1. // Spéciale Sain-Valentin

Pourquoi le football est-il meilleur que la Saint-Valentin ?

La Saint-Valentin ? Très peu pour toi. Une date pour célébrer l'amour ? Un idée complètement absurde. Oui, toi l'amour, tu le vis déjà tous les jours et ce, depuis tout petit. Sans esbroufe, sans célébrations inutiles. Avec ton club de foot. Alors cette histoire d'amour, c'est peut-être la tienne.

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C'est l'histoire d'un gamin qui pleure devant sa radio, dans sa chambre, il a 9 ans, son équipe a perdu à domicile. Sa mère s'inquiète de le voir dans un tel état. C'est l'histoire d'un gamin qui aime son club depuis tout petit et qui comprend alors que ça y est, c'est terminé pour lui, c'est acté. Il est déjà en couple pour le restant de ses jours. Avec son club. L'amour du football a quelque chose d'intemporel. D'irrationnel. Qui s'explique parfois, parfois pas, qui se vit intensément, sans artifice. L'amour du football, c'est un amour continu, qui n'a besoin de rien pour se justifier. D'ailleurs, celui qui se justifie en permanence ne trompe personne. Il s'invente une vie, il surjoue, il triche, il irrite et lasse très vite ceux qui savent. Ceux-là, ses camarades de classe, ce gamin les déteste. Lui n'a pas besoin de déclaration démonstrative en public pour savoir où il en est. Il garde ça pour lui.

Plus il grandit, plus sa pratique de supporter évolue. Petit, elle se résumait à la radio écoutée en cachette sous la couette à des heures bien trop tardives. Les années passent, et il a droit à une mi-temps à la télé. Puis deux, si les parents l'oublient sur le canapé. Puis deux, si les parents sont de bonne humeur. Puis deux, parce que l'adolescence approche. Le stade, il y va souvent. Avec son père, ou ses copains. C'est toujours le même rite initiatique, toujours un moment fort. Son club ? Un bon club, sans plus. Capable parfois mais pas souvent. Souvent moyen, parfois touchant. Il s'en fout, il l'aime à la folie. Une victoire, une bonne dynamique, un bon week-end, une euphorie passagère. Le sentiment que la vie est bien faite. Une défaite, des doutes, des posts publiés sur un forum ringard pour se rassurer et un regard sombre sur la vie. L'impression que le sort s'acharne. Pourtant, le match s'est joué à un péno. A rien. Comme quoi.

Aimer, c'est quand même souffrir un peu, alors pourquoi le fêter ?

Cet adolescent a encore grandi. Il est tombé amoureux. C'était il y a quelques années. Sa plus belle histoire d'amour. La Saint-Valentin en revanche, il a toujours détesté et ça n'a pas changé. La Saint-Valentin, il ne la supporte pas. Il trouve ça nase. Un rite bidon, vendu par des marqueteurs qui ont oublié l'amour depuis longtemps dans leurs Power Point d'une tristesse inouïe. C'est évident, avoir besoin de célébrer l'amour, c'est une manière terrible de formuler explicitement qu'il n'existe plus. « La Saint-Valentin, en voilà une drôle d'idée qu'elle est absurde. Et puis aimer, c'est quand même souffrir un peu, alors pourquoi le fêter ? En voilà une idée qu'elle est conne » , aimait-il se dire. Mais comme il l'aimait, il aimait avoir ce petit geste pour elle, ce petit cadeau.

