'en 2004, en commentant l'élimination du Real, le Guardian s'étonnait de «  comment le Real a succombé de manière si spectaculaire après avoir survolé Monaco au match aller, en marquant quatre buts sur demande. Même sans David Beckham suspendu, ce tour aurait dû être une formalité. »

Pas peur d'être mené au score


Deux buts à remonter, a priori loin d'être impossible si Monaco parvient à être efficace dans les deux surfaces. Mais Leonardo Jardim ne se fait pas d'illusion, les visiteurs marqueront au moins une fois et c'est au moins trois pions qu'il faudra planter à City. Une posture qui fait penser à l'état d'esprit de Didier Deschamps, qui avait anticipé une ouverture du score madrilène lors du retour en 2004, en réaction aux propos de son joueur Édouard Cissé dans Nice Matin, qui avait dit : « S'ils ouvrent le score, c'est mort. » Le champion du monde avait bien insisté sur la nécessité d'y croire et de bousculer les prestigieux visiteurs : « S'ils marquent un but, il n'y a rien qui est fini, les mecs. Il n'y a rien qui est fini, même dans le pire scénario, c’est-à-dire qu'ils marquent rapidement. RIEN n'est fini. Y croire jusqu'au bout, cela ne change rien. Marquer des buts, vous en marquerez, vous en êtes capables. Bien défendre, vous en êtes capables aussi. Tout peut arriver. Et si on doit marquer le dernier à la 92e, on le marquera à la 92e. Mais le tout, c'est d'y croire. Quoi qu'il arrive, et peu importe qui il y a en face. Gaël (Givet, ndlr), si tu as le "Goldo" comme ils disent, si tu peux me le faire sauter avec le ballon, tu me le fais sauter. Que ce soit Ronaldo ou un autre, j'en ai rien à foutre. C'est pareil. Hugo (Ibarra, ndlr), pareil avec Zizou. Si tu as le moyen d'y être dans le duel, on fait sauter. Mais intelligemment. » Aux héritiers de 2017 de savoir faire de même quand Kun Agüero ouvrira le score.

Ne pas renier son style


Inutile de remuer le couteau dans la plaie en pointant le non-match du PSG à Barcelone. L'exemple permet néanmoins d'insister sur l'importance, en compétitions européennes, de ne jamais renier son style de jeu malgré l'enjeu. Un mantra que l'ASM de 2004 a su respecter face au Real, avec des joueurs offensifs audacieux et efficaces, et un bloc équipe qui a su serrer les dents, comme le rappelait Gaël Givet en 2015 pour France Football. La force d'une équipe qui ne s'était pas présentée en victime, mais pour passer : « Nos attaquants, Ludo (Giuly) et Fernando Morientes ont été exceptionnels, c’est vrai, ils nous ont tirés vers le haut. Ludo avait mis deux superbes buts, alors que Fernando jouait contre son ancien club, donc on se rappelle ça. Mais en défense et au milieu, on avait tenu la baraque puisqu'il me semble qu’on avait marqué le troisième but qualificatif à la 65e minute. Il a fallu tenir vingt-cinq minutes en sachant que les joueurs du Real Madrid poussaient comme des fous. Donc non, ce n’est pas une individualité qui ressort du lot. C’est tout le monde : des joueurs au coach qui avait su trouver les mots pour nous motiver. Face aux individualités du Real, on a fait bloc et on a été très forts. » Face à City, les Monégasques passeront donc tous ensemble, au mental, ou ne passeront pas.



Par Nicolas Jucha
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