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Pourquoi le football est meilleur que Wimbledon

Ils ont le même gazon, mais pas le même intérêt. Alors que des hommes et des femmes en blanc, raquette en main, s'échinent au pays du foot, reste une question, la seule qui vaille : mais pourquoi ne jouent-ils pas avec leurs pieds ?

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Ça partait comme un vendredi banal. Une gueule de bois au réveil, des résolutions solides avec le café, dans quelques heures un premier verre pour les faire tomber. Seule originalité, la veille, le bal des pompiers avait supplanté la soirée étudiante. Et, aujourd'hui, le défilé, sa Légion étrangère et son Denis Brognart allaient remplacer le foot comme bonne excuse pour ne pas sortir du canapé. Ce 14 juillet s'annonçait une belle journée. Sauf que le patriotisme a la vie dure. Les paupières à peine décollées, votre chérie se plante devant vous, une photo de Benjamin Mendy en caleçon Union Jack imprimée dans une main, deux billets d'Eurostar dans l'autre : « Fais ton sac, on part ! » Puis, en vous arrachant votre iPhone des mains : « En route pour un week-end sport à Londres ! Bah non, je ne t'en avais pas parlé... Surprise ! » Quelques dizaines de minutes plus tard, la foule de la gare du Nord vous soulève dangereusement le cœur.

Wimbledon Park


Dans la quiétude du train, la question vous taraude : mais où pouvez-vous bien aller ? Elle, tout sourire, refuse de vous en dire plus. Vous la saoulez pour récupérer votre téléphone, elle vous répond que « dans le tunnel il ne te servira pas à grand-chose, ma petite barrique. » Oui, bon, chacun son surnom. Se creuser les méninges, donc. L'Emirates Cup, déjà ? Non, Arsenal est en Australie. Un match amical quelconque ? Pour économiser un PEL, peut-être. Soudain, vous l'avez, c'est sûr : votre voisine n'est pas votre moitié pour rien, elle vous emmène dans une petite division qui aurait déjà repris, voir le football vrai. Vous lui jetez un regard joyeux, gonflez votre poitrine. Dans quelques heures, vous vociférerez un « Come on lads ! » en renversant votre pinte partout. Note pour plus tard : la demander en mariage.


St Pancras, tube, changement à South Kensington, direction Wimbledon. Doute. AFC, Kingsmeadow, Crazy Gang ? Soudain vous vous mettez à transpirer et à croire en un dieu que vous priez fort. Trop tard. Wimbledon Park. Encore quelques dizaines de mètres et vous vous retrouvez comme un pingouin devant un écriteau indiquant le All England Lawn Tennis & Croquet Club. « La demi-finale de Federer ! » s'écrie la fille à vos côtés. Putain. C'est ça, son sport sur gazon ? Seule consolation, vous allez économiser une bague.

Lovely day ?


Dans les gradins du Centre Court, vous réalisez qu'à aucun instant vous n'avez songé au tennis. Pour vous, c'est un sport qui se joue deux semaines par an, sur terre battue, et que, jadis, vous avez regardé uniquement pour ne pas avoir à réviser, entre la fin de saison et le début du mercato. Sauf que cette fois, vous y êtes. Et que ça ne change pas vraiment de l’ambiance de votre salon. À côté de vous, un homme incline délicatement son chapeau en chuchotant : « Lovely day, isn’t it ? » Le prendre virilement par les épaules, trinquer et fraterniser n’étant pas une option, vous vous entendez répondre : « Yes hinedide » . L’arbitre demande de se taire. Non, vraiment, ça valait le déplacement.


Sur le terrain - une herbe pelée façon club de District - Roger Federer enchaîne les points. Vous comprenez que vous avez devant vos yeux le Maradona de la petite balle, la folie en moins. Mais ce que vous constatez aussi, c’est que le plus grand joueur de l’histoire du tennis joue dans un stade plus petit que le Roudourou et plus soporifique que le Stadium de Toulouse. En même temps, qu’attendre de plus d’un tournoi qui refuse ses honneurs à Big MacEnroe pour un maigre « The ball is on the line ! » ? Rien. Parce qu’à Wimbledon, imaginer Gasquet jouer avec sa ligne comme Fowler tient de l’utopie.


Non, ici, tout doit être cadré, rangé, lissé. La famille royale dans sa box et les joueurs en blanc, un truc à rendre fou Jorge Campos et les designers girondins. Même le service-volée cher à Pete Sampras a été éteint. Trop rapide, trop offensif, trop fou. Les auto-proclammés gentlemen londoniens trouveraient le moyen de brider Bielsa. D’ailleurs, vous savez bien que Marcelo Ríos n’a jamais aimé Wimbledon. Et que ce spectateur qu’on évacue pour un léger malaise ferait une syncope avant même d’entrer à la Bombonera. En fait, en anglais, « ennui » se prononce « tennis » .

Boring Friday


Mais c’est votre jour de chance. Federer conclut, vous ne resterez pas trois plombes comme les malheureux bloqués devant un Mahut-Isner. La liberté, enfin. Avant de quitter le gazon maudit, votre voisin vous propose de débriefer le match. Devant un verre de 40 cl ? Non, évidemment. Autour de quelques fraises à la crème, il vous demande si vous avez suivi le Crazy Monday. Le ? Vous préféreriez lui causer Boxing Day, mais il n’en a probablement rien à cirer, sous son chapeau melon. Non, cet homme étrange, qui conduit à gauche et avale de la jelly, est plus intéressé par un trophée surmonté d’un petit ananas en or.


À cet instant, vous donneriez tout pour un match de foot, même un Laval-Lorient en plein hiver, ballon orange dans la neige. N’importe quoi tant qu’il y ait des chants et du bruit, de la vie. Tout sauf cette petite balle jaune qui rebondit dans un silence pesant, joueurs ahanant sous un ciel gris. Vous prenez la main de celle qui va rapidement devenir « cette fille » , fuyez. Arrivé chez vous, Wimbledon vous poursuit sur beIN Sports. Vite, quelque chose d’autre, n’importe quoi, même un replay sur Dailymotion. Erreur. Vous réalisez que vous avez raté la Garde républicaine jouant les Daft Punk et Donald Trump sifflant comme une groupie. À cause du tennis. « What a shame ! » Il y a deux ans, François Hollande avait envisagé de retarder le défilé pour suivre les Bleus au Brésil. Non, définitivement, le foot c’est autre chose.



Par Eric Carpentier
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