Cette année, l'amour bat de l'aile, et la Saint-Valentin est une date pourrie pour un couple qui bat de l'aile. Nostalgique, il se prend même à regretter les éditions précédentes. D'ailleurs, le seul titre de son club coïncide avec cette période d'amour intense, l'une des périodes les plus heureuses de sa vie. Le coup de sifflet passé, il s'était isolé, il avait failli pleurer. Pas besoin de le fêter avec d'autres qui ne peuvent pas comprendre. Il avait senti qu'il avait vécu là l'un des plus beaux moments de sa vie. Ouais c'est un peu un truc de loser, mais ça lui va bien. Il l'avait vécu comme une revanche. Il avait le sentiment d'avoir été récompensé de vingt années pourries, vingt années de merde. Il a repensé à toutes ces défaites qui l'avaient tant marqué. Ces 1-0 sans saveur. Ces matchs nul(s) du samedi soir glauques. Ces samedis soir. Aux moqueries de ceux qui supportent "les grands clubs" de loin. Un exercice facile. Il avait repensé au bouquin Carton jaune de Nick Hornby, une ode à la défaite, que son père lui avait offert petit. Un cadeau pas si anodin, puisqu'il avait structuré son existence. Il avait un peu la haine, aussi. Il s'était même mis à croire en Dieu. Non, quand même pas. Enfin, si un peu peut-être. C'était il y a deux ans. Cette année, son histoire d'amour, sa plus belle histoire d'amour s'est terminée il y a environ deux semaines. Il n'y croit plus, il sait. Rien n'a été formalisé mais ça en a tout l'air. Il y a peu, son équipe jouait encore le titre. Désormais, elle joue le maintien. Dans son esprit, les deux histoires sont évidemment liées. Une histoire de karma, de roue qui tourne sans doute. La déprime guette, elle approche. Mais non, pas ce soir. Ce soir, il retrouve un peu de son sourire perdu, il retrouve des forces. Oui, ce soir, son équipe joue un match de coupe contre une équipe de division inférieure. Peut-être l'occasion de démarrer une épopée. Il ne voudrait pas la louper.

Par Léon Belkacem
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Fredinhovic95 Niveau : Ligue 2
Enorme!J'ai bien ri
C'est beau la poésie sur un site de foot.
On sent l'article d'un supporter du PSg ?

C'est tellement ça ! Je me suis reconnu avec mon maillot époque OPEL (le plus beau), même seul dans le froid, j'avançais fier comme artaban, le torse bombé, les poings serrés dans les poches, l'écusson frappé du sceau près du coeur

Un seul club, une seule ville, une seule vie

Allez Paris jusqu'à la mort
OuinOuinOuin Niveau : Ligue 1
Léon Belkacem?

Un moment donné faut choisir.

Article sympa sinon.
"C'est l'histoire d'un gamin qui pleure devant sa radio, dans sa chambre, il a 9 ans, son équipe a perdu à domicile. Sa mère s'inquiète de le voir dans un tel état.


Plus il grandit [...] Les années passent, et il a droit à une mi-temps à la télé. Puis deux, si les parents l'oublient sur le canapé. Puis deux, si les parents sont de bonne humeur. Puis deux, parce que l'adolescence approche. Le stade, il y va souvent. Avec son père, ou ses copains. C'est toujours le même rite initiatique, toujours un moment fort."

Passages bien réalistes, exactement la trajectoire que j'ai vécu comme beaucoup d'autres, ça sent le vécu. Bons souvenirs.
C'est meilleur parce que c'est pas commercial. Enfin...
Une splendeur !
L'une des facettes de So Foot que l'on préfère, à son paroxysme !
Waouw que c'est beau que c'est bon, mais la chute est naze.
Message posté par ozymandias
On sent l'article d'un supporter du PSg ?

C'est tellement ça ! Je me suis reconnu avec mon maillot époque OPEL (le plus beau), même seul dans le froid, j'avançais fier comme artaban, le torse bombé, les poings serrés dans les poches, l'écusson frappé du sceau près du coeur

Un seul club, une seule ville, une seule vie

Allez Paris jusqu'à la mort


Ah! Tellement vrai, les années 2000 pour le supporteur parisien c'était la loose mais tellement bon en même temps!
Héé Sofoot aujourd'hui c'est pas que la saint Valentin!! C'est aussi la SAINT RONALDO (le gros)!! On en parle ??
Comment connait-il ma vie?
Moi aussi je suis tombé amoureux en pleurant : la main de Vata fut mon coup de foudre pour l'OM
et moi non plus je ne pouvais regarder les secondes mi-temps, au lit!
Putain de vie!
Message posté par ozymandias
On sent l'article d'un supporter du PSg ?

C'est tellement ça ! Je me suis reconnu avec mon maillot époque OPEL (le plus beau), même seul dans le froid, j'avançais fier comme artaban, le torse bombé, les poings serrés dans les poches, l'écusson frappé du sceau près du coeur

Un seul club, une seule ville, une seule vie

Allez Paris jusqu'à la mort


Tu t'es trompé de club et de ville, mais je t'envoie quand même un +1, l'essentiel est d'aimer, même si elle est moche!
Message posté par ozymandias
On sent l'article d'un supporter du PSg ?

