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Pourquoi Luis Enrique est meilleur que Pep Guardiola

Sur un terrain, l’un était une boussole, l’autre était un chien fou. Devant un banc, l’un ne jure que par l’esthétisme, l’autre est plus versatile. Entre eux, une idée commune, le jeu, mais une conception et une approche différentes. Reste que Pep a toujours été considéré comme un révolutionnaire, là où Luis n’aurait fait que récupérer les plans de travail de son pote. Et si on se trompait de belle gueule ?

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→ Parce qu’il a craqué les lauriers de Messi


Voilà ce qui arrive lorsqu’un joueur devient plus important que l’institution club. Luis Enrique n’est revenu à Barcelone que depuis huit mois, un an après que Tata Martino lui a été préféré, mais il s’en fiche. Son boulot est de prendre des décisions, aussi fortes soient-elles. Alors, le 4 janvier 2015, celui qui était devenu une icône au Camp Nou en tant que joueur devient l’homme qui a osé caler sur le banc le meilleur joueur du monde. Anoeta est le théâtre de la fronde, mais aussi celui de la troisième défaite de la première saison d’Enrique – dont une en octobre à Madrid contre le Real (1-3) – sur le banc de l’équipe première du Barça (0-1) en dix-sept journées de championnat. Personne ne se doute encore que l’ancien bouffeur de mollet claquera un magnifique triplé dès la première année de son mandat (C1, Liga, Coupe du Roi).


Début janvier, Luis Enrique décide donc de se passer de Lionel Messi au coup d’envoi d’un déplacement perdu à la Real Sociedad, et l’Argentin se moque d’être entré à la mi-temps pour tenter d’inverser le scénario. Le lundi suivant, Messi ne se présente pas à l’entraînement, le directeur sportif Andoni Zubizarreta est dégagé et l’historique Puyol se tire avec. C’est le bordel, mais Enrique reste droit dans ses choix, et ce, alors que Xavi, Busquets et Iniesta interviennent pour calmer tout le monde. La semaine suivante, Messi reçoit le titre de meilleur buteur de l’histoire de la Liga, un soir de victoire facile contre l’Atlético (3-1). Un mois plus tard, il devient le meilleur passeur de l’histoire du championnat, puis le recordman du nombre de triplés et explose City à lui tout seul en C1. Après la rencontre, Enrique clôt le débat : « C’est le meilleur joueur du monde, sans aucun doute, à l’époque actuelle, et de l’histoire du football. » Une guerre mentale gagnée et un cinquième Ballon d’or pour le génie au boulard un an plus tard. Boum.

→ Parce qu’il a rendu le Barça imprévisible


Ce sont les dernières notes de l’ère Guardiola : un championnat perdu contre un Real à 100 points et 121 buts après notamment une défaite au Camp Nou contre l’escouade de Mourinho en avril (1-2) et une élimination en demi-finale de C1 contre un Chelsea cynique. Mai 2012, Pep décide de quitter le Barça là-dessus. Son bilan ? 152 matchs de Liga dirigés pour 116 victoires, 25 nuls et 11 défaites, trois titres de champion d’Espagne, deux Ligues des champions et notamment une année 2009 à six breloques. Mais aussi l'impression d’une équipe révolutionnée après deux ans sans titre avec Rijkaard, qui n’avance toutefois qu’avec la possession pour la possession. Comme si Guardiola était allé au bout de ses idées pour ne plus pouvoir se réinventer.


L’Espagne a tiré ses titres du style Guardiola en 2010 et 2012, le football moderne a été bousculé, et alors ? Alors Enrique a su trouver la clé pour ramener le Barça vers le succès après sa double humiliation contre le Bayern en 2013. Comment ? En balançant de la dynamique et un côté imprévisible au jeu catalan grâce notamment à une MSN qui permet à Barcelone d’avancer avec un jeu plus direct, des contres joués à fond avec une dimension d’intouchable rapidement. Finalement : huit titres en deux saisons. Solide.

→ Parce que son Barça n’a jamais été aussi complet


Luis Enrique le disait lui-même avant sa première sortie de la saison à Séville pour la manche aller de la Supercoupe d’Espagne : « C’est le meilleur effectif que j’ai depuis trois ans au Barça. C’est le plus complet. Si nous trouvons un joueur qui répond à ce que nous recherchons, nous en profiterons, sinon, nous continuerons avec ce merveilleux groupe. » Est-ce totalement vrai ? Oui, car Josep Bartomeu et Robert comblent tous les désirs du gamin de Gijón. Cet été, ils lui ont ramené Denis Suárez, Lucas Digne, l’immense Samuel Umtiti, André Gomes, Cillessen ou encore Paco Alcácer. De la qualité et de la quantité. Jusqu’ici, le Barça a déjà donné quelques baffes, mais a aussi bouffé deux revers contre Alavés début septembre (1-2) et à Vigo il y a quinze jours (3-4).


