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Pourquoi le Napoli est le frisson du moment ?

Les bookmakers et les journalistes italiens sont formels : le Napoli est le nouveau favori pour le Scudetto. Certes, c’est un peu prématuré, mais la machine est en marche depuis maintenant trois mois sans rencontrer le moindre obstacle, belle comme tout, et semble tout simplement inarrêtable. Et voici pourquoi...

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  • Parce que plus de 17 frappes par match en moyenne


    Soit environ une frappe toutes les cinq minutes. Non, on ne s’emmerde pas avec les Partenopei depuis le début de saison. Et même quand ça ne gagne pas, ça frappe toujours beaucoup. En gros, quoi qu'il arrive, il y a toujours de l’action et actuellement, ça paye plutôt bien.

  • Parce qu’on ne s’y attendait pas


    Les menteurs ou les tifosi diront qu’ils le savaient, mais au mois d’août, une telle série était difficilement prévisible. Maradona avait plongé le premier : « J'ai un grand respect pour Sarri, mais nous n'allons rien gagner avec lui. J'aurais gardé Benítez. » Un pessimisme ambiant entretenu par leur fumeur d’entraîneur : « Celui qui pense au Scudetto ne rentre pas dans mon vestiaire. » Alors, entre une fin de saison 2014/15 horrible, une équipe en baisse de motivation et un recrutement discret, effectivement, les raisons d’y croire n’étaient pas nombreuses. Mais depuis, tout va mieux. La semaine dernière, Diego s’est même confessé : « J'ai eu tort et lui présente mes excuses. » Et sur cette Terre, qui peut se vanter d’avoir un jour obtenu des excuses en bonne et due forme du Pibe de Oro ?

  • Parce que Materazzi le dit


    Peut-être voulait-il simplement cracher sur Benítez : « Samedi, j’ai regardé le Clásico et je me suis senti comme Cristiano Ronaldo, Gerrard, Terry et Paolo Cannavaro. Ces gens avec de la personnalité qui ne se sont jamais entendus avec Benítez. » Ou bien, voulait-il simplement féliciter Maurizio Sarri : « La nouveauté à Naples, c’est que maintenant, ils ont un entraîneur. » Il n’en reste pas moins que c’est un taulier de Serie A qui le dit : le Napoli en ce moment, c’est fou !

  • Parce qu’ils ne marquent (presque) que dans le jeu


    Hormis ce coup franc d’Insigne contre le Milan, une merveille cela dit en passant, le Napoli travaille énormément pour arriver à ses fins. Même si ce n'est pas encore le Barça, la plupart des buts inscrits le sont au terme d’une action. En championnat, 24 réalisations en tout, dont 23 dans le jeu. En Ligue Europa, 16 réalisations, et 14 dans le jeu. Propre et toujours agréable à regarder.

  • Parce qu’en Ligue Europa, ils n’y vont pas avec le dos de la cuillère


    Que ce soit Bruges, Varsovie ou le FC Midtjylland, le tarif est le même. Quatre matchs, seize buts, une énorme envie de jouer et un harcèlement de tous les instants. Et ce, alors que Sarri fait généralement tourner pour les matchs européens sans qu’on ne puisse vraiment y voir la différence. De quoi cicatriser les plaies, encore ouvertes, de leur dernière campagne.

  • Parce que la dernière fois que le Napoli avait pris si peu de buts, c’était en 1986/87


    Si les Partenopei enfilent les pions, ils n’en prennent pas beaucoup non plus. Seulement huit petits buts concédés en championnat, contre un seul en C3, l'une des meilleures défenses en Europe derrière le Bayern. La seule et dernière fois que le Napoli avait été aussi hermétique, c’était il y a presque trente ans. Maradona jouait encore et le Napoli avait remporté le Scudetto et la Coupe d’Italie. Coïncidence ?

  • Parce qu’Higuaín a mis plus de buts que le LOSC


    Quand le buteur à lui tout seul, qui galérait comme pas possible l’année dernière, se trouve dans la forme de sa vie, et se met à avoir un goal average supérieur à une équipe toute entière, certes ce n’est que le LOSC, mais c’est pareil aussi pour le Hellas Vérone, c’est que quelque chose tourne bien dans cette équipe.

  • Parce que Sarri ne ressemble à personne d’autre


    Il est un peu entêté en conférence de presse à tout le temps se la jouer trop modeste : « Attention tout de même à ne pas sous-estimer Bruges… » , mais il fume en plein match, et ça, c'est rare. Il a également su s’adapter à ses joueurs, lâcher son 4–3–1–2 favori pour passer au 4–3–3 permettant notamment aux dragsters Insigne et Callejón de faire leurs allers-retours et au Napoli d'enchaîner les victoires.

  • Parce qu’Insigne, Hamšík, Allan, Jorginho, Reina, Koulibaly et tous les autres…


    Aussi paradoxal que cela puisse être, avec les poumons de Gainsbourg, Sarri a réussi à insuffler une sorte de second souffle à tout son groupe. Hamšík renaît de ses cendres, Insigne est encore monté d’un cran, Reina a comblé ses trous (82% de parades depuis la première journée), Allan court l’équivalent d’un marathon à chaque rencontre, Jorginho poursuit sa formation de contrôleur aérien et Koulibaly retrouve sa hargne. Bref, le collectif semble huilé et les réelles faiblesses de cette équipe sont encore à démontrer.

  • Parce qu’ils vont bien finir par s’écrouler


    Même si le départ des Napolitains a quelque chose d’historique, c’est ainsi que toutes les équipes frisson finissent : sur les rotules. Tel un rappeur américain, le Napoli devrait flamber tout ce qu’il peut, tant que le mojo est là, et puis payer les pots cassés de son euphorie, de sa démence actuelle. Alors autant en profiter maintenant.

    Par Ugo Bocchi
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