C'est tellement ça ! Je me suis reconnu avec mon maillot époque OPEL (le plus beau), même seul dans le froid, j'avançais fier comme artaban, le torse bombé, les poings serrés dans les poches, l'écusson frappé du sceau près du coeur

Un seul club, une seule ville, une seule vie

Allez Paris jusqu'à la mort


Ah! Tellement vrai, les années 2000 pour le supporteur parisien c'était la loose mais tellement bon en même temps!
P'tit Filet Niveau : CFA
Message posté par Brad

l'essentiel est d'aimer, même si elle est moche!


En l’occurrence, ça peut être dur de continuer à se faire aimer d'une moche qui sort d'Xtrem Make Over... N'est-ce pas Robin ?

Enfin, bon, article magique.

Perso, ce que je voudrais savoir, c'est de quelle équipe il s'agit. Parce qu'aucune de celles qui jouent ce soir ne répond à tous les critères du papier:
- Tout pourri de 1990 à 2010
- Un titre en 2010/2011
- La galère depuis
- Qui joue ce soir contre une équipe d'un championnat moins côté.

J'avais des pistes (Stuttgart), mais non, c'était foireux. J'ai vérifié le reste, et j'y arrive pas. Je file mon cheval à celui qui trouve.

Ah, bah, non, merde, je l'ai bouffé hier.
"Ces 1-0 sans saveur. Ces matchs nul(s) du samedi soir glauques. Ces samedis soir. Aux moqueries de ceux qui supportent "les grands clubs" de loin." "Il y a peu, son équipe jouait encore le titre. Désormais, elle joue le maintien."

Vous parlez de Nancy ?
Message posté par P'tit Filet


En l’occurrence, ça peut être dur de continuer à se faire aimer d'une moche qui sort d'Xtrem Make Over... N'est-ce pas Robin ?

Enfin, bon, article magique.

Perso, ce que je voudrais savoir, c'est de quelle équipe il s'agit. Parce qu'aucune de celles qui jouent ce soir ne répond à tous les critères du papier:
- Tout pourri de 1990 à 2010
- Un titre en 2010/2011
- La galère depuis
- Qui joue ce soir contre une équipe d'un championnat moins côté.

J'avais des pistes (Stuttgart), mais non, c'était foireux. J'ai vérifié le reste, et j'y arrive pas. Je file mon cheval à celui qui trouve.

Ah, bah, non, merde, je l'ai bouffé hier.


le titre ne veut pas forcément dire L1, il parle peut être d'une équipe de National! peut être joue t-il un match amical ce soir
Que de souvenirs qui remontent à la lecture de cet article... Ayant grandi dans les ardennes, mon coup de coeur pour le foot de club est intervenu quand Sedan est allé en finale de la Coupe de France avec N'Diefi et Mionnet. J'avais douze ans et ça m'a tout émoustillé. Puis la montée en L1 les soirées foot à regarder les matchs du CSSA avec mon père, les sorties à Dugauguez, l'euphorie de la qualification en coupe de l'UEFA, puis la lente décadence, la lutte avec Rennes et Monaco pour ne pas finir premier relégable, les fulgurances d'Henri Camara, les moqueries de mes camarades de classe parce que c'était ni le PSG ni Marseille, la descente ligue 2, l’ascenseur et, très probablement, le retour en national à la fin de la saison en cours.

J'ai beau habiter maintenant à l'autre bout de la France, les résultats moisis de Sedan sont les premiers que je regarde chaque week end, et pas un fifa ne passe sans que je fasse une carrière avec Sedan. Quitte à en chier.

Merci pour cet article qui a mis de très jolis mots sur ma flamme de supporter, j'en ai presque la larme à l'oeil.
au fait, ils en sont où Sedan financièrement, ça avait l'air tendu récemment?
En parler va ruiner mon beau moment émotion... C'est la fin des haricots pour bientôt il semblerait.
Désolé de fracasser ton moment nostalgie!
j'ai entendu au contraire que cela semblait s'arranger, voilà pourquoi je venais aux nouvelles!
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