En Ligue des champions, la bande à Enrique a corrigé le Celtic (7-0) et poussé à Gladbach (2-1). Et la Supercoupe d’Espagne a déjà été posée dans la vitrine. Hier, Adriano, Vermaelen ou Bartra étaient incapables de faire correctement le nombre dans la durée. Enrique a décidé de moins s’appuyer sur la formation maison et de se tourner vers des recrues avec des gros chèques, façon Real Madrid. Il se permet également le luxe de bouger les schémas historiques avec un 3-4-3 vainqueur contre la Corogne samedi dernier pour profiter des qualités de Rafinha. Car le seul trou du Barça est là : dans son couloir droit.

→ Parce qu’il a déjà donné la leçon à Pep


On le sait, tout les rassemble : idoles du Camp Nou en tant que joueurs, entraîneurs de l’équipe B du Barça et donc un triplé chacun. Sauf que pour beaucoup, ce n’est encore pas assez tant le mythe entoure Pep Guardiola. Pont entre les deux époques, Gerard Piqué racontait ceci il y a quelques années : « Luis Enrique est aussi important que Guardiola l’était à ce moment-là. C’est l’importance que les grands entraîneurs, ceux qui ont mis le Barça au plus haut niveau, ont eu dans ce grand club. Luis Enrique a réussi la même chose que Pep. Nous sortions d’une saison sans titre, comme Guardiola quand il est arrivé, et Luis Enrique a retourné la situation. »


Comment ? En explosant son pote aussi lors de la seule fois où Guardiola a remis les pieds au Camp Nou depuis son départ de Barcelone. 6 mai 2015, une demi-finale de Ligue des champions. Résultat : 3-0. Une humiliation dans le jeu, dans l’esprit et jusque dans une courbette de Boateng devant Messi. Luis Enrique a beaucoup continué à cirer les bottes de Guardiola, mais ce qu’il a fait à Barcelone est déjà au moins aussi grand. Tout est simplement différent, Xavi n’a pas été central et a été remplacé par Rakitić. Mais Luis n’est pas si petit. Alors ce mercredi 19 octobre peut être définitivement la soirée pour piquer la femme éternelle du vieux Pep.

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    Par Maxime Brigand
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    Dans cet article

    prtcl2x89 Niveau : DHR
    c'est clairement le match à regarder ce soir, en espérant un match avec un peu plus d'enjeu/tension que ce que nous donnent les matches de poule dernièrement (même entre cadors)
    marchisio del grillo Niveau : CFA2
    T'as pas aimé Atletico - Bayern et Dortmund - Real? Ces deux grosses affiches ne m'ont pas déçu!
    1 réponse à ce commentaire.
    Luis Enrique a-t-il rendu le barca imprévisible ou l'association de l'hyper instinctif Suarez et du dribbleur fou Neymar au meilleur joueur du monde totalement imprévisible qu'il aligne tous les matchs et qu'il faut abreuvoir le plus rapidement en ballons pour qu'ils fassent le jeu a rendu le barca imprévisible?
    pauloradiobemba Niveau : CFA
    J'ai une admiration immense pour Guardiola. Et je suis très critique envers Lucho. Mais à un moment il faut être sérieux : Si on reconnaît l'excellent travail de Guardiola avec une attaque Henry, Eto'o, Messi, il faut également reconnaître le bon boulot de Lucho avec la MSN.

    Enrique m'agace énormément mais je suis pas sûr que Guardiola, Mourinho ou Zidane aurait été capable de faire ce qu'il a fait à Vigo.

    Oui j'ai mis Zidane vu qu'à lire tes commentaires, tu le prend pour un génie tactique car il a compris que pour l'équilibre du real, il fallait faire jouer Casemiro et non pas trois numéro 10.
    Guardiola n'a pas fait de l'excellent travail avec une attaque mais avec tout un groupe, l'équipe (et Messi) etait la star sous Guardiola, avec Enrique c'est la MSN la star et du coup son "bon boulot" c'est de les aligner tous les matchs avec des mecs derrière qui peuvent leur donner de bons ballons!
    C'est quoi cette merde que tu racontes sur mes commentaires sur Zidane?
    2 réponses à ce commentaire.
    Habib la Babe Niveau : District
    Luis Enrique a le meilleur trio offensif d'Europe.

    MSN:
    saison 2014-2015 : 122 buts
    " 2015-2016 : 131 buts

    80% des buts du Barca en C1

    Sans compter la flopée de passes décisives...


    Donc en terme strictement de qualités d'entraineur, Pep reste bien au-dessus.
    On peut aussi dire que Guardiola a humilié Luis Enrique lors des Vigo- Barcelone (4-0 et 3-0). Bref, comparons ce qui est comparable :) Je déteste Guardiola (sans trop savoir pourquoi d'ailleurs, si ce n'est qu'il m'a fait détesté Barcelone, un club que j'aimais bien pourtant). Mais Luis Enrique a tout a prouvé dans un autre club que Barcelone (ce que fais plutôt bien Guardiola actuellement) pour qu'on puisse juger de son niveau. A la Roma c'était pas folichon, mais plutôt pas mal avec le Celta
    Un entraîneur c'est d'abord quelqu'un qui rend ses joueurs meilleurs :

    - Messi est-il meilleur ? non mais c'est injuste de l'imputer a Enrique tant il a tutoyé les sommets du football européen depuis 10 ans. Il essaye de le rendre différent dans un rôle plus créatif. Dont acte.

    - Suarez est-il devenu meilleur au Barca ? Question à réponses multiples. il y a bien sûr débat. Une chose est sûre il est plus exposé qu'à Liverpool, ne serait-ce qu'au travers de la C1. Suarez semble plus altruiste au Barca. Je doute qu'il faille l'imputer à Enrique, mais davantage a son entente avec Messi d'abord, Neymar ensuite. C'était aussi pour lui une façon de se faire adouber.

    - Neymar est-il devenu le crack du football mondial annoncé par les Youtubiste ? Clairement non .Le Brésilien n'a pas vraiment progressé en 3 saisons pleines; il est toujours le même joueur en construction donc inconstant, avec un comportement immature auprès de ses adversaires.
    Bon il n'a que 24 ans me dira-t-on. Au même âge Ronaldo le brésilien était déjà considéré comme perdu pour le football après avoir mis à l'amende tous les défenseurs du Vieux Continent pendant 3 ans/4 ans. Ronaldinho entamait depuis la Catalogne sa marche triomphale vers le sommet du football mondial en faisant notamment se lever Santiago Bernabeu, tous mouchoirs blancs dehors, au terme d'une soirée mémorable. Messi quant à lui, à cet âge avait déjà démodé ce même Ronadinho depuis 3 ans et offert au FCB 2 C1 et une place officieuse de meilleure équipe du 21ème siècle.

    Surtout il y a 2 ans Griezmann, autre pensionnaire de la Liga était un nom inconnu pour la plupart des profanes. Il ne sera probablement pas ballon d'or cette année et pourtant il est clairement le meilleur joueur offensif en Europe sur l'ensemble de l'année civile. Un titre (la C1 ou l'Euro) aurait fait de lui le lauréat naturel du trophée France Football.
    Carrasco? l'avenir nous dira s'il fera une plus grande saison que le "surdoué ?" Brésilien.

    Enfin Enrique a-t-il transformé le Barca? ou le Barca hybride s'est-il imposé à lui du fait de l'arrivée de Suarez? Les observateurs avertis penchent pour la seconde option.
    Concernant Neymar il est celui qui par son talent et par les déchets de son jeu devrait être la créature de Enrique. Mais est-il en mesure de transformer un joyau brut donc plein d'impuretés en pierre précieuse? il n'en prend guère le chemin.
    1 réponse à ce commentaire.
    charleybrown Niveau : District
    Les deux sont très forts mais à résultats équivalents au barca, l'un avait une équipe composée de joueurs formés à la masia et l'autre non. Rien à voir avec leurs qualités en tant qu'entraîneurs, mais si Guardiola a eu plus d'impact, c'est à mon avis pour ca.
    zinczinc78 Niveau : CFA
    Mais alors, l'éléphant, il est plus fort que l'hippopotame ?
    Ronald Ignoble Niveau : CFA
    Pourquoi Enrique est meilleur que Guardiola? Je ne sais pas si c'est le cas. En revanche je peux dire que je savoure plus le jeu du Barça d'Enrique que celui du Barça de Guardiola. Plus de folie et de spontanéité, moins de règles.
    bestclicpeutsetrompermaispassurvalbuenaninkoulou Niveau : Loisir
    Quel manque de respect envers guardiola que de le comparer à ce pantin.

    Le seul plus dont il bénéficie c'est l'apport de suarez qui est un joueur immense.

    Mais on voit bien que la qualité du travail de guardiola est quelque chose qu'il ne pourra jamais atteindre.
    Mouais. Un match n'est pas seulement un duel d'entraîneurs. En soi, il y a un déséquilibre à l'origine entre les deux équipes, qui vient simplement de la comparaison de leurs effectifs. Au Barça, tu as facile la moitié de l'équipe composée de gars qui sont les meilleurs à leur poste. Ce n'est pas le cas du City. A un moment donné, Guardiola peut certes prouver qu'il ne fait qu'une bouchée de Mourinho (comme d'hab), mais faire des miracles est une autre paire de manches. En tout cas ce sera un beau match !
    Un duel d'esthètes qui promet !
    Luis Enrique propose un jeu différent de celui qu'avait mis en place Guardiola je trouve. La veine tiki-taka est toujours là mais le jeu est beaucoup plus vertical, plus direct.
    Guardiola transforme petit à petit City qui pourrait devenir impressionnant en ayant une défense à la hauteur du reste.

    Je pense que le Barca va démonter City personnellement, à cause de cette défense en carton pâte dont savent se délecter les joueurs offensifs du Barca. C'est le plus gros axe d'amélioration du Man Blue de Pep.
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